Suspension des greffes rénales à La Réunion :

Reprise d'activité "d'ici le premier semestre 2011"


Publié / Actualisé
Initialement prévue pour le 1er janvier 2011, l'activité greffe rénale ne devrait reprendre que "d'ici le premier semestre 2011". C'est l'annonce faite par Chantal de Singly, directrice régionale de l'Agence régionale de santé, lors d'une conférence de presse organisée ce mercredi 10 novembre 2010. Cette décision fait suite à la réunion d'un comité de pilotage, ce mardi 9 novembre, durant laquelle les premières mesures ont été prises pour améliorer le processus de greffe rénale au centre hospitalier Félix Guyon. Pour rappel, l'activité est suspendue depuis début septembre suite à deux décès suspects survenus en avril et en juillet. Une inspection avait alors été diligentée.
Initialement prévue pour le 1er janvier 2011, l'activité greffe rénale ne devrait reprendre que "d'ici le premier semestre 2011". C'est l'annonce faite par Chantal de Singly, directrice régionale de l'Agence régionale de santé, lors d'une conférence de presse organisée ce mercredi 10 novembre 2010. Cette décision fait suite à la réunion d'un comité de pilotage, ce mardi 9 novembre, durant laquelle les premières mesures ont été prises pour améliorer le processus de greffe rénale au centre hospitalier Félix Guyon. Pour rappel, l'activité est suspendue depuis début septembre suite à deux décès suspects survenus en avril et en juillet. Une inspection avait alors été diligentée.
Un rapport d'inspection, complété par les remarques du personnel hospitalier, a été rendu à l'Agence régionale de santé. Ce document met en exergue "plusieurs anomalies concernant l'organisation de la filière de greffe rénale. Elles ont directement ou indirectement contribué à ces décès", note le docteur Dominique Polycarpe, médecin inspecteur de santé.

Le rapport pointe d'abord du doigt "des retards pour l'admission des personnes qui vont être greffées". Un retard qui s'explique par un manque d'organisation au niveau du bloc opératoire. "L'activité greffe rénale est une activité complexe qui nécessite une excellente coordination de tous les intervenants, chirurgiens, anesthésistes, néphrologues, infirmiers", indique Dominique Polycarpe. "Il existe un protocole qui est établi et qui doit être validé par tous. Mais nous avons constaté des manquements. Ce protocole n'est pas validé par l'ensemble des intervenants et il n'est pas diffusé à l'ensemble du personnel soignant", souligne le professionnel de santé.

L'enquête des services sanitaires a aussi mis en lumière "une qualification insuffisante de certains intervenants", notamment des chirurgiens - urologues. En effet, pour pouvoir pratiquer des greffes rénales, un chirurgien doit exercer 4 années au sein d'une équipe. Ce qui n'est pas le cas d'un praticien qui opérait au CHR Félix Guyon. "Ce dernier a été évincé de l'activité greffe rénale", précise Chantal de Singly.

L'ARS remarque aussi "un encadrement médical insuffisant" concernant la surveillance post opératoire, notamment "un manque de médecin anesthésiste sénior" durant cette phase. Le dernier point concerne la "gestion des risques" au sein de l'établissement hospitalier. La règle exige que "tout événement indésirable ou grave" soit déclaré. Ce qui n'est pas systématique au CHR.

C'est sur la base de toutes ces données qu'un comité de pilotage réunissant l'ARS, le CHR, l'agence de biomédecine et l'agence nationale d'amélioration de la performance s'est réuni ce mardi 9 novembre. L'objectif de ce comité est "d'accompagner le centre hospitalier en travaillant sur son organisation". "L'hôpital Félix Guyon est un établissement reconnu. On a les moyens de relancer l'activité greffe rénale. Les événements qui sont survenus ne doivent pas faire douter des capacités de l'hôpital à continuer", insiste Chantal de Singly.

Plusieurs préconisations ont été faites lors de cette première réunion. D'abord, le nombre de chirurgiens greffeurs sera renforcé "le plus rapidement possible" dans le cadre d'une coopération entre le CHR et la clinique Sainte-Clotilde. "Plusieurs praticiens seront intégrés dans la liste d'astreinte", indique la directrice régionale de l'ARS. Parallèlement, un poste de chirurgien à temps plein sera ouvert "dans les jours qui viennent". L'Agence régionale de santé prévoit également de renforcer l'équipe de néphrologues.

Par ailleurs, l'activité greffe rénale se fera désormais au bloc de chirurgie cardiaque qui bénéficie d'une salle de soin intensif. "L'organisation y est plus adaptée pour une prise en charge difficile telle qu'une greffe rénale", indique Chantal de Singly. Là encore, des recrutements d'anesthésistes et d'infirmiers anesthésistes sont prévus pour permettre à la salle de surveillance de fonctionner le week-end également. Enfin, les services de santé vont étudier le protocole en place et le diffuser.

La mise en ?uvre de l'ensemble de ces mesures "devrait se faire dans un délai court", mais pas assez rapidement pour permettre une reprise de l'activité greffe rénale au 1er janvier 2011, comme prévu initialement. "Nous pouvons estimer que l'activité pourrait reprendre durant le 1er semestre 2011", annonce la représentante de l'ARS.

Mounice Najafaly pour
   

Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !