Éducation nationale :

"Nous sommes toujours en grève"


Publié / Actualisé
À l'appel de l'intersyndicale de la fonction publique et des différentes coordinations de grévistes de l'Éducation nationale, environ 400 personnes se sont rassemblées devant la mairie de Saint-Denis jeudi 12 juin en milieu de journée. "Nous ne bloquons pas le bac, nous souhaitons bon courage aux candidats, mais nous sommes toujours en grève cas nous sommes loin d'avoir gagné" soulignaient les syndicalistes
À l'appel de l'intersyndicale de la fonction publique et des différentes coordinations de grévistes de l'Éducation nationale, environ 400 personnes se sont rassemblées devant la mairie de Saint-Denis jeudi 12 juin en milieu de journée. "Nous ne bloquons pas le bac, nous souhaitons bon courage aux candidats, mais nous sommes toujours en grève cas nous sommes loin d'avoir gagné" soulignaient les syndicalistes
Le rassemblement de ce jeudi matin avait valeur de test pour la mobilisation des grévistes. En effet, il avait lieu au lendemain de l'annonce par le gouvernement du report des transferts des conseillers d'orientations, des médecins scolaires et des assistants sociaux de l'Éducation nationale aux collectivités. Seuls les techniciens ouvriers de service (TOS) restent maintenant concernés par ce transfert de tutelle. À La Réunion environ 1 000 agents sont dans ce cas, contre environ 200 qui ne seront finalement pas transférés.

"Restons mobilisés"

La question était de savoir s'ils allaient continuer à bénéficier du soutien des autres grévistes de l'Éducation nationale. Il n'y a pas eu vraiment de réponse. Des enseignants se trouvaient dans foule qui s'est rassemblée devant la mairie dionysienne (gardée par un cordon de police), mais nous étions très loin des milliers de personnes qui sont régulièrement descendues dans la rue depuis plus de deux mois. "Il faut déjà que nous prouvions, nous TOS, que nous sommes toujours mobilisés avant de demander le soutien des autres" faisait remarquer un syndicaliste représentant les TOS.
Raymond Mollard du SNES notait pour sa part : "on ne peut pas arrêter une grève qui a duré plus de 9 semaines alors que seulement 20% des personnels menacés par le transfert a obtenu gain de cause. Il reste également à régler le problème des retraites sur lequel le gouvernement n'a pas accepté la moindre concession".

"Aucune assurance"

Une délégation de grévistes a été reçue en fin de matinée par René-Paul Victoria, député-maire UMP de Saint-Denis. Elle est sortie de l'entretien relativement déçue. "Nous n'avons obtenu aucune assurance" disaient les délégués. En début d'après-midi, une centaine de TOS grévistes décidaient de se rendre au conseil général pour y rencontrer Jean-Luc Poudroux, président de la collectivité qui, en cas de transfert, accueillera tous les agents travaillant dans les collèges (les agents travaillant dans les lycées seront transférés au conseil régional).
Jean-Luc Poudroux étant absent, les manifestants ont décidé de défiler dans le centre-ville jusqu'à son arrivée. Effrayés, quelques commerçants ont baissé leurs rideaux. "Ce n'est pas la peine, nous ne sommes pas de voyous, nous sommes vos clients et nous voulons simplement que le gouvernement entendent notre voix" lançait un manifestant au mégaphone. Il n'y a eu aucun incident tout au long du parcours.

Une heure de dialogue

Les grévistes sont revenus devant le conseil général vers 16 heures. Jean-Luc Poudoux est venu à leur rencontre. Un dialogue s'est instauré. Pendant près d'une heure le président du Département a expliqué qu'il n'était pas demandeur du transfert mais que sa collectivité était en mesure de l'assumer, et les grévistes lui ont répondu qu'ils ne voulaient pas changer de statut.
L'entretien s'est terminé vers 17 heures. Les TOS se sont donnés rendez-vous vendredi à 9 heures au Bocage Sainte-Suzanne et samedi à Langevin Saint-Joseph.
   

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