Utilisation des insecticides :

Les apiculteurs ont le bourdon


Publié / Actualisé
Les abeilles sont en danger. C'est le message lancé ce mercredi 8 février 2006 par les apiculteurs réunis au pôle agricole de Saint-Benoît. Ils demandent l'arrêt de l'utilisation des produits chimiques dans les zones rurales et annoncent déjà une baisse de production de miel.
Les abeilles sont en danger. C'est le message lancé ce mercredi 8 février 2006 par les apiculteurs réunis au pôle agricole de Saint-Benoît. Ils demandent l'arrêt de l'utilisation des produits chimiques dans les zones rurales et annoncent déjà une baisse de production de miel.
Les insecticides utilisés pour la démoustication de l'île -et notamment le fénitrothion- sont toxiques pour les abeilles. François Payet, vice-président du syndicat des apiculteurs, a noté un taux de mortalité important dans les ruches. C'est ce qu'il a dit hier lors d'un tour de table organisé à la chambre d'agriculture de Saint-Benoît, en présence de la chambre d'agriculture, du GDSBR, de Coopémiel, de l'Association pour la protection de la Nature et d'autres acteurs du monde rural. François Payet est inquiet quant aux conséquences économiques de cette situation mais aussi environnementales. " L'abeille est une sentinelle de l'environnement. Elle a résisté à des catastrophes sur le plan climatique. Si elle a des problèmes, c'est que l'environnement va mal ", rappelle François Payet. Dans deux semaines, les apiculteurs doivent déplacer leurs ruches vers les plantations de baies roses. Ils sont déjà inquiets. " Les plantations de baies roses ont été démoustiquées. On se demande si les abeilles vont pouvoir produire du miel ". Les apiculteurs estiment que le choix le plus efficace et le plus économique aurait été de contrôler les foyers larvaires.
Guy Derand, le président de la chambre d'agriculture demande lui aussi l'arrêt des produits chimiques. " On va vers une catastrophe écologique ", annonce-t-il. " On balance des tonnes de produits dans la nature et on ne connaît rien des conséquences... ". La chambre d'agriculture craint des dégâts sur les productions de légumes et de fruits. Guy Derand déplore aussi les destructions massives de certains insectes, prédateurs de moustiques. " Si ces prédateurs disparaissent, on peut s'attendre à d'autres maladies comme le paludisme ou autre ".
Selon les agriculteurs, les traitements utilisés actuellement contre le moustique aèdes albopictus semblent plus répondre à un choix de tranquiliser la population réunionnaise qu'à une véritable démarche scientifique de lutte efficace.
   

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