Internet - Réseaux sociaux :

Facebook, entre fascination et suspicion


Publié / Actualisé
"The social network" est sorti le 13 octobre dernier sur les écrans de cinéma réunionnais. Le film retrace la naissance du célèbre réseau social, Facebook. Une histoire qui fascine déjà les Américains où le film est en tête du box-office depuis sa sortie. La France ne devrait pas échapper à la tendance. En effet, selon facebakers.com, la France compte plus de 19 millions de comptes Facebook, soit le 5ème pays en nombre de comptes créés, loin derrière les Etats-Unis avec ses plus de 140 millions de comptes. Le seuil des 500 millions d'utilisateurs partout dans le monde vient d'être atteint. A La Réunion, on recense près de 200 000 comptes, toujours selon le site Facebakers.com. La preuve d'un réel engouement des Réunionnais pour cet outil qui éveille à la fois fascination et suspicion.
"The social network" est sorti le 13 octobre dernier sur les écrans de cinéma réunionnais. Le film retrace la naissance du célèbre réseau social, Facebook. Une histoire qui fascine déjà les Américains où le film est en tête du box-office depuis sa sortie. La France ne devrait pas échapper à la tendance. En effet, selon facebakers.com, la France compte plus de 19 millions de comptes Facebook, soit le 5ème pays en nombre de comptes créés, loin derrière les Etats-Unis avec ses plus de 140 millions de comptes. Le seuil des 500 millions d'utilisateurs partout dans le monde vient d'être atteint. A La Réunion, on recense près de 200 000 comptes, toujours selon le site Facebakers.com. La preuve d'un réel engouement des Réunionnais pour cet outil qui éveille à la fois fascination et suspicion.
Le chiffre de 200 000 comptes Facebook est à prendre avec précaution, selon Alan Chakri, webmaster de la Petite Gazette. "On ne connaît pas réellement la méthodologie de recensement du site Facebakers.com", signale t-il. De plus, certains comptes sont des "doublons" puisqu'une même personne peut en posséder plusieurs. "J'ai un compte personnel et un compte professionnel par exemple", souligne Alan Chakri. "Mais cela reste marginal", ajoute t-il. Le professionnel du net estime qu'il doit exister 150 000 à 170 000 comptes uniques. Cela représente près de 25% de la population de l'île et près de la moitié des Réunionnais ayant un abonnement internet (48% des habitants ont un abonnement internet selon la dernière étude Ipsos - Tic Track).

Principales activités des utilisateurs du site, la discussion entre amis, le partage de photos, de vidéos et de liens internet ainsi que l'utilisation des jeux et des modules proposés par le site. Les professionnels réunionnais ont quant à eux du mal à s'implanter dans cet univers. La faute à un "manque de connaissance de l'outil". "Animer un réseau social demande un certain savoir-faire. Des entreprises créent un compte Facebook mais ne savent pas comment l'utiliser. Elles jugent alors que ce n'est pas rentable et abandonnent. Il y a une vraie pratique professionnelle à adopter", commente le webmaster de la Petite Gazette. "Mais les choses ont tendance à évoluer. De plus en plus d'entreprises font confiance aux réseaux sociaux comme Facebook et Twitter. Mais cela reste au stade des balbutiements à La Réunion", nuance Alan Chakri.

Des personnalités réunionnaises s'intéressent aussi de plus en plus à Facebook. Des chanteurs comme Dominique Barré, Olivier Araste de Lindigo ou encore Iza. Des hommes politiques comme Didier Robert, Nassimah Dindar ou Pierre Vergès. Mais aussi des représentants du monde économique et social comme Eric Magamootoo, François Caillé ou Patrick Savatier. Pour eux, c'est un moyen de communiquer avec les Réunionnais. Ainsi, Olivier Araste y fait la promotion de son concert avec Kaf Malbar, le 16 octobre prochain. Patrick Savatier commente l'actualité et annonce les actions de son association, Momon Papa Lé La. Pierre Vergès publie sur sa page les articles écrits sur son blog. On se souvient aussi de Nassimah Dindar qui avait commenté sur le réseau social l'arrestation "musclée" de son fils, Abdul Hack Juan le 13 août dernier.

"L'engouement pour Facebook se fait au détriment de certains supports traditionnels comme les forums et les chats qui sont peu à peu désertés", note Alan Chakri. Les bloggeurs sont aussi nombreux à fermer leur blog au profit du premier réseau social mondial. "C'est un réseau qui est de plus en plus tentaculaire. Ça fait peur. Il ne faudrait pas qu'internet ne se résume qu'à Facebook", lâche le webmaster.

Malgré ce succès croissant de Facebook sur l'île, la méfiance est de rigueur. D'abord de la part des parents des jeunes adolescents. "On ne sait pas forcément ce que font nos enfants, avec qui ils discutent et les documents qui leur sont envoyés", indique un parent d'un jeune utilisateur de Facebook. Et l'affaire "Karim Benzé", du nom d'un contact Facebook qui avait envoyé une photo à caractère sexuel à une jeune Réunionnaise de 14 ans, n'a fait qu'amplifier la méfiance des parents à l'encontre de cet outil. La question de l'addiction est aussi mise en avant par certaines personnes.

Mais le principal reproche fait à Facebook est sa lacune en matière de protection de la vie privée. Le réseau social est souvent dépeint comme un outil abolissant les frontières entre vie privée et vie publique. Amis, collègues et parfois même recruteurs peuvent consulter la page Facebook d'une personne qui n'aurait pas configuré la confidentialité de son compte. Selon un sondage réalisé en 2009, 35% des entreprises auraient rejeté des candidatures à cause d'informations trouvées sur les réseaux sociaux. On ne compte plus aussi les cas de licenciement d'un salarié qui aurait insulté son employeur sur sa page Facebook. Autre anecdote récente, un jeune homme a été condamné à 3 mois de prison ferme et à une amende de 1 200 euros pour avoir insulté des gendarmes sur le réseau. Les militaires sont tombés sur ces insultes plusieurs mois après les faits et ont décidé de porter plainte.

Il ne faut pas oublier le mercantilisme des données personnelles. il permet à l'entreprise Facebook de proposer aux annonceurs de cibler leurs publicités selon le profil des utilisateurs. Ce qui vaut à Mark Zuckerberg, fondateur du réseau social, d'être copieusement critiqué. "Tout est stocké quelque part aux Etats-Unis et on ne sait pas vraiment qui accède à nos données", constate Alan Chakri qui dit "utiliser le moins possible" son compte personnel. Et le film "the social network" ne risque pas d'améliorer l'image de Facebook auprès des utilisateurs. Mark Zuckerberg y est dépeint comme "un informaticien génial, mais dénué de tout scrupule, froid, calculateur, prêt à tout pour occuper seul le devant de la scène", selon les termes utilisés dans "Les Echos". Malgré tout, le réseau Facebook est en plein expansion, que se soit à La Réunion ou dans le monde. Et Mark Zuckerberg ne cache pas ses ambitions. Il affirme que le chiffre d'un milliard d'utilisateurs est un objectif atteignable.

Mounice Najafaly pour
   

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