L'Alliance critique le projet régional :

"Une route du littoral à 2,3 milliards d'euros minimum"


Publié / Actualisé
L'assemblée plénière du conseil régional se réunit ce jeudi 28 avril 2011. A l'ordre du jour, la prise de participation de la Région au capital de la future société aéroportuaire et le projet de nouvelle route du littoral sécurisée. C'est sur ce dernier point que les élus de l'Alliance se sont attardés ce mercredi 27 avril, lors d'une conférence de presse. Alors que la majorité régionale estime le coût de cette nouvelle route du littoral à 1,6 milliard d'euros, l'Alliance avance le chiffre de 2,3 milliards d'euros "minimum". "Ce sera un gouffre financier", martèle Philippe Berne, ancien conseiller régional en charge du projet de route du littoral sous l'ancienne mandature.
L'assemblée plénière du conseil régional se réunit ce jeudi 28 avril 2011. A l'ordre du jour, la prise de participation de la Région au capital de la future société aéroportuaire et le projet de nouvelle route du littoral sécurisée. C'est sur ce dernier point que les élus de l'Alliance se sont attardés ce mercredi 27 avril, lors d'une conférence de presse. Alors que la majorité régionale estime le coût de cette nouvelle route du littoral à 1,6 milliard d'euros, l'Alliance avance le chiffre de 2,3 milliards d'euros "minimum". "Ce sera un gouffre financier", martèle Philippe Berne, ancien conseiller régional en charge du projet de route du littoral sous l'ancienne mandature.
Le nouveau projet de route du littoral voulu par la Région prévoit une 6 voies gratuite sur digue et viaduc dont deux voies réservées aux transports en commun sur site propres (TCSP). Cette route devrait également intégrer la possibilité de mettre en place une voie ferroviaire. Son coût est évalué à 1,6 milliard d'euros.

"Ce projet est absurde", lance Philippe Berne. Sans vouloir contester "la nécessité de mettre en place une route sécurisée", l'ancien élu doute de la faisabilité de ce "projet pharaonique", dans le respect du coût annoncé et compte tenu des ses contraintes techniques.

Concernant le coût annoncé, 1,6 milliard d'euros, les conseillers régionaux de l'Alliance se disent persuadés qu' "il y aura des surcoûts". "On ne peut pas mettre de côté les effets de l'inflation. Le prix des matières premières va augmenter. Le prix du pétrole va augmenter. Le montant annoncé aujourd'hui ne sera pas le même que demain", souligne Philippe Jean-Pierre. Selon Philippe Berne, le coût du projet de nouvelle route du littoral atteindra 2,3 milliards d'euros "minimum".

"Il faut ensuite ajouter le coût des aménagements aux entrées des villes", indique Philippe Berne qui évalue ce montant à "au moins 400 millions d'euros". "Au total, la route du littoral coûtera près de 3 milliards d'euros, soit davantage que les projets tram-train et ancienne route du littoral réunis. Le tout, pour seulement 12 kilomètres", fustige l'ancien conseiller régional.

Les membres de l'Alliance critiquent également le projet compte tenu des contraintes techniques. D'abord, la nouvelle route à 6 voies ne prévoit pas de piste cyclable et de bandes d'arrêt d'urgence. "En cas d'accident ou de panne, cela pourrait provoquer d'importantes perturbations", signale Philippe Jean-Pierre. Philippe Berne évoque aussi la problématique de l'aménagement des entrées de villes. "On nous propose de valider un projet alors qu'il reste de nombreuses interrogations. Il y a un manque évident de visibilité", juge Philippe Jean-Pierre.

Les représentants de l'Alliance évoquent aussi la question des matériaux nécessaires pour construire cette nouvelle route. "Où va-t-on trouver les matériaux ?", s'interroge Philippe Berne. Quant à la sécurité de l'infrastructure, "les exigences sont plus importantes pour une 6 voies par rapport à une 4 voies", affirme l'ancien élu. Sur un plan environnemental, il estime que le Banc des Lataniers "ne survivra pas" au projet.

Quel sera le vote des élus de l'Alliance lors de l'assemblée plénière de ce jeudi ? Les conseillers régionaux refusent de s'avancer. "Nous attendons de voir si nous aurons les réponses à nos nombreuses interrogations. Mais en l'état actuel des connaissances, il est hors de question de cautionner ce projet", expliquent-ils.

Mounice Najafaly pour
   

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