Mise à disposition de bus pour la manifestation des lycéens :

Une enquête contre la ville du Port


Publié / Actualisé
Jean-Yves Langenier, maire de la ville du Port a dénoncé ce lundi 28 février 2005 le fait que sa commune fait l'objet d'une enquête policière pour avoir mis des bus à la disposition des lycéens lors de leur manifestation contre la loi Fillon le 22 février dernier à Saint-Denis. Ce serait "le caractère non obligatoire de la dépense (la mise à disposition des bus - ndlr) et une complicité pour détournement de mineurs" qui motiveraient les investigations policières
Jean-Yves Langenier, maire de la ville du Port a dénoncé ce lundi 28 février 2005 le fait que sa commune fait l'objet d'une enquête policière pour avoir mis des bus à la disposition des lycéens lors de leur manifestation contre la loi Fillon le 22 février dernier à Saint-Denis. Ce serait "le caractère non obligatoire de la dépense (la mise à disposition des bus - ndlr) et une complicité pour détournement de mineurs" qui motiveraient les investigations policières
"Est-ce de la déraison ou un retour aux méthodes du passé? Il y a injustice. On ne peut accepter cela" déclare d'emblée le maire du Port, soutenu par Roland Robert, maire de la Possession. Il indique que les responsables d'entreprise de transport ont été convoqués par téléphone par la police. Il leur a été ordonné de se rendre sans délai à la direction départementale de la police pour y être entendus. Des agents communaux ont eux aussi été convoqués. Cela sans que leur hiérarchie administrative n'en soit informée. Le maire estime que "ce sont des moyens de pression inadmissibles". Il estime qu'ayant agit dans le cadre de leur fonction, ces agents communaux n'ont pas à être convoqués de la sorte par la police "sauf s'il ont commis des actes illégaux détachables de ces mêmes fonctions".

Procédure " surréaliste "

Pour Jean-Yves Langenier, cette procédure "surréaliste" des autorités préfectorales relève "d'une tentative de pénalisation d'un simple acte de gestion d'une collectivité locale". Pour le moment, le Port est la seule commune faisant objet d'une enquête policière. Or, souligne le maire, elle n'a pas été la seule à mettre des bus à la disposition des lycéens. Les villes de Saint-André, de Sainte-Suzanne, de la Possession et de Saint-Louis ont fait la même démarche.
C'est l'inexistence d'une régie de transport en commun au Port qui a conduit la mairie à avoir recours aux services d'un prestataire de service. Cette prestation sera payée sur présentation de facture, selon les règles de la comptabilité publique indique la mairie. La mise à disposition de ces bus, précise encore Jean-Yves Langenier, "a suivi la procédure identique à celle des différentes demandes pour d'autres manifestations, sportives ou autres".

Attitude " responsable " des jeunes

Par ailleurs, précise le maire, le projet de loi Fillon sur la réforme de l'Éducation suscitant de nombreuses interrogations chez lycéens, la mairie ne pouvait rester indifférente. Il a tenu à souligner "l'attitude responsable" de ces jeunes. Il a aussi déclaré qu'à aucun moment, les lycéens portois n'ont participé à un quelconque débordement pendant cette manifestation. Roland Robert, maire de la Possession, a affirmé, de son côté, que les lycées de La Possession ne sont pas "des établissement de cagnards", mais bien des lycées où les meilleurs résultats du bac sont enregistrés.
Enfin, pour Jean-Yves Langenier, si la mise à disposition de bus n'est pas considérée comme une "dépense obligatoire", celle effectuée par une mairie du Sud - le Tampon en l'occurrence -, pour accueillir la ministre de l'Outremer à l'aérogare lors de son dernier séjour à La Réunion, ne l'est pas non plus. De même que la mise à disposition de bus par des mairies du Sud et de l'Est pour la visite du ministre de la cohésion sociale, Jean-François Borloo.
   

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