La mairie annexe de la Rivière des Galets sinistrée :

La sous-préfète de Saint-Paul et le maire du Port sur les lieux de l'incendie


Publié / Actualisé
Ce mercredi 20 février 2013, les habitants du Port sont sous le choc après une longue nuit d'affrontements entre émeutiers et forces de l'ordre. Dans le quartier de la Rivière des Galets où on a assisté à des scènes de guérilla urbaine et où la mairie annexe a été incendiée, ce matin, on constate les nombreux dégâts. C'est la désolation et la tristesse qui règnent dans le regard des habitants. Les employés de la mairie sont en pleurs. Sur place, Chantal Ambroise, sous-préfète de Saint-Paul, qui a tenu à montrer sa "solidarité" à la commune du Port, et Jean-Yves Langenier, maire de la ville. Ce dernier n'a pas manqué de déplorer un acte "inqualifiable" et "scandaleux". Il a notamment souligné que le problème de l'emploi dépasse largement la compétence des collectivités. À noter qu'il n'y a pas de rupture du service public puisque tous les services ont été transférés dans les locaux qui n'ont pas brûlé. Quant aux archives de 2012 et 2013, elles sont parties en fumée.
Ce mercredi 20 février 2013, les habitants du Port sont sous le choc après une longue nuit d'affrontements entre émeutiers et forces de l'ordre. Dans le quartier de la Rivière des Galets où on a assisté à des scènes de guérilla urbaine et où la mairie annexe a été incendiée, ce matin, on constate les nombreux dégâts. C'est la désolation et la tristesse qui règnent dans le regard des habitants. Les employés de la mairie sont en pleurs. Sur place, Chantal Ambroise, sous-préfète de Saint-Paul, qui a tenu à montrer sa "solidarité" à la commune du Port, et Jean-Yves Langenier, maire de la ville. Ce dernier n'a pas manqué de déplorer un acte "inqualifiable" et "scandaleux". Il a notamment souligné que le problème de l'emploi dépasse largement la compétence des collectivités. À noter qu'il n'y a pas de rupture du service public puisque tous les services ont été transférés dans les locaux qui n'ont pas brûlé. Quant aux archives de 2012 et 2013, elles sont parties en fumée.

"Les services de la mairie sont venus constater les dégâts. En tant que représentante de l’Etat, je voulais m’associer à cette visite pour montrer la solidarité de l’Etat la commune du Port, qui est touchée sur un établissement symbolique, puisque la mairie annexe de la Rivière des Galets a été la proie d’un incendie", explique Chantal Ambroise. "Ce sont les services publics de la mairie qui sont touchés, et notamment le service de l’état civil. Les registres sont partis en fumée", déplore-t-elle.

"Les quatre personnes qui travaillent ici sont effondrées. Personne ne comprend ce geste. On ne peut que déplorer cette situation", poursuit la sous-préfète de Saint-Paul, précisant que "les services de police sont là, sont mobilisés, notamment aux carrefours stratégiques de la ville du Port".

Pour sa part, Jean-Yves Langenier, maire de la ville du Port, déclare que "quelque chose de grave, d’inqualifiable et d’insensé" s’est passé hier soir. "C’est la population qui est finalement pénalisée, ce sont les travailleurs qui sont pénalisés", dit-il. "De tels actes ne devraient pas avoir lieu sur le Port et à La Réunion", condamne-t-il. "Notre situation est dramatique, grave. On a vu la colère, la frustration, l’exaspération de la population. Mais les problèmes ne se régleront pas par la démolition et des dégradations. C’est pour cela que je désapprouve totalement ce geste. Je considère que c’est véritablement insensé", souligne-t-il.

 "Maintenant, il faut voir comment on continue le travail qui a commencé", ajoute Jean-Yves Langenier, "parce que depuis quelques jours, il y a mobilisation d’un certain nombre d’acteurs pour faire en sorte que des réponses soient données. Mais on se rend bien compte que ce qui est à notre disposition aujourd’hui est loin de répondre à l’urgence et aux besoins qui sont exprimés par la population", précise le maire du Port. "Il y a certes des dispositifs existants, mais je pense qu’ils ne sont pas adaptés à notre situation d’urgence, d’injustice et de gravité sociale", ajoute-t-il.

"Au-delà des moyens classiques, je pense qu’il est nécessaire pour le gouvernement, qui se dit ouvert au dialogue, à la concertation, d’entendre les cris qui sont aujourd’hui exprimés par tous ceux qui manifestent, la population, et que des mesures d’urgence exceptionnelles soient mises en place de façon à ce que l’on puisse rétablir le calme et avancer pour le redressement et la reconstruction", estime Jean-Yves Langenier.

"Je crois que ce qui s’est passé ici, à la mairie annexe, c’est l’oeuvre de personnes isolées. Mais il y a derrière des gens qui jouent aux apprentis sorciers. Quand on voit un chef d’entreprise venir sur les barrages, encourager la violence, que son fils se proclame lui-même le porte-parole des manifestants, et qu’il a un rôle qui n’est pas clair, en tout cas qui n’est pas dans la construction, je pense qu’il y en a qui joue aux apprentis sorciers et ceux-là portent une lourde responsabilité dans ce qui s’est passé. Il y a les mains et il y a les instigateurs. La justice devra établir les responsabilités", souligne le maire.

Jean-Yves Langenier assure qu'il n'y aura pas de rupture du service public puisque tous les services seront transférés dans les locaux qui n'ont pas brûlé cette nuit.

Ce matin, le climat à la Rivière des Galets est à l’effondrement, la désolation, l’incompréhension et la condamnation, aussi bien chez les employés de la mairie que chez les habitants du quartier. "C’est un drame pour tous. Ce bâtiment public fait partie du patrimoine, et je crois que toute la population tient à ce que ce patrimoine soit sauvegardé et non la proie d’actes insensés", conclut Jean-Yves Langenier.

Pour rappel, émeutes et violences urbaines ont de nouveau secoué la ville du Port dans la nuit de ce mardi 19 à ce mercredi 20 février. Dès la tombée de la nuit, des incidents ont éclaté : voiture incendiée, mairie annexe de la Rivière des Galets à moitié brûlée, station-services dévalisée dans l'avenue Rico Carpaye, poubelles incendiées, barrages dressés aux ronds-points de la Rivière des Galets et des Danseuses.

Des affrontements ont, pour la deuxième nuit d'affilée, opposé des manifestants aux forces de police et de gendarmerie. Les premiers ont provoqué les seconds à coups de galets, de fumigènes et de cocktails Molotov. Ce à quoi les grenades lacrymogènes ont répondu. Au moins six interpellations ont eu lieu.

La journée de mardi avait pourtant semblé plus calme. Les manifestants réclament toujours 200 contrats pour les gens du quartier, mais un seul barrage avait été érigé du côté du rond-point de la Rivière des Galets, contrairement à la veille, où les manifestants avaient investi le rond-point du Sacré Coeur et la quatre voies entre Saint-Paul et la Possession. Aucun incident n’avait été déploré.

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    2 Commentaire(s)

    Yab lo port, Posté
    Désolant !... Manifester son mécontentement, je ne dis pas non ! lutter pour son droit, c'est normal aussi. Mais, pourquoi ? tout saccager, comme si les intello sont devenus incompétents... je ne pense pas qu'il faut tout mettre sur le dos du maire. Il y a peut-être une autre manoeuvre derrière tout ça !...Il y a plus de 110 000 décrets et textes dans l'administration Française, comment l'ajuster à chaque situation ?.....casse-tête ! Manifestants retenez ceci ! l'administration doit se plier aux droits, et non le droit aux administrations, dans le calme et la sérénité et dans la seule condition que vous êtes dans vos droits....Le port doit en être l'exemple et non des sans-cerveau.
    Bimalt, Posté
    qu'une fois de plus les contribuables vont payer, pour la remise en état, et que les violences n'arrangent rien....