Carburants :

Solidaires Réunion a saisi l'autorité de la concurrence


Publié / Actualisé
Alors que les négociations pour définir la liste de produits du "bouclier qualité-prix" démarrent la semaine prochaine, Solidaires Réunion a saisi l'autorité de la concurrence sur la question de l'importation, du transport des carburants à La Réunion et du lien entre l'activité de grossiste des pétroliers et celle de détaillant des locataires gérants. Pour l'organisation syndicale, supprimer ou limiter ces trois situations qui, dit-elle, "augmentent de manière non justifiée le prix du carburant", est "de nature à améliorer le pouvoir d'achat des Réunionnais et des petites entreprises". Nous publions ci-dessous le communiqué.
Alors que les négociations pour définir la liste de produits du "bouclier qualité-prix" démarrent la semaine prochaine, Solidaires Réunion a saisi l'autorité de la concurrence sur la question de l'importation, du transport des carburants à La Réunion et du lien entre l'activité de grossiste des pétroliers et celle de détaillant des locataires gérants. Pour l'organisation syndicale, supprimer ou limiter ces trois situations qui, dit-elle, "augmentent de manière non justifiée le prix du carburant", est "de nature à améliorer le pouvoir d'achat des Réunionnais et des petites entreprises". Nous publions ci-dessous le communiqué.

"Dans quelques jours vont commencer les négociations pour aboutir à une nouvelle liste de produits a prix modéré appelé "Bouclier qualité prix". Cette nouvelle liste s'inscrit dans le sillage des listes COSPAR et Solidaires qui n'ont été depuis 2009 qu'une réponse à l'urgence. Aujourd'hui, la population est dans l'attente d'une vraie réponse à la problématique de la vie chère. L'impact de la vie chère sur le pouvoir d'achat des ménages ne concerne pas uniquement une centaine de produits alimentaires mais tous les secteurs delà vie: logement, télécommunication, transport, santé, habillement, etc...

Ce sont des mesures capables d'apporter une réponse à cette problématique plus large qui seraient de nature à répondre à ces attentes. Dans ce contexte et pour clore son travail sur le sujet du carburant, Solidaires a saisi il y a quelques jours l'autorité de la concurrence (puisque l'OPR n'a pas souhaité le faire) sur trois points.

1 - Importation et Trading : mutualisation et optimisation des coûts au seul profit des pétroliers.

Depuis 2010 le coût d'achat des carburants est défini par la moyenne des cours du marché sur 15 jours. Dans la mesure où les achats des pétroliers sont faits par un appel d'offres mutualisé pour un an, la totalité des bénéfices tirés de cet achat groupé bénéficie exclusivement aux importateurs et aucunement aux consommateurs.

Solidaires Réunion pense qu'aucun acheteur ne paie le même prix lorsqu'il achète au coup par coup (cotation au jour le jour) et lorsqu'il négocie un volume global sur une "longue" durée par appel d'offres. Solidaires Réunion a donc sollicité l'Autorité de la concurrence pour retenir une définition du prix d'achat des carburants plus proche du prix réellement payé afin de répartir équitablement les gains de cette mutualisation entre les importateurs et les consommateurs.

2 - Transport du carburant de Singapour à La Réunion:

Cette activité est effectuée par un tanker (le Tamarin) exclusivement affrété pour la Réunion, acquis en 2008 et exploité dans le cadre de la défiscalisation Outre-mer. Leurs rémunérations, en particulier celles des investisseurs (banquiers) et locataires (pétroliers) ont été établies sur la base d'un retour sur investissement estimé a une quinzaine d'années alors que la durée "normale" d'utilisation de ce type de bateau est d'environ 30 ans. La facture pour le consommateur est donc très supérieure au prix du marché "Spot". Solidaires réitère la demande faite au grand débat de revoir a la baisse le contrat actuel qui expirera en 2013.

3 - Lien entre activité de grossiste des pétroliers et celle de détaillant des locataires gérants :

Sur les 148 stations services réparties sur le territoire, 109 appartiennent aux pétroliers. L'analyse de quelques contrats de location gérance faite par Solidaires Réunion a permis de déceler une situation de position de dépendance économique, qui a priori est interdite et sanctionnée par la loi. Les pétroliers ont ainsi un droit de vie et de mort sur leurs locataires gérants qui veulent vivre. Pour reprendre les mots du représentant des gérants des stations : "c'est le pot de terre contre le pot de fer". Les pétroliers propriétaires contrôlent toute l'activité commerciale de ses gérants locataires (carburant, boutique, services), et à travers les contrats de location gérance, ils détournent ainsi une partie de la marge brute administrée dévolue à l'activité de distribution. Solidaires Réunion, considère que cette situation qui augmente le niveau de la rémunération des pétroliers pour leur activité de grossiste (qui se cumule avec les autres : importateur, stockiste, embouteillage du gaz, location) n'est pas acceptable.

Pour Solidaires Réunion, l'instauration de règles encadrant l'activité de location gérance pour rétablir un équilibre entre les pétroliers et les distributeurs sous contrat est un impératif dans le cadre d'un secteur règlementé mais cependant très lucratif.

Pour Solidaires Réunion, supprimer ou limiter ces trois situations qui augmentent de manière non justifiée le prix du carburant est de nature à améliorer le pouvoir d'achat des Réunionnais et des petites entreprises".

   

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