Neuf nouveaux cas de chikungunya cette semaine :

"Il ne faut pas se croire à l'abri"


Publié / Actualisé
"Nous sommes toujours sur un plateau avec neuf cas de chikungunya cette semaine et après consolidation, nous estimons ce chiffre entre dix et quinze", expliquait Jean-Louis Solet, épidémiologiste à la Cire Réunion Mayotte, vendredi 20 octobre 2006. Mais si les chiffres sont toujours stables, le début du mois d'octobre correspond à la reprise de l'épidémie en 2005 (photo d'archives)
"Nous sommes toujours sur un plateau avec neuf cas de chikungunya cette semaine et après consolidation, nous estimons ce chiffre entre dix et quinze", expliquait Jean-Louis Solet, épidémiologiste à la Cire Réunion Mayotte, vendredi 20 octobre 2006. Mais si les chiffres sont toujours stables, le début du mois d'octobre correspond à la reprise de l'épidémie en 2005 (photo d'archives)
Entre le 9 et le 15 octobre 2006, 9 cas de chikungunya ont été signalés à la DRASS. Parmi eux, aucun décès ou forme grave de la maladie n'ont été enregistrés. Un chiffre stable rendu public hier par Jean Louis Solet, épidémiologiste à la Cire Réunion Mayotte. Avec Philipe Roger, directeur adjoint aux affaires sanitaires et sociales et Julien Thiria, ingénieur à la Drass, il faisait le point sur la maladie durant la 41ème semaine de l'année. "Nous sommes en période de stabilisation, mais il y a un risque de reprise de l'épidémie avec l'augmentation des températures. Il ne faut pas se croire à l'abri", expliquait-il. À la même période l'année dernière, sept cas avaient été signalés, mais après vérification, il s'est avéré qu'il y en avait en fait 158... En 2006, le système de signalement est plus élaboré et permet d'avoir un tableau plus exhaustif de la situation.

Rien n'est sûr

Mais malgré les efforts entrepris depuis l'explosion de la maladie en début d'année, les craintes sont toujours présentes puisque le virus n'a pas disparu. Et ce même si la donne a changé. Les efforts de démoustication, de nettoyage, la prise de conscience de l'importance de la protection par la population mais aussi leur immunité laisse espérer que l'épidémie sera de moindre ampleur cette année. En effet, 34 à 35% des Réunionnais ont déjà été touchés par la maladie et d'après les éléments scientifiques disponibles, elle ne peut s'attraper qu'une seule fois. Mais là encore, rien n'est sûr... Et pour éviter une nouvelle flambée épidémique, il faudrait que 80% de la population ait déjà contracté le chik.

Agressivité accentuée

Avec l'arrivée des pluies et des hautes températures de l'été austral, la densité du vecteur (le moustique) va augmenter. Endormi par l'hiver, il va se réveiller avec la chaleur et devenir plus agressif. Il va également vivre plus longtemps et les pluies vont mettre les gîtes larvaires en eau, permettant aux pontes de se développer. "Ce n'est donc pas le moment de ralentir les efforts", insiste Philippe Roger. Cette 41e semaine a vu 1 113 personnes s'affairer sur le terrain, contre le moustique, 28 sites émergents ont été signalés puis traités, tout comme 80 ravines.

"Fleur de Sable" dans les cimetières

Des opérations de communication ont été mises en place. Auprès des enfants d'abord avec la remise des prix du concours "Marmailles avec zot dans la cour" qui a rassemblé environ 1 200 enfants. Concernant la démoustication des cimetières, l'opération "Fleur de Sable" vise à mettre à disposition des familles, de l'eau exempte de larves et du sable pour mettre dans les bacs à fleurs. Arrosé, il permet d'abreuver la plante, mais ne laisse pas les larves s'installer. Après la toussaint, les services de la DRASS aideront des agents communaux à enlever les fleurs fanées et vider les coupelles. Enfin, grande action de démoustication le week-end des 28 et 29 octobre, Kass Moustik vise à impliquer le plus grand nombre. Parce que la lutte passe avant tout par des actions individuelles.
   

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