Lutte contre les violences faites aux femmes :

"Les femmes veulent saisir la justice"


Publié / Actualisé
Dans le cadre de la journée internationale pour l'élimination des violences faites aux femmes, une conférence-débat sera organisée à partir de 17 heures dans l'hémicycle du conseil général. Virginie Santoro animera la discussion en racontant son intervention comme juge aux affaires familales en matière de violences conjugales. Pour la juriste, les femmes victimes de violences doivent plus souvent saisir la justice, notamment via les demandes d'ordonnance de protection.
Dans le cadre de la journée internationale pour l'élimination des violences faites aux femmes, une conférence-débat sera organisée à partir de 17 heures dans l'hémicycle du conseil général. Virginie Santoro animera la discussion en racontant son intervention comme juge aux affaires familales en matière de violences conjugales. Pour la juriste, les femmes victimes de violences doivent plus souvent saisir la justice, notamment via les demandes d'ordonnance de protection.

En tant que juge aux affaires familiales, voyez-vous souvent des cas liés aux violences faites aux femmes ?

Moins souvent qu'on ne le pense. On s'aperçoit que les violences, même si elles existent, ne sont pas toujours évoquées. On voit beaucoup de femmes dont devine qu'elles ont été victimes, mais elles font le choix de ne pas forcément en parler. Parfois, pour se séparer et divorcer rapidement, il n'est pas toujours opportun d'évoquer les violences. Mais, c'est un réel phénomène. On le voit notamment à travers l'ordonnance de protection qui est une mesure destinée à protéger les victimes. C'est à travers ces demandes d'ordonnance que les violences intra-familiales sont évoquées, dénoncées et expliquées.

Sans parler de statistiques, combien de victimes rencontrez-vous en moyenne ?

C'est difficile d'identifier globalement le phénomène. Nous sommes trois juges aux affaires familiales à Saint-Denis et nous rendons autour de 120 décisions par mois chacune. Ce sont autant de situations et de couples séparés. Mais nous ne pouvons pas identifier le nombre d'affaires dans lesquelles il y a eu des violences, puisque certains n'en parlent pas. Ce sont plutôt à travers les chiffres de l'ordonnance de protection que le fléau est visible. Depuis 2010, nous avons donné une vingtaine d'ordonnances de protection. En 2014, nous en sommes au double alors que l'année n'est pas encore terminée. On voit que les outils sont mieux connus et que les femmes dénoncent plus ces violences et veulent saisir la justice pour se protéger et protéger ses enfants.

Christiane Taubira a présenté dernièrement les dernières avancées législatives votées il y a quelques mois. Cela vous aide-t-il dans votre travail ?

Tout à fait. La loi d'août 2014 a renforcé le dispositif de l'ordonnance de protection, mais a également annoncé la venue du téléphone grand danger. Il faut savoir que devant le juge aux affaires familiales, nous avons à faire à des femmes qui se séparent notamment de l'auteur de violences. Mais la problématique reste entière face à ces femmes qui n'arrivent pas à se séparer. Cet outil de téléphone grand danger est plutôt destiné à ces femmes qui restent en couple ou aux femmes séparées qui se sentent harcelées et toujours en danger. Dans ce cas, le juge aux affaires familiales ne peut pas forcément répondre à ces problématiques là.

www.ipreunion.com

   

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