Troisième jour de grève à la Poste de Saint-Denis :

Intersyndicale : "la Poste essaie d'essouffler financièrement le mouvement"


Publié / Actualisé
Troisième jour de grève pour les facteurs du centre de Saint-Denis et troisième réunion de négociation prévue ce mercredi 24 février à 10h. Selon les syndicats, 80% du personnel est en grève, ce qui paralyse la distribution du courrier dans l'ensemble du centre-ville, aux Camélias, dans le Bas de La Rivière, la Trinité, Saint-François et le Brûlé. Parmi leurs revendications : l'embauche de personnel, après les suppressions de postes convenues par la nouvelle organisation de distribution du courrier, mais aussi une amélioration des conditions de travail. Pour l'heure, les discussions avec la direction sont au point mort.
Troisième jour de grève pour les facteurs du centre de Saint-Denis et troisième réunion de négociation prévue ce mercredi 24 février à 10h. Selon les syndicats, 80% du personnel est en grève, ce qui paralyse la distribution du courrier dans l'ensemble du centre-ville, aux Camélias, dans le Bas de La Rivière, la Trinité, Saint-François et le Brûlé. Parmi leurs revendications : l'embauche de personnel, après les suppressions de postes convenues par la nouvelle organisation de distribution du courrier, mais aussi une amélioration des conditions de travail. Pour l'heure, les discussions avec la direction sont au point mort.

"On ne fait pas grève par gaité de coeur, c'est une nécessité", affirme Johny Michel, du syndicat Sud PTT, l'un des trois membres de l'intersyndicale qui a appelé à la grève illimitée jeudi dernier. Les salariés en grève entendent protester contre la réorganisation des distributions de courrier, effective depuis juin 2015, et qui a supprimé 9 tournées et de nombreux postes (non remplacement des départs en retraite, mutations). De 42 tournées, La Poste est donc passée à 33, la charge de travail étant reportée sur les facteurs restants. "La direction reste sur son idée d'une diminution du volume du courrier pourtant le volume de colis et de publicité est en augmentation", lance Eric Pouget de Sud PTT.

Résultat : le personnel est épuisé, selon les syndicats. "Cette situation génère une fatigue physique et mentale, rapporte Eric Pouget, également membre du Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). On a alerté depuis de nombreux mois sur les risques phsychosociaux. Le facteur sait qu'il ne pourra pas terminer sa tournée et, ce qu'il n'a pas distribué, il devra le faire le lendemain".

Eric Pouget dénonce des conditions de travail "déplorables". Il pointe du doigt des températures beaucoup trop élevées dans les locaux et les véhicules qui ne disposent pas de climatiseurs, mais aussi l'absence d'élévateur pour descendre la dizaine marches de l'entrée avec les chariot chargés, des tracés de tournées qui empruntent délibérément des rues en sens interdit pour gagner du temps, mettant en danger le salarié et les piétons.

Pour l'heure, les réunions de négociations qui se sont tenues lundi et mardi avec la direction du centre de Saint-Denis n'ont rien donné. La direction reconnait pourtant le malaise dans cette réorganisation de la distribution, soulignent les syndicats. "La Poste créé des réunions pour essayer de se couvrir, pour dire 'on vous a reçu' mais elle c'est tout", avance Eric Pouget. De nouvelles discussions étaient prévues à 10h ce mercredi. "On aimerait parler avec le directeur des activités et du courrier, M. Notellet, qui dit dans la presse qu'il est un homme de dialogue. Qu'il nous le prouve dans ce cas", déclare Johny Michel.

"On voit bien que La Poste essaie d'essouffler le mouvement, estime les deux syndicalistes. Un facteur n'a pas les moyens de rester trop longtemps en grève, il doit payer son loyer etc. C'est une usure financière."

Les membres de Sud PTT insistent sur les problèmes que ces dysfonctionnements posent à la population. "Ca fait quelques mois qu'ils doivent constater que le courrier n'arrive pas à l'heure parce qu'on n'est pas suffisament nombreux pour traiter tout ça." Selon eux, le courrier s'accumulerait tellement dans le centre, que cela oblige la Poste à trouver un autre endroit pour le stocker.

www.ipreunion.com

   

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