Campagne sucrière :

Le 2 juillet on coupe


Publié / Actualisé
La campagne sucrière ne démarrera pas le 30 juin comme initialement prévu mais le 2 juillet, à 6h du matin. Malgré les incidents survenus ce lundi 23 à Saint-André, les membres des commissions mixtes de Beaufonds et de Bois-Rouge ont fixé cette date à la majorité. Les planteurs réunis derrière l'intersyndicale FDSEA-CDJA maintiennent néanmoins leurs revendications : ils réclament toujours une révision de l'actuelle convention canne et des garanties sur les prix des intrants et de l'engrais.
La campagne sucrière ne démarrera pas le 30 juin comme initialement prévu mais le 2 juillet, à 6h du matin. Malgré les incidents survenus ce lundi 23 à Saint-André, les membres des commissions mixtes de Beaufonds et de Bois-Rouge ont fixé cette date à la majorité. Les planteurs réunis derrière l'intersyndicale FDSEA-CDJA maintiennent néanmoins leurs revendications : ils réclament toujours une révision de l'actuelle convention canne et des garanties sur les prix des intrants et de l'engrais.
Le désaccord entre les planteurs porte d'une part sur le prix trop élevé de l'engrais, qui se négocie désormais aux alentours de 800 euros la tonne (soit une inflation de plus de 65 %) ; il porte d'autre part sur la convention canne signée en 2006 par le syndicat majoritaire, la CGPER, et considérée comme obsolète au regard de l'inflation actuelle. Sans la prise en compte de leurs revendications, et malgré la proposition d'une prime de 160 euros pour réduire le coût des intrants, les militants de l'intersyndicale FDSEA-CDJA menacent de ne pas commencer à travailler la semaine prochaine. Ils exigent de continuer à payer l'engrais au même prix que l'année passée. Une réunion est prévue ce mercredi 25 à Bois-Rouge pour décider de la conduite à tenir vis à vis de la commission mixte d'usine.

Une convention qui divise la profession

Pour rappel, la convention canne, accord entre les acteurs de la filière, l'Etat et l'Europe, s'est négociée en 2006 dans un contexte mondial d'effondrement du marché du sucre de 36 %. La convention a permis de sauvegarder la culture de la canne dans l'outre-mer en offrant une compensation aux planteurs de 70 euros par tonne de canne. Ce montant est financé à 40 % par l'Etat et l'Europe et à 60 % par les industriels qui bénéficient eux aussi d'un soutien financier de la part du gouvernement français (réparti en deux aides distinctes : aide au soutien du prix du sucre et aide à l'écoulement). Cet accompagnement permet ainsi aux industriels de continuer à garantir aux planteurs un tarif constant (soit 39,09 euro la tonne de canne). D'après Xavier Thieblin, président du syndicat des fabricants du sucre, cela représente pour l'ensemble des Dom une somme de 100 millions d'euros par an sur la période 2006-2015. La convention canne comprend également d'autres aides financières attribuées en fonction des situations des planteurs comme la prime à la replantation ou l' aide pour les zones difficiles. Selon les signataires de la convention, revenir sur cet accord pourrait menacer l'ensemble de la filière. L'enjeu est donc de trouver rapidement des alternatives durables afin de pallier l'envolée du prix des intrants et de l'engrais.
   

Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !