Expédition scientifique au Piton des Neiges :

Top Départ


Publié / Actualisé
Ce mardi 27 octobre 2009, 10 hommes, dont deux géologues, sont partis à la conquête d'une portion du Piton des Neiges encore jamais explorée. Ils ont pu décoller de Cilaos à 5h30, pour être déposés au sommet du volcan. L'équipe avait prévu de démarrer cette expédition dès ce lundi 26 octobre, mais les conditions météorologiques n'avaient pas permis le décollage de l'hélicoptère. Les aventuriers ont estimé qu'il serait de retour parmi nous d'ici 4 à 5 jours, après avoir pris note des données mesurables de la roche qui affleure, et chargés de près de 100 kg d'échantillons qui seront analysés depuis la terre ferme.
Ce mardi 27 octobre 2009, 10 hommes, dont deux géologues, sont partis à la conquête d'une portion du Piton des Neiges encore jamais explorée. Ils ont pu décoller de Cilaos à 5h30, pour être déposés au sommet du volcan. L'équipe avait prévu de démarrer cette expédition dès ce lundi 26 octobre, mais les conditions météorologiques n'avaient pas permis le décollage de l'hélicoptère. Les aventuriers ont estimé qu'il serait de retour parmi nous d'ici 4 à 5 jours, après avoir pris note des données mesurables de la roche qui affleure, et chargés de près de 100 kg d'échantillons qui seront analysés depuis la terre ferme.
Faute d'avoir pu partir ce lundi 26 octobre, l'équipe de l'expédition a profité de sa journée pour rencontrer une classe de marmailles de l'école primaire de Mare-à-vieille-Place, à Salazie. Parmi les 10 aventuriers, on retrouve en effet un instituteur de cette école.
Il espère parvenir à profiter de cette expérience pour proposer une activité pédagogique auprès de ses élèves de grandes sections, dans le but de les sensibiliser à la préservation des milieux naturels. "On va essayer d'entrer en contact avec l'équipe via un téléphone portable et des radios VHF prêtées par des parapentistes. Mais nous ne sommes pas du tout sur que cela va fonctionner.", précise Agnès Lavaud, coordinatrice de l'opération. Si le système répond aux attentes, les enfants pourront parler avec l'équipe sur place tous les jours pendant 5 minutes. 



L'équipe est, par ailleurs, formée deux géologues, dont Vincent Famin, chercheur au laboratoire géoscience de l'université de La Réunion et membre de l'Institut physique du globe de Paris à l'origine de l'expédition. Ils seront suivis par un cinéaste accompagné de son assistant ainsi que par un photographe et un spécialiste du canyoning chargé de l'ouverture du chemin, de sa sécurisation et de l'encadrement des scientifiques.

Cette expédition scientifique au c?ur du Piton des neiges est inédite. Son Objectif : retracer l'histoire de la formation de ce volcan, qui permettra notamment de mieux comprendre le processus du Piton de la Fournaise, toujours en activité, mais dont la formation est équivalente à celle du Piton des Neiges. "Je ne pourrais pas dire quand le piton de la fournaise entrera en éruption. Mais notre connaissance de son processus sera bien meilleure puisqu'on aura pu observer sa composition en profondeur. Pour l'heure, l'injection des magmas s'observe avec un sismomètre alors qu'on pourra le toucher du doigt au Piton de neiges", explique Vincent Famin. Un Piton qui s'est éteint il y a 12.000 ans, "à peine", précise le chercheur. Une caractéristique qui lui confère l'avantage d'offrir un spectacle particulièrement riche. L'érosion du volcan est importante, suffisamment pour observer la roche, mais pas excessive contrairement aux autres volcans éteints de part le monde, dont les roches, particulièrement érodées, ne révèlent plus suffisamment d'informations.


Les aventuriers emprunteront un chemin jusqu'alors inexploré sur le flanc Est du volcan, depuis le sommet jusqu'à Hell-Bourg. Ce volcan est le seul au monde à exposer sa structure profonde, grâce à l'érosion intense des cirques en milieu tropical.

Cette expédition nécessite une préparation technique intense pour minimiser les nombreux dangers qu'elle présente. Un hélicoptère viendra chercher l'équipe à Cilaos, à 5h du matin. Plus de 2 000 mètres de dénivelé, sur un terrain très friable et dans des conditions météorologiques difficilement prévisibles les attendent. Le froid risque de beaucoup pénaliser les chercheurs qui ne bénéficient pas d'un équipement spécifique.
Ils ont notamment prévus de dormir sur des hamacs recouverts d'une simple bâche, qu'ils mettront en place le moment venu. " L'un de nos plus gros soucis tient au fait que nous serons constamment dans l'eau puisqu'à l'intérieur du canyon", précise Vincent Famin. Le froid, déjà bien présent, pourrait donc devenir extrême. En outre, les deux chercheurs porteront 25 kg sur leur dos, tandis que le reste de l'équipe, moins privilégiée, devra porter près de 45kg. Cela sous-entend que plusieurs voyages leur seront nécessaires pour transporter le matériel à bon port. Sans compter le retour avec les 100 kg d'échantillons prévus. 

Les résultats de cette étude pourraient également contribuer à alimenter le dossier de demande d'intégration de La Réunion au patrimoine mondial de l'UNESCO.
L'expédition n'a, en revanche, qu'une valeur scientifique pour l'heure. Il n'est pas question d'ouvrir un nouveau site de canyoning pour les sportifs de l'extrême. Un nid de pétrelles s'y loge et doit être protégé. La société Ricaric spécialiste du canyoning, chargée d'encadrer cette expédition, ne perd pas espoir de convaincre le parc national d'autoriser le canyoning hors période de nidification, mais il est encore bien trop tôt pour se lancer dans ce combat. 



www.ipreunion
   

Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !