Océan Indien :

Une ultime chance pour les Chagos


Publié / Actualisé
Depuis de nombreuses années, la commune du Port manifeste son attachement à l'histoire et à la cause des Chagossiens. Le 3 juin 2004, Le Port, Port Louis (Ile Maurice) et le " Groupe Réfugiés Chagos " ont d'ailleurs signé une charte d'amitié et de coopération. Aujourd'hui, la communauté chagossienne sollicite l'aide de La Réunion pour pouvoir défendre ses intérêts à Londres lors du dernier procès qui l'oppose au gouvernement britannique. A l'issue de celui-ci, la population chagossienne retrouvera peut-être le droit de vivre sur sa terre natale.
Depuis de nombreuses années, la commune du Port manifeste son attachement à l'histoire et à la cause des Chagossiens. Le 3 juin 2004, Le Port, Port Louis (Ile Maurice) et le " Groupe Réfugiés Chagos " ont d'ailleurs signé une charte d'amitié et de coopération. Aujourd'hui, la communauté chagossienne sollicite l'aide de La Réunion pour pouvoir défendre ses intérêts à Londres lors du dernier procès qui l'oppose au gouvernement britannique. A l'issue de celui-ci, la population chagossienne retrouvera peut-être le droit de vivre sur sa terre natale.
Habitants de l'archipel des Chagos au c?ur de l'océan Indien, les Chagossiens sont des descendants d'esclaves qui ont mené durant plusieurs générations une vie en harmonie avec la nature. Mais, en 1965, l'existence de cette population est subitement brisée. En effet, pour obtenir son indépendance, l'Ile Maurice doit renoncer à l'archipel des Chagos convoité par les Américains qui cherchent une implantation stratégique dans l'océan Indien. Les Chagos sont donc détachées de l'ensemble des " îles mauriciennes " par le gouvernement britannique pour être intégrées dans le BIOT (British Indian Ocean Territory).
Diego Garcia, l'île principale de l'archipel, est ensuite louée aux Américains pour cinquante ans (bail tacitement reconductible tous les 20 ans) qui y installent une base militaire et exigent l'évacuation totale de l'archipel.
C'est le peuple des Chagos (environ 2000 personnes) qui est alors sacrifié. Dans l'indifférence générale, l'expulsion et la déportation systématique des habitants commencent. Peu à peu, l'archipel est vidé de sa population qui est exilée vers Maurice (1800 personnes) et les Seychelles (200 personnes). Les derniers habitants des Chagos quittent l'archipel en 1973 dans des conditions déplorables. En attendant les premières compensations (d'abord sous forme de pension puis sous forme de terrains mis à disposition par le gouvernement mauricien) la communauté va connaître la misère, les bidonvilles, les suicides.

Une bataille juridique engagée il y a dix ans

Depuis les années 80, les Chagossiens réclament leur retour sur la terre de leurs ancêtres et s'organisent afin de faire valoir leurs droits auprès des autorités britanniques. Symbole de leur mobilisation, la création du " Groupe Réfugiés Chagos " par Olivier Bancoult et Lisette Talate, des ressortissants chagossiens. En 1999, l'association a enfin réussi à engager une vaste bataille juridique avec les autorités britanniques. Marqué par de multiples rebondissements, cet affrontement connaîtra son issue en juin 2008 avec l'ouverture du procès définitif devant la Chambre des Communes.
C'est dans la perspective de ce rendez-vous capital qu'Olivier Bancoult, président du "Groupe Réfugiés Chagos", est revenu à La Réunion ce mercredi 14 mai 2008. Il sollicite la solidarité de la population réunionnaise pour aider à financer le déplacement "Maurice-Londres" d'une délégation d'une vingtaine de Chagossiens. Ces derniers pourront ainsi assister à l'ultime procès qui oppose leur communauté au gouvernement britannique. L'enjeu est de taille car à l'issue de l'audience, les Chagossiens obtiendront peut-être le droit de retourner vivre dans leurs îles (à l'exception de Diego Garcia qui restera un bastion militaire américain).
La communauté a su démontrer sa capacité à créer les conditions d'un retour aux Chagos en présentant à Londres un processus détaillé de leur ré-installation : habitat, énergie, eau, santé, télécommunications, transport aérien et maritime, auto-suffisance (agriculture, pêche, élevage, cocoteraies), tourisme, préservation de l'environnement, financement, etc. Plusieurs fois déjà, différentes instances juridiques britanniques ont donné raison aux Chagossiens mais le gouvernement britannique a toujours fait appel. Le procès qui va se dérouler en juin 2008 à Londres est l'ultime phase de l'affrontement entre la population chagossienne et l'Etat britannique.
   

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Illustration : Kwa Films

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