Mobilisation du syndicat pour les produits agricoles pays :

Les importations détruisent les productions locales


Publié / Actualisé
Le SPPAP (syndicat pour la promotion des produits agricoles pays), a tenu une conférence de presse ce mardi 8 juin 2010 sur le pont de déchargement des containers au Port pour faire part de son "ras-le-bol" quant aux importations jugées "débridées" et "qui détruisent les productions locales". Plusieurs agriculteurs des différentes filières du secteur agricole ont déployé une banderole à l'entrée du Port Est.
Le SPPAP (syndicat pour la promotion des produits agricoles pays), a tenu une conférence de presse ce mardi 8 juin 2010 sur le pont de déchargement des containers au Port pour faire part de son "ras-le-bol" quant aux importations jugées "débridées" et "qui détruisent les productions locales". Plusieurs agriculteurs des différentes filières du secteur agricole ont déployé une banderole à l'entrée du Port Est.

"Malgré les campagnes de promotions, les signes de qualité, les produits agricoles diminuent au profit des importations néfastes pour l'emploi local et notre sécurité alimentaire. La production locale régresse et nous perdons des parts de marché. Tous les pays développent une stratégie de sécurité alimentaire, à fortiori sur une île. À la Réunion nous marchons sur la tête" lance Benjamin Elma, le président du syndicat pour la promotion des produits agricoles pays. "Il faut une prise de conscience du public. Et même si c'est vrai que les produits locaux sont souvent plus chers que les produits importés, nous pouvons progresser dans nos filières locales pour faire baisser les prix. Nous pouvons suivre différents mécanismes, et notamment produire plus en optimisant les équipements actuels" assure le président du syndicat.

La crise actuelle révèle que "l'agriculture et l'agro-alimentaire résistent à la crise. Ces secteurs ont une grosse capacité de développement avec des milliers d'emplois pérennes à la clé" assure le syndicat pour la promotion des produits agricoles pays. Selon Benjamin Elma, derrière chaque éleveur, il y 5 à 6 emplois emplois générés dans chaque filière.

Un an après les Etats généraux de l'Outre mer, "aucun cadre juridique pour le développement endogène n'est esquissé" constate le syndicat. Une motion a en ce sens été déposée à la préfecture. "Nous demandons au préfet de réunir les acteurs du secteur et de mettre en place un comité qui régule les importations" insiste Benjamin Elma. "Nous ne laisserons pas la mondialisation faire des ravages et saboter ce que nous faisons localement" prévient le président du syndicat. De nouvelles actions ne sont pas exclues, "si rien ne bouge d'ici un mois" confie Benjamin Elma.

Pour rappel, la Réunion a importé et exporté plus de produits agro-alimentaires en 2009 par rapport à 2008. Selon une note de conjoncture publiée par la Direction de l'agriculture et de la forêt, La Réunion a importé plus de 621 000 tonnes de produits agroalimentaires (+5,7% par rapport à 2008) pour un taux d'exportation de 219 000 tonnes. Dans les détails, les principaux produits importés sont les viandes et abats (96 millions d'euros), les boissons (80 millions d'euros), les produits laitiers (71 millions d'euros) et les céréales (66 millions d'euros). Les produits exportés sont les sucres et sucreries (80 millions d'euros), les poissons (46 millions d'euros), les boissons (17 millions d'euros) et les fruits (5 millions d'euros).
 

   

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