Constructions illégales :

La maison d'un agriculteur menacée de démolition


Publié / Actualisé
Le président de la chambre d'agriculture, Jean-Yves Minatchy, se positionne farouchement contre la menace de démolition de la maison d'un agriculteur de Saint-Joseph construite sur un terrain agricole, lundi 2 mai 2011. Mais les services de l'Etat estiment que cette décision est " irrévocable ".
Le président de la chambre d'agriculture, Jean-Yves Minatchy, se positionne farouchement contre la menace de démolition de la maison d'un agriculteur de Saint-Joseph construite sur un terrain agricole, lundi 2 mai 2011. Mais les services de l'Etat estiment que cette décision est " irrévocable ".
Johan Ala Guirissamy Carpaye devra démolir sa maison située sur la commune de Saint-Joseph ou les services de l'état le feront. C'est en substance la menace de la sous-préfecture de Saint-Pierre à l'encontre de cet agriculteur qui a construit une maison de 140 m2 sur son terrain à vocation agricole. Lundi 2 mai, le président de la chambre d'agriculture, Jean-Yves Minatchy dénonce une décision " révoltante ".

" On lui délivre un permis pour construire un hangar agricole avec l'eau courante mais on lui refuse la construction de son habitation, ce n'est pas normal ", indique le président de la chambre d'agriculture. Selon lui, cet agriculteur paie sa taxe d'habitation et sa taxe foncière et a déjà payé une amende.

Il demande que soit prise en compte une spécificité réunionnaise selon laquelle plus de 30% des agriculteurs locaux n'habitent pas sur leur exploitation, contre seulement 5% en métropole. " Il faut que les responsables nous expliquent pourquoi on construit des routes et on laisse construire des stations services sur des terrains agricoles ", poursuit-il. Il évoque le cas de la route des Tamarins qui, selon lui, serait bâtie en zone initialement dédiée à l'agriculture.

En 2007, cet agriculteur de Saint-Joseph a construit une maison à usage d'habitation sur une parcelle agricole en zone de protection forte, selon la sous-préfecture de Saint-Pierre. En 2008, une procédure judiciaire l'a condamné à une amende et à l'obligation de démolir cette maison. Au mois d'octobre 2010, cet agriculteur obtient un permis pour la construction d'un hangar agricole.

" Tout a montré qu'il s'agissait d'une maison et non d'un hangar ", indique Michel Esterlingot, secrétaire général de la sous-préfecture de Saint-Pierre. Selon lui, " le tentative de régulariser la situation n'a pas abouti " et la chambre d'agriculture " a été informée de l'irrévocabilité de la décision ". La dernière démolition de ce type remonte à 2008.

Marine Veith pour
   

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