Société :

Une journée contre le suicide


Publié / Actualisé
À La Réunion, on dénombre chaque année plus de 500 décès des suites d'un suicide. Un véritable fléau que l'association Prévention Suicide, fondée à Saint-Pierre en 2002, tente d'éradiquer au quotidien en multipliant les actions de sensibilisation, d'information et d'écoute. La journée mondiale contre le suicide, ce mercredi 10 septembre 2008, est l'occasion d'insister plus que jamais sur la nécessité d'une action collective afin de prévenir les suicides.
À La Réunion, on dénombre chaque année plus de 500 décès des suites d'un suicide. Un véritable fléau que l'association Prévention Suicide, fondée à Saint-Pierre en 2002, tente d'éradiquer au quotidien en multipliant les actions de sensibilisation, d'information et d'écoute. La journée mondiale contre le suicide, ce mercredi 10 septembre 2008, est l'occasion d'insister plus que jamais sur la nécessité d'une action collective afin de prévenir les suicides.
Selon les chiffres fournis par l'association Prévention suicide, 3 Réunionnais par jour mettent fin à leurs jours quand 7 tentent de le faire sans y parvenir. Pour enrayer le phénomène, la structure, présidée par Danon Lutchmee, multiplie les actions d'information et d'écoute attentive à l'égard des personnes à tendance dépressive voire suicidaire. C'est dans cette perspective qu'elle a mis en place, il y a quelques années, une plateforme téléphonique qui fonctionne 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, toute l'année.

Un accueil téléphonique permanent

Une quinzaine de bénévoles formés à ce type d'intervention se relaient au bout du combiné. L'objectif du dispositif est de proposer une écoute à toute personne en difficulté et tenaillée par l'envie de commettre l'irréparable. "On pose un maximum de questions, on est très attentif à l'environnement de l'interlocuteur. Il faut qu'on puisse connaître assez vite le degré d e gravité de la situation. Quand on sent qu'il y a urgence, on s'efforce de mobiliser les services de l'ordre ou les pompiers. Mais ce n'est pas toujours évident. Nous ne sommes pas encore assez pris au sérieux". Il s'avère pourtant que, sur 250 appels reçus en 2007, 150 relevaient d'une extrême gravité.

Un suivi psychologique encore insuffisant

L'association projette à présent d'organiser, dans ses locaux de Saint-Pierre, des rencontres avec des psychologues. Car, selon Danon Lutchmee, l'île manque cruellement d'interlocuteurs formés à l'écoute et à la prise en charge des personnes en détresse psychologique. Selon elle, devant ce qui devient un "problème de santé publique", il est urgent que les collectivités réagissent car, avec la croissance démographique, le nombre de suicides va augmenter.

Conférence-débat

À l'occasion de la journée mondiale de la prévention du suicide, l'association organise ce mercredi à 18h30 au conseil général de Saint-Pierre, une conférence -débat sur le thème de "la prévention du suicide dans le cadre des initiatives locales". Selon l'association Prévention suicide, il existe en effet une spécificité réunionnaise du suicide impliquant une prise en charge différente de la métropole.
La manifestation de ce mercredi, à laquelle participent notamment des associations et des responsables de collectivités, devrait être l'occasion d'aborder des questions essentielles telles que : comment agir efficacement contre les moyens de se donner la mort sur l'île ? De quelle façon aider efficacement les familles réunionnaises en détresse à la suite d'un suicide ou de la tentative de suicide d'un de ses membres ? Comment éviter le suicide chez les jeunes qui sont la tranche la plus exposée de la population locale ?

Imaz Press Réunion - http://www.ipreunion
   

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