Lutte contre le Sida :

Exclure la discrimination


Publié / Actualisé
50,98% des personnes séropositives disent subir des discriminations du fait de leur séropositivité. Voici le constat alarmant que révèle, à la veille du 1er décembre, journée internationale de la lutte contre le sida, un sondage effectué par les associations Rive et Sid' aventure. Elles ont interrogé 103 personnes vivant avec le VIH (P.V.V.I.H), soit 17,4% des patients recensés fin novembre à La Réunion (601 personnes : 421 hommes et 180 femmes)
50,98% des personnes séropositives disent subir des discriminations du fait de leur séropositivité. Voici le constat alarmant que révèle, à la veille du 1er décembre, journée internationale de la lutte contre le sida, un sondage effectué par les associations Rive et Sid' aventure. Elles ont interrogé 103 personnes vivant avec le VIH (P.V.V.I.H), soit 17,4% des patients recensés fin novembre à La Réunion (601 personnes : 421 hommes et 180 femmes)
"La discrimination survient lorsqu'une personne est mise à l'écart ou traitée de façon inéquitable et injuste en raison d'un critère spécifique, réel ou supposé". Voici ce que vit 1 Réunionnais séropositif sur deux à La Réunion, dans les différentes sphères de la vie professionnelle, familiale, sexuelle et médicale. Même si la discrimination est moins forte qu'en Métropole, où 2 personnes sur 3 disent subir des discriminations, il demeure néanmoins élevé. Les cas de discrimination sont multiples. 40% d'entre eux sont commis par le milieu proche des P.V.V.I.H. Puis vont suivre les assurances, les banques, les mutuelles (28%) et le milieu médical (26%) qui ont des attitudes d'exclusion vis-à-vis des porteurs du VIH.

Taire sa séropositivité

À La Réunion, 3 personnes interrogées sur 4 pensent que la discrimination serait liée au manque d'information et à la peur d'être infectées. 1 personne séropositive sur 2 est également persuadée que la société porte un jugement négatif sur les porteurs du virus. Selon elles, la discrimination serait liée au fait que le VIH touche à la sexualité. Comme le note à juste titre le Docteur Catherine Gaud, présidente de l'association Rive "pour le cancer on a pas à se justifier quant à la façon dont il s'est déclaré, alors que pour le SIDA cela sous entend parfois des révélations sur ses pratiques sexuelles, dont l'homosexualité, encore sujet tabou dans notre société". En outre, taire sa séropositivité revient, dans certains cas, à s'auto exclure de la vie sociale "certaines patientes n'hésitent pas à renoncer à long terme à avoir des rapports sexuels" explique-t-elle.

La crainte d'être rejeté

Les associations insistent sur le fait qu'il faut parler de sa séropositivité au moins à une personne qui ne fait pas partie du corps médical, "cela doit être une personne en qui l'on a le plus confiance. Parler change tout, car on ne se mure pas dans l'auto exclusion. Et puis lorsqu'on commence à parler à une personne, il est plus facile par la suite de livrer aux autres sa séropositivité" confie Jean-Michel Jobart, président de l'association Sid'aventure. Toutefois, il est encore difficile de parler de sa séropositivité. Car comme en témoigne les chiffres, 56,1% des personnes interrogées taisent leur séropositivité par crainte d'être rejetées. Toutefois, la raison la plus souvent évoquée reste que 65,85% des personnes séropositives considèrent que le VIH fait partie de leur intimité.

Information et prévention

Plus de 80% des personnes interrogées vivant avec le VIH proposent d'intensifier l'information et la prévention sur l'infection. C'est d'ailleurs dans cette optique, que des élèves de BTS communication du lycée Leconte de Lisle à Saint-Denis, organisent l'opération "repas solidaires" du 1er au 20 décembre 2005. De nombreux restaurateurs partenaires de cette opération reverseront 1 euro par couvert, aux associations Rive et Sid'aventure. Cette contribution aidera les patients de La Réunion et de l'océan Indien en situation précaire ou ayant un pronostic vital menacé dans leur lutte contre la maladie. Rappelons que cette action avait rapporté 5 000 euros aux associations en 2002.

Audrey Hoarau
   

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