Après l'élection d'Emmanuel Macron :

Et maintenant les législatives dans un paysage politique réunionnais bouleversé


Publié / Actualisé
La défaite historique du PS et des Républicains, couplée à la montée du FN, brouillent les cartes politiques locales après la présidentielle. Il reste à savoir comment le paysage va se recomposer : lepénisme et macronisme seront-ils capables de s'y installer durablement ?
La défaite historique du PS et des Républicains, couplée à la montée du FN, brouillent les cartes politiques locales après la présidentielle. Il reste à savoir comment le paysage va se recomposer : lepénisme et macronisme seront-ils capables de s'y installer durablement ?

Ce scrutin présidentiel laissera des traces dans le paysage politique, au niveau national comme à La Réunion. La casse est considérable au Parti socialiste et chez Les Républicains. Les deux grands partis de gouvernement peuvent se maudire d’avoir joué le jeu de primaires qui les ont profondément divisés, alors qu’elles devaient les unir avant le combat.

Résultat : le nouveau président de la République est le candidat d’un mouvement qui n’existait pas il y a un an et la finaliste de l’élection représente une extrême-droite s’évertuant à ne pas dire son nom pour ratisser plus large.

Mais après le second tour de ce dimanche, nous ne sommes qu’à la mi-temps du match. Ce sont les législatives des 11 et 18 juin qui désigneront les vrais vainqueurs et les vrais perdants ; nos élus réunionnais le savent bien et préparent l’échéance depuis quelques temps déjà.

Une double interrogation domine, à l’approche des scrutins de juin :  lepénisme et macronisme seront-ils capables de s’inscrire durablement dans le paysage politique de notre île ?

Les élections législatives ne sont pas favorables au Front national, à La Réunion encore moins qu’en métropole, en raison de la très faible implantation locale du parti d’extrême-droite. Le contraste est d’ailleurs saisissant entre les 140 000 voix engrangées par Marine Le Pen dimanche soir et l’état des forces frontistes.

Le FN réunionnais est un groupuscule, ne cherchant même pas à faire croire qu’il est l’organisateur d’un événement dont l’ampleur le dépasse totalement. A défaut d’avoir pu fournir des assesseurs aux bureaux de vote du second tour de la présidentielle, il ne devrait pas manquer de volontaires pour présenter un candidat dans chacune des 7 circonscriptions.

Ces derniers auront la lourde tâche de convertir les votes " pro-Marine " en vote pour le FN et leur petite personne sans charisme ni expérience. Leur degré de réussite dans cette entreprise permettra de dire, ou non, si la lepénisation des esprits réunionnais est en marche…

En marche ! était aussi un groupuscule animé par des inconnus, il y a quelques semaines à peine. Il l’est toujours, mais entre temps sont fondateur a réussi son coup de poker. Emmanuel Macron a rallié derrière son panache "ni droite, ni gauche" le fougueux Thierry Robert, qui a su mobilisé son LPA dans la campagne, mais aussi des élus socialistes de premier plan, trouvant une occasion inespérée de survivre au naufrage annoncé de leur parti. Il est toujours plus facile de voler au secours de la victoire et l’exercice s’annonce moins ardu pour les futurs investis macronistes que pour les lepénistes.

A ceci près que Les Républicains ruminent leur revanche. Discrets depuis la déroute de François Fillon, ils labourent le terrain électoral pour priver d’état de grâce le président Macron, notamment en essayant de remettre dans le droit chemin les brebis égarées chez Marine Le Pen. De ce point de vue il sera intéressant de voir qu'elle sera la ligne de conduite de Didier Robert, silencieux au moins jusqu'à ce lundi après-midi

Quand à la gauche anti-libérale : Huguette Bello et Patrick Lebreton devront s’employer, dans l’Ouest et dans le Sud, à remobiliser leurs troupes après le chamboule-tout de la présidentielle et à éteindre les braises lepénistes dans leurs fiefs respectifs.

La classe politique rêve d’élections législatives qui remettraient les choses à leur place et "l’église au milieu du village". Comme après un cyclone, l’eau troublée retrouve sa clarté au bout de quelques jours, les 140 000 voix de Marine Le Pen – près d’un électeur inscrit sur cinq…– retomberont peut-être sur le fond sans faire de bruit.

Mais les partis ne peuvent plus ignorer qu’elles sont là et que la moindre agitation pourrait les remettre en mouvement.

www.ipreunion.com
 

   

1 Commentaire(s)

KUNTA KINTé, Posté
Les semaines à venir nous diront si Macron a été un feu de paille ou pas

Macron est un président de la république élu par défaut , le 7 Mai courant

Aux législatives de juin , les français souhaitent une cohabitation , 5 ans c'est long ...

Hier , 1789 ... I have a dream !