Santé - Médicaments :

Comment (et pourquoi) remplacer le Di-Antalvic?


Publié / Actualisé
Depuis le 1er mars 2011, les pharmaciens ne peuvent plus vendre de Di-Antalvic, ni de médicaments anti-douleur à base de dextropropoxyphène. La molécule a été interdite suite à une circulaire européenne de juin 2009 qui demande à tous les Etats de l'Union de la retirer du marché.
Depuis le 1er mars 2011, les pharmaciens ne peuvent plus vendre de Di-Antalvic, ni de médicaments anti-douleur à base de dextropropoxyphène. La molécule a été interdite suite à une circulaire européenne de juin 2009 qui demande à tous les Etats de l'Union de la retirer du marché.
Le Di-Antalvic et autres Propofan à base de dextropropoxyphène n'ont plus droit de cité dans les pharmacies françaises et réunionnaises depuis le 1er mars 2011. C'est une circulaire européenne de juin 2009, décidée suite à des décès constatés notamment en Angleterre et en Suède, qui est à l'origine de cette décision à l'encontre de ce médicament qui traite les douleurs d'intensité modérée à sévère .

A la Réunion, comme en Métropole, les pharmaciens n'approuvent tous pas ce retrait pour bénéfice insuffisant face au risque de décès en cas de surdosage. " Ce médicament en tant que tel, ne pose pas un gros problème. Il s'agit d'une demande de l'Europe, pas de la France ", explique Christophe Marchetti, président de l'union nationale des pharmaciens de France à la Réunion.

" Professionnellement parlant, ce n'est pas justifié de l'enlever du marché. Mais des mésusages observés dans certains pays européens ont déstabilisé l'image de la molécule ", poursuit-il. En Angleterre, on impute au dextropropoxyphène 300 à 400 décès, souvent dus à des surdosages volontaires.

Avec huit millions de personnes prenant régulièrement du Di-Antalvic, le marché français représente 95% de la consommation européenne. Le nombre de décès dus à un surdosage est de 65 par an, dont 90% seraient des suicides.

Car en France, la surconsommation de Di-Antalvic est rendue difficile, voire impossible par un système de prescription qui n'est forcément à l'oeuvre dans d'autres pays. Sur le territoire français, impossible de se voir délivrer du Di-Antalvic ou équivalent sans l'ordonnance d'un médecin.

Pour le docteur Philippe de Chazournes, président de UG Réunion, " les gens le demandent beaucoup. C'est une bonne chose de communiquer sur son retrait, ils mettront moins de pression ", dit-il. Selon lui, le Di-Antalvic est " facilement remplaçable " par des médicaments moins chers à base de codéine ou de paracétamol " qui marchent aussi bien ".

S'il ne pourrait donner le nombre de Réunionnais traités avec la molécule ou le nombre de boites écoulées cette année, Christophe Marchetti affirme que les ventes de Di-Antalvic, ont été divisées par 5 en 2010. Depuis l'adoption de la circulaire, les patients traités avec la molécule ont progressivement été basculés vers d'autres traitements.

Par ailleurs, " il y a un souci. On retire le Di-Antalvic mais il va y avoir des débordements sur d'autres médicaments ", explique le pharmacien. Et selon lui, le problème concerne aussi les déremboursements et la mise sous surveillance renforcée de 77 médicaments et 12 familles de produits. "  On nous dérembourse, on nous supprime des produits... Nous avons de moins en moins de médicaments pour travailler correctement ", conclut-il.

Marine Veith
   

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