Journée mondiale du diabète :

Attention au diabète gestationnel


Publié / Actualisé
La journée mondiale du diabète se déroule ce lundi 14 novembre 2011. L'occasion de mieux faire connaître la maladie, mais aussi de parler du diabète gestationnel, c'est-à-dire celui qui se développe au cours de la grossesse. Si on a tendance à penser que les femmes enceintes peuvent se permettre tous les petits plaisirs gourmands du fait des fameuses envies maternelles, les futures mamans doivent au contraire faire attention à leur alimentation, notamment lorsqu'elles sont prédisposées au diabète.
La journée mondiale du diabète se déroule ce lundi 14 novembre 2011. L'occasion de mieux faire connaître la maladie, mais aussi de parler du diabète gestationnel, c'est-à-dire celui qui se développe au cours de la grossesse. Si on a tendance à penser que les femmes enceintes peuvent se permettre tous les petits plaisirs gourmands du fait des fameuses envies maternelles, les futures mamans doivent au contraire faire attention à leur alimentation, notamment lorsqu'elles sont prédisposées au diabète.
Au cours de la grossesse, n'importe quelle femme peut être atteinte par un diabète gestationnel. Pour sa première grossesse, Karima, jeune maman de 26 ans, en a fait l'expérience. "C'était en 2010. Au cours du sixième mois, on m'a fait passer un test de glycémie d'une durée d'une heure. Il s'agissait d'ingurgiter 50g de glucose et de voir à quelle vitesse le taux de sucre s'éliminait dans le sang. Le résultat n'était pas catastrophique, mais il dépassait légèrement la norme. Le mois suivant, il a fallu passer un autre test, cette fois de trois heures, et il fallait boire 100g de glucose. C'est à ce moment-là qu'on m'a dit que j'avais le diabète gestationnel", explique-t-elle.

La jeune femme a ensuite été redirigée vers un diabétologue. "Elle m'a expliqué que mon pancréas fonctionnait mal pour deux", indique-t-elle. Conséquence : une mise au régime en cohésion avec les conseils d'un diététicien. "C'était difficile au départ d'accepter l'idée qu'il faut se restreindre alors qu'en général, on dit aux femmes enceintes qu'elles doivent manger pour deux et satisfaire leurs envies", avoue-t-elle. "En plus, c'était juste avant la période des fêtes de fin d'année. Dans les allées des supermarchés, on ne voyait que les chocolats et les bûches, et sur les étals, les letchis s'exposaient, tandis que moi je devais me priver. C'était un peu rageant, mais je m'y suis habituée", explique-t-elle.

A cela, s'ajoute une auto-surveillance glycémique. "Durant une semaine, j'ai dû me piquer quatre fois par jour. La première, le matin à jeun. Les autres, deux heures après chaque repas, pour contrôler mon taux de sucre dans le sang. Heureusement, avec le régime, la situation s'est stabilisée, le diabète était sous contrôle et mon taux ne dépassait pas le taux normal. La fin de grossesse s'est donc plutôt bien passée", raconte Karima.

Ce n'est pas le cas de toutes les mamans. "Pour certaines, quand l'alimentation ne suffit pas à stabiliser le taux de sucre dans le sang, il faut passer à l'insuline, parce que les comprimés anti-diabétiques sont contre-indiqués durant la grossesse", précise le Dr Marie-Claude Boyer, diabétologue au centre hospitalier régional Félix Guyon à Saint-Denis. "Il faut bien faire attention au diabète gestationnel car, avec cette maladie, la femme et le bébé sont exposés à des risques. Il peut y avoir des complications durant l'accouchement car la maman risque de donner naissance à un bébé de plus de 4 kgs. Le bébé peut aussi avoir des problèmes cardio-vasculaires", indique la diabétologue.

Le meilleur moyen pour éviter d'en arriver là réside dans la prévention du diabète gestationnel et dans le suivi de la femme enceinte. "Depuis le début de l'année 2011, les test de dépistage du diabète gestationnel ne se fait plus au cours du sixième mois de grossesse. On fait un diagnostic beaucoup plus précoce, dès la première prise de sang importante après l'arrêt des règles. On doit faire une glycémie à jeun pour détecter le plus tôt possible le diabète gestationnel", annonce le Dr Boyer. Si ce taux ne dépasse pas 0,92 gramme par litre de sang, la femme ne sera certainement pas exposée à un diabète au cours de sa grossesse, mais elle devra quand même être soumise à une hyperglycémie provoquée entre la 24e et la 28e semaine de grossesse pour une vérification. Les autres seront forcément suivies de plus près.

A noter qu'une femme qui a le diabète lors d'une grossesse, sera encore exposée au cours des prochaines grossesses. Le dépistage en début de grossesse vise à une meilleure prise en charge des femmes à risque. "Avoir une hérédité diabétogène, être en excès de poids, avoir de l'hypertension, ou avoir déjà accouché d'un enfant de plus de 4 kgs, entraînent un plus grand risque pour la femme, mais ces conditions ne sont pas obligatoires pour être exposée au diabète gestationnel", précise toutefois le Dr Boyer.

Dans la plupart des cas, c'est un diabète de type 2 qui touche les femmes enceintes. Il disparaît à l'accouchement. Le bébé est surveillé à la naissance pour vérifier qu'il n'est pas en hypo-glycémie. Les mamans devront, elles, continuer à suivre une bonne hygiène alimentaire et pratiquer une activité sportive car elles sont exposées au diabète au cours de leur existence.

Enfin, pour toutes les mamans qui désirent des conseils et des renseignements sur le diabète, se rendre sur le site www.mamansdiabetiques.com.

Samia Omarjee pour
   

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