Bilan campagne sucrière 2006 :

Une bonne récolte malgré les aléas


Publié / Actualisé
Xavier Thieblin, Jean-François Moser, Bernard Rivière et Bernard Pétin faisaient ce lundi 18 décembre 2006, le bilan de la campagne 2006. Malgré les problèmes de sécheresse dans le sud et l'ouest, les sucreries réunionnaises ont traité 1 864 300 tonnes de cannes, un résultat qui reste dans la moyenne décennale. D'après les professionnels de la filière, les agriculteurs ont retrouvé confiance et "la relance programmée sur les prochaines années laisse augurer une production à venir, encourageante".
Xavier Thieblin, Jean-François Moser, Bernard Rivière et Bernard Pétin faisaient ce lundi 18 décembre 2006, le bilan de la campagne 2006. Malgré les problèmes de sécheresse dans le sud et l'ouest, les sucreries réunionnaises ont traité 1 864 300 tonnes de cannes, un résultat qui reste dans la moyenne décennale. D'après les professionnels de la filière, les agriculteurs ont retrouvé confiance et "la relance programmée sur les prochaines années laisse augurer une production à venir, encourageante".
Avec une production de sucre qui atteint 205 000 tonnes, une richesse de 14,03% et 1 864 300 tonnes traitées, les professionnels de la filière sucre sont satisfaits des résultats de la campagne 2006. En effet, ce tonnage reste dans la moyenne décennale, la richesse est quasiment identique à 2005, soit légèrement plus élevée que la moyenne. Les incidents sociaux qu'a connus l'usine de Bois Rouge et les problèmes thermiques de l'usine du Gol n'ont finalement pas perturbé le déroulement de la campagne qui n'a pas été allongée pour autant. En revanche, les résultats obtenus selon les régions sont très variables : la bonne production dans l'Est a compensé les faibles performances de l'Ouest. La sécheresse a marqué les régions Sud et Ouest tandis que l'est a bénéficié "d'une climatologie clémente et confirme que le potentiel existe".
Les bonnes surprises sont venues des plates-formes de Ravine Glissante et Beaufonds, avec un record historique pour Ravine Glissante. Mais c'est aussi le signe que l'irrigation n'a pas complètement rempli ses promesses. "Une bonne pluie est égale à un mois d'irrigation", explique Jean-François Moser, président de la SBR. Et c'est sans compter le retard de livraison du chantier de basculement des eaux.

Optimisme

Par ailleurs, l'attente des décisions liées à l'OCM sucre (organisation communautaire du marché du sucre) ont eu un impact direct sur les investissements des agriculteurs dans les champs : certains n'ont pas replanté en attendant des certitudes concernant le prix du sucre.... donc leur revenu. Aujourd'hui, la réforme de l'OCM sucre a été approuvée, le prix est fixé pour les 9 prochaines campagnes et la nouvelle convention canne-sucre a été signée le 4 juillet dernier. Grâce à elle, des mesures visant à augmenter le revenu des planteurs et à accompagner la relance de la production ont été décidées. La création des "pôles canne" sur 5 bassins de production a permis d'apporter une expertise technique à des agriculteurs de plus en plus en demande. "En 2006, on peut affirmer que ces mesures ont créé de l'espoir", estime Bernard Pétin, président de la Sucrière de la Réunion.

Jusqu'à 2 millions de tonnes

Aujourd'hui, le défi est d'augmenter la productivité, poursuivre la replantation et conserver la surface cannière existante. De l'avis des professionnels de la filière, la question du foncier est le problème numéro 1. "Il faut que le foncier soit géré dans un cadre de développement durable", ajoute Jean-François Moser. Car l'extension trop lâche du tissu urbain menace la surface cannière cultivable. Non seulement, la tâche urbaine s'est étalée mais en plus, elle a perdu en densité. Le but est de reconquérir 5 000 hectares de culture de canne qui sont déjà identifiés et remettre en culture les 4 000 hectares de champs en friche.
Mais en cette fin de campagne, l'optimisme reste de rigueur : avec la surface actuelle, si les conditions météorologiques sont réunies, la campagne 2007 pourra aller jusqu'à 2 millions de tonnes. Comme en 1988.
   

Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !