Marie-Luce Penchard à La Réunion :

"Une visite de communication" selon l'Alliance


Publié / Actualisé
Pour l'Alliance, la visite de Marie-Luce Penchard, ministre chargée de l'Outre-mer, du 20 au 22 mai 2010, serait "une visite de communication". Les conseillers régionaux de l'Alliance ont en effet ironisé sur le programme de la visite de la ministre lors d'une conférence de presse organisée ce mercredi 19 mai. "Elle retrouve le chemin de la Région après bien longtemps", plaisante Maya Césari. "Mais cette visite ne répond pas aux préoccupations des Réunionnais", ajoute t-elle. L'Alliance souhaite donc profiter de cette venue pour "poser les questions de fond", concernant notamment la continuité territoriale, les finances des collectivités territoriales, les conséquences de la crise européenne, la situation sociale, les visas ou encore l'éducation.
Pour l'Alliance, la visite de Marie-Luce Penchard, ministre chargée de l'Outre-mer, du 20 au 22 mai 2010, serait "une visite de communication". Les conseillers régionaux de l'Alliance ont en effet ironisé sur le programme de la visite de la ministre lors d'une conférence de presse organisée ce mercredi 19 mai. "Elle retrouve le chemin de la Région après bien longtemps", plaisante Maya Césari. "Mais cette visite ne répond pas aux préoccupations des Réunionnais", ajoute t-elle. L'Alliance souhaite donc profiter de cette venue pour "poser les questions de fond", concernant notamment la continuité territoriale, les finances des collectivités territoriales, les conséquences de la crise européenne, la situation sociale, les visas ou encore l'éducation.
Les élus de l'Alliance notent d'abord que la ministre de l'Outre-mer et Didier Robert signeront ce jeudi 20 mai une déclaration d'intention commune relative au GIP "continuité territoriale". "La signature de ce document prévoit que ce dispositif sera financé pour moitié par l'Etat, et pour l'autre moitié par la Région", explique Michel Lagourgue. Un principe que ne soutient pas le conseiller régional. "Ce sera quelque chose d'unique par rapport aux autres départements d'Outre-mer et aux autres régions ultrapériphériques. La Réunion va financer ce qui relève exclusivement de l'Etat", dénonce le membre de l'Alliance.

"Que sont devenues les sommes prélevées au titre de la taxe aéroport et qui devaient être affectées à la continuité territoriale ?", s'interroge Michel Lagourgue. Autre question évoquée par l'élu, "le gel des crédits publics annoncé par Nicolas Sarkozy sera t-il appliqué aussi dans les départements d'Outre-mer alors que nous sommes dans une situation plus difficile qu'en métropole ?"

Puis Philippe Jean-Pierre poursuit en faisant part de son "inquiétude face à la crise européenne qui secoue la France". "La situation est grave. La conjoncture pourrait accroître la fragilité de l'économie réunionnaise et la ministre ne fait pas écho de cette problématique dans son programme", souligne l'économiste. "C'est plus une visite de communication qu'une visite de préoccupation", estime t-il. Selon lui, Marie-Luce Penchard devra "apporter des éclairages sur les problèmes économiques que traverse et que va traverser La Réunion. Il faut apporter un maximum de gage de confiance et de lisibilité sur ce qui sera fait dans l'avenir".

André Thien-Ah-Koon s'est quant à lui penché sur la question sociale. "Le coût de la vie est la principale préoccupation de la population", martèle t-il. "Ce coût augmente et les ententes illicites continuent", fustige t-il, rappelant que "si on prend en compte la chèreté de la vie, c'est pas 52% mais 65% de la population qui vit en dessous du seuil de pauvreté". "La ministre doit se pencher sur cette question", affirme t-il.

L'ancien maire du Tampon évoque aussi le problème du logement. D'une part le logement social : "On annonce 6 000 nouveaux logements sociaux par an. Seulement 1 500 sortent de terre chaque année. Il faut favoriser la construction de ce type d'habitat", indique André Thien-Ah-Koon. Quant au logement privé, "il est difficile pour une famille aux revenus moyens d'accéder à la propriété", regrette t-il. La faute à "un régime de défiscalisation qui ne répond pas aux besoins des acheteurs". "La loi Girardin (ndlr : aujourd'hui remplacée par la loi Scellier DOM) était plus adaptée", signale t-il.

Concernant le thème de l'ouverture de la Réunion sur son environnement, Yasmina Panchbaya a posé la question des visas. "C'est une question capitale pour l'île. Les touristes sont intéressés pour venir à La Réunion mais ils ont du mal à surmonter le problème des visas", souligne t-elle. "Il faut que la ministre nous donne des précisions sur ce sujet", complète t-elle. Par ailleurs, "le Premier ministre avait annoncé l'entrée de La Réunion dans l'espace Schengen. Quand est-ce que cette entrée sera effective ?", demande la conseillère régionale.

Enfin, Aline Murin-Hoareau a rappelé le soutien de l'Alliance aux enseignants stagiaires mutés en métropole. "Depuis plus d'un mois, ils se mobilisent de façon responsable et pacifique. Quoi de plus humain que de vouloir travailler sur son île ?", s'interroge t-elle. Puis l'élue a rappelé la position de Nicolas Sarkozy : "Il s'est déclaré pour le maintien des jeunes de l'Outre-mer dans leur département respectif. Cette situation illustre tout le contraire", lance t-elle. La conseillère régionale a également dénoncé la décision prise par le rectorat de fermer plusieurs classes à la rentrée prochaine.

Par ailleurs, Maya Césari a fait part de sa "surprise" de voir que "des membres de l'ancienne majorité régionale n'ont pas été invités" à l'installation du comité de suivi du conseil interministériel de l'Outre-mer qui a lieu ce jeudi 20 mai "alors qu'ils avaient été rapporteurs ou présidents lors des Etats généraux de l'Outre-mer". Elle cite notamment Philippe Berne et Wilfried Bertil. "Les concernés ont d'ores et déjà prévu de demander des éclaircissements", annonce Maya Césari. Interrogés sur cette situation, les services de la préfecture répondent que "le comité de suivi a une composition différente. La Région nous a communiqué une liste de ses représentants qui y siègeront. C'est normal dans ce cas que certaines personnes n'aient pas reçues d'invitation. Néanmoins, tous ceux qui veulent assister à cette réunion d'installation peuvent venir. Nous ne leur fermerons pas la porte".

   

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