Emploi :

Dominique Sorain : "Dans notre île, nous avons besoin des emplois aidés"


Publié / Actualisé
Alors que les chiffres du chômage pour l'année 2014 ont été présentés par l'Insee, le service public de l'emploi régional s'est réuni ce jeudi 18 juin 2015 à la préfecture de La Réunion. L'occasion pour le préfet Dominique Sorain de faire le point sur l'état de l'emploi à La Réunion et des dispositifs d'accompagnement.
Alors que les chiffres du chômage pour l'année 2014 ont été présentés par l'Insee, le service public de l'emploi régional s'est réuni ce jeudi 18 juin 2015 à la préfecture de La Réunion. L'occasion pour le préfet Dominique Sorain de faire le point sur l'état de l'emploi à La Réunion et des dispositifs d'accompagnement.

L'Insee a présenté une étude inédite sur le chômage, quelle est son intérêt ?

L'Insee a développé une nouvelle méthode de comptabilisation du chômage. Cette méthode fait référence aux outils du BIT (Bureau international du travail), c'est un organisme international qui permet la comparaison entre pays. Les DOM sont rentrés dans cette méthode et vont rejoindre de ce fait l'hexagone. On pourra faire des comparaisons à l'intérieur de notre propre pays et avec l'ensemble des autres nations.

Que deviennent les chiffres communiqués par Pôle emploi chaque mois ?

L'étude annuelle de l'Insee est un outil qui ne se substitue pas à l'outil de mesure de l'emploi par Pôle emploi, qui n'est pas statistique mais enregistre les demandes d'emploi. Cela va nous permettre d'avoir des outils plus fins, beaucoup plus homogènes et qui vont nous donner de manière complémentaire une image de la situation sur notre île.

Quelle est-elle ?

Nous sommes toujours confrontés à un chômage massif, situé entre 27 et 29 % selon l'outil enregistré, avec un taux de chômage très important chez les jeunes entre 56 et 58 %. Ce n'est pas le chiffre exact qui compte en la matière, mais la tendance. On constate, même si nous sommes sur des taux très élevés de chômge, que nous avons un arrêt de la dégradation de la situation. Cela ne nous permet pas de crier victoire, le combat pour l'emploi doit continuer, mais il y a un certain nombre d'éléments positifs.

Par exemple ?

Les entreprises du secteur marchand ont créé entre 3500 et 4000 emplois nets par an. Cela montre qu'il y a un secteur marchand dynamique dans l'île. Mais du fait du dynamisme démographique de l'île, qui se traduit tous les ans par l'arrivée de 8 000 à 9 000 jeunes sur le marché de l'emploi, on voit que ce n'est pas suffisant pour combler cette augmentation du chômage. C'est le défi auquel nous sommes toujours confrontés.

Par quels moyens passe la création d'emplois à La Réunion ?

Il faut permettre aux entreprises de créer de l'emploi au travers de dispositifs d'allégement de charges, par exemple avec le crédit impôt compétitivité emploi (CICE) dont le Premier ministre a parlé la semaine dernière. Dans le même temps, compte tenu du chômage persistant, il nous faut accompagner ceux qui sont le plus en difficulté. Qu'il s'agisse des jeunes ou des chômeurs de longue durée, c'est ce que nous avons présenté aujourd'hui.

Quel est l'état de ces mesures d'accompagnement ?

L'année dernière, en 2014, nous avions mobilisé des dispositifs de contrats aidés ou d'insertion : emplois d'avenir, garantie jeune, initiative pour l'emploi des jeunes, contrat d'insertion dans la vie sociale… Au total, cela avait représenté pas loin de 39 000 dispositifs de ce type qui avaient permis à des jeunes - ou des moins jeunes - d'avoir un appui pour ne pas perdre pied socialement et avoir toujours une relation au travail.

Qu'en sera-t-il en 2015 ?

Sur l'année 2015, nous allons aller au-delà pour aller certainement vers les 50 000 possibilités d'emplois aidés ou de dispositifs d'insertion. C'est un effort justifié pour nos compatriotes qui sont dans des situations difficiles. En 2014, cela avait représenté pour l'Etat un budget de près de 240 millions d'euros. C'est indispensable. On critique souvent les emplois aidés : mais ici, dans notre île, nous en avons besoin. J'appelle de nouveau les entreprises, les collectivités et les associations à se mobiliser pour utiliser ces dispositifs avec l'appui de l'Etat. Cela doit être la préoccupation de tous aujourd'hui.

L'année dernière, il y a eu une difficulté à écouler tous ces dispositifs. Êtes-vous confiant pour cette année ?

Je suis confiant. C'est pour cela que nous présentons le dispositif et que nous insistons sur cette mobilisation. Encore plus que l'année dernière.

www.ipreunion.com

   

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