Les urgentistes tirent le signal d'alarme :

"La permanence de soins est l'affaire de tous"


Publié / Actualisé
"Les urgences ne sont pas une alternative à la permanence des soins la nuit et les week-ends" ont souligné ce vendredi 10 février 2006, les quatre chefs des services des urgences de l'île. Ils réagissaient à une déclaration "unilatérale" du président de l'Ordre des médecins affirmant que la permanence des soins relève du secteur hospitalier. La préfecture a réagi à l'appel des urgentistes. En début de soirée, elle rendait public la liste des médecins de garde pour le week-end
"Les urgences ne sont pas une alternative à la permanence des soins la nuit et les week-ends" ont souligné ce vendredi 10 février 2006, les quatre chefs des services des urgences de l'île. Ils réagissaient à une déclaration "unilatérale" du président de l'Ordre des médecins affirmant que la permanence des soins relève du secteur hospitalier. La préfecture a réagi à l'appel des urgentistes. En début de soirée, elle rendait public la liste des médecins de garde pour le week-end
"Nous ne sommes pas en opposition avec les médecins libéraux et il ne s'agit absolument pas de polémiquer avec eux" prévient le docteur Arnaud Bourdé, chef du SAMU et directeur du service des urgences de l'hôpital de Bellepierre à Saint-Denis. Il précise également que la mise au point qu'il effectue avec ses collègues des urgences de Saint-Pierre, Saint--Paul et Saint-Benoît est "à déconnecter de l'épidémie de chikungunya". Cela "même si la situation actuelle contribue à poser le problème de manière encore plus aigue" ajoute le docteur Philippe Morbidelli, chef des urgences de l'hôpital de Saint-Paul.
C'est la décision prise, il y a quelques années par les médecins libéraux d'arrêter les gardes de nuit et du week-end qui est à l'origine du problème. Ce sont des raisons de sécurité - plusieurs médecins ont été agressés -, et de manque d'effectif qui avaient motivé cette décision. Les tours de garde ont donc été supprimés.
Du coup les gardes de nuit et de week-ends effectuées ne sont plus effectuées que par des médecins volontaires, ceux de SOS médecins par exemple, et par les maisons médicales. Si certaines zones sont relativement couvertes par ces gardes volontaires, d'autres, l'Est notamment, "sont en proie à un désert médical" selon l'expression du docteur Arnaud Bourdé. Du coup, les malades et les blessés n'ont que le SAMU et les urgences pour recours. Avec tout ce que cela suppose comme délais d'attente aux urgences et comme déplacements inutiles du SAMU.

Les tours de garde remis en vigueur

"La population de La Réunion est en droit d'attendre autre chose de la communauté médicale qu'elle soit hospitalière ou libérale. C'est ensemble que nous devons résoudre le problème" estime le docteur Philippe Morbidelli. "Légalement, il ne nous revient absolument pas d'être les seuls à assurer la permanence des soins. Les médecins libéraux doivent y participer. Si nous ne construisons pas ensemble un dispositif efficace, nous allons vers une situation grave" remarque le docteur Arnaud Bourdé.
Les docteurs Yves Jacques Antoine, chef des urgences à la clinique de Saint-Benoît, et Frédéric Staikowsky, chef des urgences de l'hôpital de Saint-Pierre, se sont pour leur part étonné "du manque de solidarité des médecins libéraux de La Réunion" en cette période d'épidémie. "Nous sommes submergés par l'afflux des malades dans les hôpitaux et le seul renfort que nous avons eu est celui des médecins venus de métropole. Les médecins libéraux de l'île ne se sont pas manifestés" ont-ils déploré.
Les urgentistes, ils sont une centaine dans l'île, ont été entendus par le préfet. En début de soirée, la liste des médecins de garde pour le week-end, y compris la nuit, était rendue publique. Certains médecins ont été volontaires pour assurer la permanence des soins, d'autres ont été réquisitionnés. À noter que les centres médicaux de l'armée à Saint-Denis, le Port et Saint-Pierre ont été intégrés dans le dispositif de garde.
   

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