Rapport patronal de la féderation réunionnaise du BTP :

Le Bâtiment a le vent en poupe


Publié / Actualisé
Les dirigeants de la Fédération réunionnaise du BTP, qui présentaient ce jeudi 23 mars 2006, le rapport patronal annuel, ont le sourire. Selon le dernier bilan de la Cellule économique du BTP, "le secteur économique aura tenu fermement le cap au cours de l'exercice 2005. Pratiquement tous les segments de marchés ont confirmé la croissance engagée depuis 2003".
Les dirigeants de la Fédération réunionnaise du BTP, qui présentaient ce jeudi 23 mars 2006, le rapport patronal annuel, ont le sourire. Selon le dernier bilan de la Cellule économique du BTP, "le secteur économique aura tenu fermement le cap au cours de l'exercice 2005. Pratiquement tous les segments de marchés ont confirmé la croissance engagée depuis 2003".
Pour preuve : le chiffre d'affaires du secteur devrait avoisiner 1,07 milliards d'euros pour 2005. Le nombre d'entreprises et d'artisans employeurs est en progression de 8,6 % et atteint 2640. De même que celui des effectifs salariés qui flirte avec les 17 940.
Il existe plusieurs raisons à cette bonne santé fièrement affichée dans un contexte économique morose. La première : "une situation générale satisfaisante sur le plan économique". Principal facteur de croissance : le chantier de la Route des Tamarins. Il a incontestablement "boosté" l'activité des travaux publics. "En génie civil, les travaux de transfert des eaux et la réalisation des périmètres irrigués de l'Ouest constituent toujours la majeure partie des investissements, poursuit le rapport de la cellule économique.

Assainissement des conditions d'embauche

Les collectivités et les SEM apportent également leur soutien, notamment par le renfort des infrastructures et des réseaux d'eau et d'assainissement, et par la création de zones d'aménagement" Et du côté des constructions, "les acteurs publics ont largement relevé leurs investissements".
L'autre raison de ce dynamisme : "l'assainissement des conditions d'embauche". Les efforts menés contre le travail illégal et notamment l'instauration du port du badge BTP portent leurs fruits.
Quelques ombres demeurent néanmoins au tableau. Malgré une activité en croissance, Jean-Marie Le Bourvellec, le président de la FR BTP, et Bernard Tillon, le secrétaire général, redoutent "la déstructuration annoncée du secteur, due à l'effet pervers des seuils" instaurés par la loi Programme pour l'Outre-Mer, qui prévoit l'exonération à 100% de cotisations patronales de sécurité sociale les entreprises de moins de 50 salariés.
"Les 3640 emplois créés grâce au badge génèrent 40 millions d'euros de recettes, soit quatre fois plus que ce que coûterait la suppression du seuil", soulignent les deux hommes, fervents défenseurs de la suppression.

Défiscalisation menacée...

Les perspectives pour 2006 laissent augurer une nouvelle année de croissance pour le BTP. Les chantiers de la Route des Tamarins, de la section Mazagran/Doret du boulevard sud de Saint-Denis, ainsi que les filets de sécurisation de la route du Littoral, le transfert des eaux d'est en ouest, l'extension du port et la restructuration du CHD devraient apporter un volant d'activités important. Néanmoins, les entreprises devront faire face aux fortes augmentations des matières premières. Les prix du cuivre, du zinc et du plomb par exemple connaissent une véritable flambée. Tout comme ceux du pétrole (+43%) et du gaz (+51%).
Par ailleurs, si le secteur n'est pas encore frappé de plein fouet par le chikungunya, bien que l'épidémie désorganise déjà l'activité des petites entreprises, les effets devraient se faire ressentir à moyen terme, estime la FR BTP, avec probablement une perte de confiance des investisseurs. En toute hypothèse, "le secteur sera exclu du dispositif d'aide".
Autre crainte et non des moindres : la remise en cause du dispositif de défiscalisation, pilier incontestable du secteur, jugé par certains parlementaires "manifestement inadapté et coûteux".
   

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