Un rendez-vous émouvant, mais peu convaincant pour les Mahorais :

Bernard Cazeneuve et George Pau-Langevin en visite à Mayotte


Publié / Actualisé
Attendus à La Réunion ce vendredi, Bernard Cazeneuve et George Pau-Langevin se sont redus à Mayotte ce jeudi 19 juin 2014. Le ministre de l'Intérieur et la ministre des Outre-mer sont arrivés à 7h45 à l'aéroport de Pamadzi. Accueillis par Jacques Witkowski, le préfet de Mayotte, les deux membres du gouvernement se sont notamment rendus à la préfecture et au commissariat de Mamoudzou, pour visiter les services de l'immigration et décorer trois fonctionnaires de police. Une visite émouvante, mais peu convaincante pour Samuel Boscher, rédacteur-en-chef de France Mayotte Matin. (photos France Mayotte Matin)
Attendus à La Réunion ce vendredi, Bernard Cazeneuve et George Pau-Langevin se sont redus à Mayotte ce jeudi 19 juin 2014. Le ministre de l'Intérieur et la ministre des Outre-mer sont arrivés à 7h45 à l'aéroport de Pamadzi. Accueillis par Jacques Witkowski, le préfet de Mayotte, les deux membres du gouvernement se sont notamment rendus à la préfecture et au commissariat de Mamoudzou, pour visiter les services de l'immigration et décorer trois fonctionnaires de police. Une visite émouvante, mais peu convaincante pour Samuel Boscher, rédacteur-en-chef de France Mayotte Matin. (photos France Mayotte Matin)

La visite de Bernard Cazeneuve et George Pau-Langevin était inédite à Mayotte. Pour la première fois, deux ministres ont visité le 101ème département français. "Au final, les membres du gouvernement auront ému, parce que touchés par l’accueil qui leur a été réservé, mais leurs mots n’auront été guère convaincants quant à aux mesures d’urgence attendues qui seront visiblement restées dans les tiroirs parisiens", décrit France Mayotte Matin.

Pour Samuel Boscher, rédacteur-en-chef du journal mahorais, l’événement de cette visite ministérielle est la venue de Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur. "Dans l’histoire de la 5ème République, jamais le porteur d’un tel portefeuille n’avait fait le déplacement, qu’il soit d’un gouvernement de droite ou de gauche", écrit-il.

Sur place, le journaliste assure que "le ministre s’est étonné des conditions d’accueil des étrangers." Quelques heures plus tard, lors de son discours, Bernard Cazeneuve annoncera que "les moyens seraient donnés pour que le temps d’attente et les services aux personnes soient améliorés."

Le duo ministériel a ensuite enchaîné les visites, que ce soit à la préfecture de Mamoudzou, au commissariat du chef-lieu ou au centre d’accueil des mineurs isolés. Pour le rédacteur-en-chef de France Mayotte Matin, le point d’orgue de la journée était "sans aucun doute le stop arrêt à la mairie de Mamoudzou où les membres du gouvernement devaient prononcer leurs discours."

Le maire de la ville a expliqué aux ministres les problèmes rencontrés sur le terrain, en matière d’éducation ou d’insécurité. Bernard Cazeneuve n’a fait aucune annonce, "se bornant à rappeler que le plan anti cambriolages avait été mis en place en juin 2013 et que celui-ci avait porté ses fruits", écrit-on à Mayotte.

"Il n’y a donc eu aucune annonce de moyens supplémentaires, que ce soit pour les policiers ou les gendarmes, rien…Pas de ZSP, pas de plan Marshall, rien, juste des mots d’amour pour ce territoire français", précise Samuel Boscher. "Du côté de la salle, derrière la haie d’élus entourant le ministre, les soupirs se sont faits entendre, la déception aussi et les applaudissements de fin auront été bien moins appuyés que ceux de l’entame", ajoute le journaliste.

De son côté, George Pau-Langevin a annoncé que le chantier du document stratégique pour Mayotte était lancé. "Celui-ci devra être produit dans sa totalité ou presque une semaine avant l’arrivée du président de la République François Hollande le 27 juillet prochain", précise le rédacteur-en-chef de France Mayotte Matin pour qui la visite ministérielle aura été assez décevante.

"Le voyage avait quelque chose d’historique, d’émouvant, il aura malheureusement été bien peu convainquant, laissant comme un goût amer, un goût d’inachevé, sans annonces, sans mesures phares de soutien, seulement la possibilité de travailler sur un document d’avenir dont personne ne sait encore s’il aura un jour force de loi", écrit Samuel Boscher.

Pour cette visite éclair dans l’océan Indien, un programme chargé attend ce vendredi les deux ministres à La Réunion.

www.ipreunion.com

   

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