Moustiques :

Dengue et chikungunya : un nouveau vecteur potentiel découvert à Mayotte


Publié / Actualisé
Des chercheurs de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et de l'Agence régionale de santé océan Indien (ARS OI) ont identifié une nouvelle espèce de moustique à Mayotte, qui pourrait être un vecteur de la dengue et du chikungunya jusque-là inconnu. Nommé Stegomyia pia par les scientifiques, il appartient en effet au groupe d'espèces qui transmettent ces virus, tout comme le moustique tigre.
Des chercheurs de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et de l'Agence régionale de santé océan Indien (ARS OI) ont identifié une nouvelle espèce de moustique à Mayotte, qui pourrait être un vecteur de la dengue et du chikungunya jusque-là inconnu. Nommé Stegomyia pia par les scientifiques, il appartient en effet au groupe d'espèces qui transmettent ces virus, tout comme le moustique tigre.

On connaissait l’Aedes albopictus, plus célèbre sous le nom de moustique tigre, grand vecteur de la dengue et du chikungunya. Il faudra sans doute désormais compter avec son compère, le Stegomyia pia, découvert tout récemment à Mayotte. Selon l’IRD, cette nouvelle espèce "recèle en effet un potentiel de transmission de graves maladies virales, telles que la dengue ou le chikungunya qui sévissent dans l’océan Indien et le Pacifique".

Début septembre, les chercheurs ont passé au crible l’ensemble de l’île, à la recherche du moindre moustique ou de la moindre larve, afin d’établir l’inventaire complet des espèces mahoraises. Un inventaire plutôt prolifique, puisque "les entomologistes ont mis à jour une diversité considérable d’espèces au regard de la petite taille du territoire (376 km2)", indique l’IRD. C’est ainsi qu’ils ont répertorié quatre espèces de moustiques Stegmoyia, dont une jusque-là inconnue qu’ils ont baptisée Stegomyia pia.

Son corps noir et brillant est orné d’écailles à reflet argenté ou jaune ("pia" signifie "joli" en shimaore, la langue de Mayotte). "Une apparence flatteuse sous laquelle se cache un caractère nuisible...", souligne l’IRD. Car si les scientifiques n’ont pas pu mettre la main sur des Stegomyia pia porteuses de l’un de ces virus et donc démontrer sa capacité vectorielle, "la présomption qui pèse sur cette nouvelle espèce est forte", prévient l’institut.

D’après les chercheurs, cette nouvelle espèce est a priori endémique de Mayotte. Il s’agirait d’une espèce autochtone et non introduite à partir d’une autre région du monde comme son cousin le moustique tigre, originaire d’Asie de l’est. Le Stegomyia pia est par ailleurs relativement abondant, identifié dans 6 % des 420 sites échantillonnés, principalement dans les petites collections d’eau des trous d’arbres et de bambous coupés.

Pour l’IRD et l’ARS OI, cette découverte est surtout une opportunité de "mieux connaître les moustiques à combattre, leurs particularités et leurs habitudes, notamment alimentaires". Elle permettra ainsi de "mieux prévenir le risque de transmission des maladies".

Depuis le début de l’année 2013, 20 cas de dengue ont été détectés à La Réunion, dont 8 confirmés et 12 probables. Mais aucun nouveau cas n’a été signalé depuis le début du mois de juillet.

www.ipreunion.com

   

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