Régionales 2015 :

Jean-Hugues Ratenon : "Ceux qui trichent doivent être en prison et non dans une mairie ou à la Région"


Publié / Actualisé
Candidat déclaré aux prochaines élections régionales, Jean-Hugues Ratenon a présenté plus en détail ses motivations ce lundi 24 août 2015. Pour le représentant de Rezistans'ARCP, la lutte contre la corruption dans l'île doit dominer les débats. C'est d'ailleurs ce qui a motivé le porte-parole de l'Alliance réunionnaise contre la pauvreté à ne pas intégrer les unions politiques, qu'elles soient de gauche ou de droite.
Candidat déclaré aux prochaines élections régionales, Jean-Hugues Ratenon a présenté plus en détail ses motivations ce lundi 24 août 2015. Pour le représentant de Rezistans'ARCP, la lutte contre la corruption dans l'île doit dominer les débats. C'est d'ailleurs ce qui a motivé le porte-parole de l'Alliance réunionnaise contre la pauvreté à ne pas intégrer les unions politiques, qu'elles soient de gauche ou de droite.

Vous avez annoncé votre candidature pour les élections régionales. Que souhaitez-vous proposer aux Réunionnais ?

Il faut absolument avoir une candidature qui dit non à la politique de ce gouvernement. Ce n'est pas ce qu'on voulait pour La Réunion et pour la France. On a sanctionné Sarkozy, mais on a quand même l'impression d'avoir la même politique en face de nous. Au mois de décembre, ma candidature est un moyen de dire : "stop, ça suffit !"

Pourquoi ne pas avoir participé à l'union de la gauche avec Huguette Bello ?

On ne peut pas aujourd'hui être avec des parlementaires qui soutiennent ce gouvernement depuis le début. Ils ont voté presque toutes les lois ou se sont abstenus. S'abstenir, ce n'est pas voter contre, mais c'est se laisser faire. Notre candidature est une alternative qui dit stop à ce gouvernement ou à celui d'avant qui n'a rien fait pour les Réunionnais.

Quelle est votre ligne directrice ?

Il y a à La Réunion un gros problème : la corruption, les abus de pouvoir, les abus de confiance. J'ai transmis un courrier dès le début du mois de juillet au préfet de La Réunion et au palais de justice. J'ai demandé à ce qu'on aille jusqu'au bout. Ceux qui trichent et qui détournent de l'argent doivent être en prison et non dans une mairie ou à la Région. Nous allons être très fermes là-dessus.

Que demandez-vous ?

Nous demandons d'accélérer les enquêtes que ce soit sur la Nouvelle route du littoral, sur Beauséjour, mais je pense aussi à d'autres marchés. J'aimerais aussi qu'il y ait un regard très appuyé sur les délégations des services publics de l'eau. Ce serait bien que la justice mette le nez là-dedans. Il faut faire éclater tous les scandales de corruption à La Réunion.

Pour quel résultat ?

Tous les élus administratifs et autres qui trempent dans la corruption de près ou de loin doivent être en prison. Ceux qui aujourd'hui sont inquiétés par la justice - parce qu'ils ont triché ou parce qu'ils baignent de près ou de loin dans une affaire de corruption - doivent avoir la décence de ne pas se présenter à l'élection régionale. Laissez la population libre. Vous êtes un frein au développement de notre pays.

Est-ce que votre discours contre la corruption - notamment à la Région - est compatible avec les subventions que reçoivent votre association de la part du conseil régional que ce soit venant de la majorité actuelle ou de la précédente ?

Je ne suis ni à vendre ni à acheter. Je l'ai prouvé à plusieurs reprises. Essayer de polémiquer là-dessus revient à dire que M. Didier Robert ne doit pas se présenter contre les candidats de la majorité présidentielle puisqu'il a des dotations de l'Etat versées par le gouvernement socialiste. C'est dire à M. Lebreton de ne pas se présenter contre Didier Robert puisqu'il a des subventions de la Région dans sa collectivité. Ainsi, tous les candidats ne devraient pas se présenter car ils sont financés de loin ou près par l'un ou l'autre.

On vous a tout de même vu à la tribune lors de la manifestation pour la continuité territoriale organisée par la majorité régionale, le 16 octobre 2014.

Je me suis exprimé. J'ai dit que j'étais pour le maintien de la continuité territoriale. Sur ce sujet là, je soutiens la bataille d'où qu'elle vienne. Il s'agit de l'intérêt des Réunionnaises et des Réunionnais. Mais j'ai dit après : lors des élections régionales, votre bilan global n'est pas satisfaisant pour la population réunionnaise. J'ai dit : "Vous avez menti, vous avez trahi la population : je serais en face de vous." Et les gens ont applaudi.

Que reprochez-vous aux différentes unions qui se sont dessinées ?

Il y a une plateforme de la droite pour faire gagner la droite. Il y a une soi disant union de la gauche pour faire gagner la gauche. Ça ne m'intéresse pas que la gauche ou la droite gagne. Ce qui m'intéresse, c'est que la population gagne. C'est pourquoi notre liste a une volonté de créer un rapport de force à La Réunion lors de l'élection régionale.

Qu'en est-il des tractations de votre côté ?

Tout le monde sait qu'il y a des arrangements derrière la cuisine. On ne baigne pas là-dedans. On ne négocie pas au premier tour. Nous allons discuter après les résultats et dire : "voilà ce que pense la population. Maintenant, dans votre programme, prenez en compte cela ou sinon nous allons maintenir notre candidature au second tour." Nous savons qu'il y a un ras-le-bol de la population réunionnaise. Cela se transformera en révolte dans l'urne. Le bulletin de vote sera notre arme le 6 décembre 2015.

Quelles sont les grandes lignes de votre programme ?

Nous allons présenter notre programme en septembre. Notre liste sera dévoilée fin octobre. Aujourd'hui, nous travaillons.

Le débat tourne en ce moment au sujet des déplacements : Didier Robert a proposé un monorail, Thierry Robert un train express et Huguette Bello un tramway. Qu'en est-il de votre côté ?

Chacun veut proposer son train, son rail, son je-ne-sais-quoi. Ce qui est sûr, c'est que nous avons perdu beaucoup de temps à cause d'eux. Aujourd'hui, la population se retrouve dans des embouteillages et cela porte atteinte à leur pouvoir d'achat et à leur cadre de vie. Nous sommes pour le train à La Réunion. Nous sommes pour le rail à La Réunion. Mais allons-nous concerter sur un projet qui répond aux besoins de la population. Comment se fait-il que ces candidats déjà au pouvoir qui ont des budgets n'arrivent pas à nous donner un chiffre ? Ils peuvent payer des bureaux d'étude. Nous n'avons pas cet argent, mais il y a une volonté chez nous de dire qu'il faut absolument mettre le rail à La Réunion. Faisons en sorte que ce train de la classe politique déraille le 6 décembre.

Qu'adviendra-t-il de la Nouvelle route du littoral si vous êtes élu le 14 décembre prochain ?

En 2010, quand Didier Robert supprime le tram-train et remet en cause un certain nombre de projets, quand d'autres élus - notamment M. Annette - remettent en cause le Zénith et d'autres projets, je dis qu'ils gaspillent de l'argent public. J'ai demandé à ce qu'il y ait une loi qui interdise de remettre en cause les projets déjà engagés où il y a déjà eu une déclaration d'utilité publique. A partir du moment où j'ai dit ça, il faut être cohérent avec mes propos. Si on arrête demain la NRL - en prenant compte les autres projets abandonnés - ça voudrait dire que les élus de La Réunion ont balancé par les fenêtres 1 milliard d'euros sur les 6 dernières années. Donc il faudra continuer la Nouvelle route du littoral, mais voir comment apporter des améliorations pour faire baisser son coût. Cela va être une discussion serrée avec les entreprises en place, et nous allons demander à la justice d'aller jusqu'au bout sur les problèmes de corruption. S'ils sont clairement révélés - et nous allons à mon avis dans cette orientation - il faudra demander aux entreprises de rembourser. C'est évident.

www.ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

Arrow, Posté
Il serait temps qu'on traite toutes les affaires de corruption : ce n'est plus l'île de La Réunion ici, c'est Gotham City ;)