Esclaves oubliés de Tromelin :

De nouvelles découvertes archéologiques


Publié / Actualisé
La troisième mission de recherche archéologique sur "les esclaves oubliés de Tromelin" dirigée par le Groupe de recherche en archéologie navale (GRAN) vient de se terminer après un mois de fouille (8 novembre - 10 décembre 2010). Les résultats de cette campagne ont été présentés par Max Guérout, chef de la mission.
La troisième mission de recherche archéologique sur "les esclaves oubliés de Tromelin" dirigée par le Groupe de recherche en archéologie navale (GRAN) vient de se terminer après un mois de fouille (8 novembre - 10 décembre 2010). Les résultats de cette campagne ont été présentés par Max Guérout, chef de la mission.
Après les deux missions précédentes, l'une en 2006 et l'autre en 2008 qui ont permis de dégager trois bâtiments construits par les naufragés, deux squelettes et un grand nombre d'objet ; la mission 2010 avait pour objectif d'essayer de mieux comprendre à la fois l'occupation de l'espace par les naufragés, leur organisation pratique et sociale, ainsi que la découverte de tombes observées en 1851 à proximité des bâtiments érigés par les naufragés.

Alors que les résultats obtenus en 2008 faisaient penser que l'essentiel de l'habitat des esclaves avait été découvert, trois nouveaux bâtiments ont été mis au jour et les amorces des murs d'au moins trois autres décelés. Ces découvertes complétées par des sondages périphériques, ont amené les archéologues à réévaluer l'espace occupé par les naufragés, bâtiments et périphérie, évalué à environ 1800 m².

Une autre observation importante a été la mise en évidence de profonds remaniements dans les bâtiments construits, ils attestent une gestion raisonnée par les naufragés de leur espace de vie. Les causes initiales de ces remaniements ne sont pas connues, mais sont sans doute à mettre en rapport avec des évènements climatiques violents qui auraient pu détruire tout ou partie de certains bâtiments. Une analyse fine de la stratigraphie sur tout le site a également permis de déterminer l'ordre de construction des bâtiments.

Parmi les nombreux objets mis au jour, plusieurs outils : trépied, marteau, grattoir, et surtout deux briquets ont été mis au jour. Cette dernière découverte ainsi que la mise au jour de trois fragments de pierre à feu, apporte un élément de réponse à l'importante question de savoir comment, selon les déclarations de rescapés, les naufragés avaient maintenu le feu pendant 15 ans.

Dernière sensation de cette mission, il est apparu que le troisième bâtiment découvert n'avait selon toute évidence pas été construit par les naufragés de l'Utile, mais après leur départ et avant l'installation de la station météo en 1954. Pour l'instant le mystère reste entier, s'agit-il d'un naufrage non identifié ou bien un abri construit par les bénéficiaires de concessions d'exploitation du guano délivrée par l'île Maurice ?
   

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