Madagascar :

Les "TGV" dans les ministères


Publié / Actualisé
Les partisans d'Andry Rajoelina "TGV", maire destitué d'Antananarivo et principal opposant au président Marc Ravalomanana, ont réussi à entrer dans les sièges des ministères de l'Intérieur, de la Sécurité intérieure, de l'Éducation nationale et du commerce ce jeudi 19 février 2009 à Antananarivo. Les "ministres" nommés par la "Haute autorité de transition" se sont ainsi installés dans les bureaux des ministres en titre. L'armée et la police n'ont pas réagi, fraternisant même avec les manifestants. Il s'agit sans doute d'un tournant décisif dans la crise politico - institutionnelle qui secoue la Grande Île depuis plusieurs semaines et qui a déjà coûté la vie à plus d'une centaine de personnes. Marc Ravalomanana n'a pas encore réagi à la prise des ministères.
Les partisans d'Andry Rajoelina "TGV", maire destitué d'Antananarivo et principal opposant au président Marc Ravalomanana, ont réussi à entrer dans les sièges des ministères de l'Intérieur, de la Sécurité intérieure, de l'Éducation nationale et du commerce ce jeudi 19 février 2009 à Antananarivo. Les "ministres" nommés par la "Haute autorité de transition" se sont ainsi installés dans les bureaux des ministres en titre. L'armée et la police n'ont pas réagi, fraternisant même avec les manifestants. Il s'agit sans doute d'un tournant décisif dans la crise politico - institutionnelle qui secoue la Grande Île depuis plusieurs semaines et qui a déjà coûté la vie à plus d'une centaine de personnes. Marc Ravalomanana n'a pas encore réagi à la prise des ministères.
Les manifestants pro "TGV" se sont rassemblés en début d'après-midi ce jeudi à Anosy, un quartier d'Antananarivo où se trouve le siège de plusieurs ministères. La veille ils avaient tenté en vain d'entrer dans les bâtiments. Les forces de l'ordre s'y étaient opposées, sans heurts. Les dirigeants de l'opposition présents sur place - Andry Rajoelina n'y était pas -, avaient alors demandé à la foule de rebrousser chemin pour éviter "un nouveau bain de sang". Le samedi 7 février les forces de l'ordre avaient, en effet, tiré sur les manifestants qui marchaient le palais présidentiel d'Ambohitforohitra en plein centre de la capitale malgache. Des dizaines de personnes, dont un journaliste, avaient été tuées.

Depuis plusieurs officiers supérieurs de l'armée, de la gendarmerie et de la police ont rejoint le camp de l'opposition. Cela explique sans doute la nouvelle attitude des forces de l'ordre. Mercredi les partisans de "TGV" qui tentaient de prendre les ministères ont été mollement repoussés. Ce jeudi, les militaires et les policiers, après de brèves négociations avec les dirigeants de l'opposition, ont fini par laisser passer la foule, allant même parfois jusqu'à fraterniser avec elle. En tête de la manifestation se trouvaient plusieurs épouses de militaires de faction dans les ministères investis. Pour sa part Andry Rajoelina a quitté la manifestation après son discours sur la place du 13 mai et n'a pas marché avec la foule sur les ministères.

Des dirigeants pro "TGV" ont déjà annoncé que ce vendredi les manifestants tenteraient d'investir la primature (bâtiment où siège le Premier ministre). Le président en titre, élu en décembre 2006, n'a pas encore réagi à la prise des 4 ministères. À noter par ailleurs que des troubles continuent d'agiter plusieurs villes de provinces. À Tamatave et à Tuléar notamment des manifestants opposent forces de l'ordre aux partisans d'Andry Rajoelina. Le maire destitué d'Antananarivo est soutenu par des proches de Didier Ratsiraka, ancien président malgache battu par Marc Ravalomanana.
   

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