Primaires de la droite : les affaires judiciaires ont électrisé les échanges :

Juppé sort gagnant du débat, selon un sondage


Publié / Actualisé
Alain Juppé est sorti gagnant du premier débat télévisé de la primaire de la droite, selon un sondage Sofres pour LCI, Le Figaro et Public Sénat publié ce vendredi 14 octobre 2016. Lui et Nicolas Sarkozy demeurent les deux meilleurs candidats, loin devant Bruno Le Maire, François Fillon, Nathalie Kosciusco-Morizet, Jean-François Copé et Jean-Frédéric Poisson. Les affaires judiciaires en point d'orgue, des grands oraux sur l'économie puis la sécurité: le premier débat télévisé entre les sept concurrents de la primaire de la droite jeudi a oscillé entre les brûlantes rivalités, notamment Sarkozy-Copé, et le froid des chiffres.
Alain Juppé est sorti gagnant du premier débat télévisé de la primaire de la droite, selon un sondage Sofres pour LCI, Le Figaro et Public Sénat publié ce vendredi 14 octobre 2016. Lui et Nicolas Sarkozy demeurent les deux meilleurs candidats, loin devant Bruno Le Maire, François Fillon, Nathalie Kosciusco-Morizet, Jean-François Copé et Jean-Frédéric Poisson. Les affaires judiciaires en point d'orgue, des grands oraux sur l'économie puis la sécurité: le premier débat télévisé entre les sept concurrents de la primaire de la droite jeudi a oscillé entre les brûlantes rivalités, notamment Sarkozy-Copé, et le froid des chiffres.

Les rivaux à la primaire des 20 et 27 novembre, qui ne s'affrontaient que par estrades, livres et micros interposés depuis des mois, ont surtout crevé l'abcès judiciaire lors de ce premier rendez-vous, inédit à droite, sur TF1 d'où Alain Juppé est sorti gagnant selon un premier sondage.
A l'initiative, Bruno Le Maire a demandé un extrait de casier judiciaire pour les candidats à la présidentielle.
En défense, Alain Juppé, condamné en 2004 pour prise illégale d'intérêt, a évoqué des "cicatrices" et répondu que si les Français "estiment que (sa) faute (le) disqualifie, ils ne (l)'éliront pas".


Indigné, Nicolas Sarkozy, mis en examen dans l'affaire Bygmalion, a insisté sur son "casier judiciaire vierge après 37 ans de vie politique".
Tentant de rebondir, Jean-François Copé, qui se considère désormais "totalement hors de cause" dans cette même affaire Bygmalion, a martelé qu'il n'aurait "pas été candidat" à cette primaire s'il avait été mis en examen... comme l'est Nicolas Sarkozy.
Cri de révolte de François Fillon, dont François Hollande confirme dans un livre-confession qu'il a bien demandé à l'Elysée d'accélérer les procédures judiciaires contre Sarkozy: "Je découvre que (François Hollande) non seulement est inefficace et incompétent mais, en plus, c'est un manipulateur".


Peu après, Nicolas Sarkozy a lui aussi attaqué son successeur en dénonçant ses propos sur les magistrats, les sportifs, et les "sans-dents": "Je me demande surtout jusqu'où François Hollande va salir et détruire la fonction présidentielle".
Un ton vif repris face à M. Copé qui lui reprochait d'avoir refusé une loi interdisant le voile intégral, l'ancien locataire de l'Elysée a répliqué: "La loi sur la burqa, pardon Jean-François, ce n'est pas toi qui nous l'a imposée, et tu étais bien incapable d'imposer ni au Premier ministre ni au président de la République quoi que ce soit, pas plus hier qu'aujourd'hui."
Le même Copé avait ouvert avec énergie cet exercice inédit à droite à sept mois de l'élection présidentielle, proposant de "reprendre le flambeau" de la "rupture" promise mais "pas faite" par Nicolas Sarkozy en 2007.


- Juppé gagnant selon deux sondages -


A sa droite, l'ancien président a rappelé avoir "gouverné" avec ceux qui l'entouraient et qui l'ont régulièrement attaqué sur son bilan.
Tous ont marqué leur différence, à l'image de Nathalie Kosciusko-Morizet, seule femme du plateau, raillant "le recyclage", qui "marche pour les déchets, pas pour les idées", vantant sa "droite de progrès" face aux "conservateurs", ou Bruno Le Maire, surenchérissant face à la caméra et sans cravate: "Si vous voulez que tout continue comme avant, eh bien vous avez tout sur ce plateau".
Et l'ancien Premier ministre François Fillon, qui avait lancé la première pique de la campagne sur le thème de la probité, a lâché vouloir être "le président de l'honnêteté".


"Je suis prêt", a assuré le favori des sondages, Alain Juppé, sorti gagnant du débat dans une enquête d'opinion d'Elabe pour BFMTV publiée à l'issue du débat: 35% des téléspectateurs interrogés ont jugé que le maire de Bordeaux avait été "le plus convaincant", devant Nicolas Sarkozy (21%) et Bruno Le Maire (15%).

Selon un sondage Sofres pour LCI, Le Figaro et Public Sénat, le maire de Bordeaux et ancien Premier ministre sort également conforté dans sa position de favori de la primaire des 20 et 27 novembre: 36% des sondés le désignent vainqueur du débat, devant Nicolas Sarkozy (22%) et François Fillon ex-aequo avec Bruno Le Maire (11% chacun). Nathalie Kosciusko-Morizet (3%), Jean-Frédéric Poisson (2%) et Jean-François Copé (1%) ferment la marche.
Tout au long de l'émission, M. Juppé a tenté d'esquiver les attaques et a surtout répété que cette primaire était "ouverte", après avoir enregistré cette semaine le soutien de nombreux centristes. Réplique immédiate de Sarkozy, l'accusant de vouloir faire des "compromis" avec la gauche.
L'inconnu du plateau, Jean-Frédéric Poisson, a reproché à son camp de n'avoir qu'"aménagé des parenthèses" entre les épisodes de la gauche au pouvoir.


Les sept postulants, qui se sont tutoyés, ont aussi passé beaucoup de temps à manier chiffres et pourcentages. Ont été réaffirmées la suppression des emplois aidés (Bruno Le Maire), celle de l'ISF (Nicolas Sarkozy), la hausse de 3 points de la TVA couplées à une baisse de 35 milliards d'euros des charges sociales (Jean-François Copé), etc.
Réagissant sur les réseaux sociaux, la gauche a raillé "la naphtaline" des idées exposées par la "vieille droite". La presse de vendredi a plutôt loué la (trop) bonne tenue d'un débat "sans éclat ni surprise".

Le débat n'a pas bouleversé la hiérarchie établie par les récents sondages: Alain Juppé et Nicolas Sarkozy demeurent les deux meilleurs candidats à l'Elysée pour respectivement 41% et 24% des sondés, loin devant Bruno Le Maire (14%), François Fillon (9%), NKM (4%), Jean-François Copé et Jean-Frédéric Poisson (1% tous les deux).
M. Juppé est aussi celui qui est apparu le plus convaincant pour 72% des personnes interrogées, devant Bruno Le Maire et François Fillon (52% chacun) et Nicolas Sarkozy (48%).


Le débat a bénéficié à peu près à tous les candidats qui ont vu leur cote de bonnes opinions engranger des points supplémentaires: Alain Juppé (74%, +5), Bruno Le Maire (61%, stable), François Fillon (55%, +10), Nathalie Kosciusco-Morizet (54%, +6), Nicolas Sarkozy (46%, +5), Jean-Frédéric Poisson (37%, +29), Jean-François Copé (32%, +11).
Sondage réalisé en ligne auprès d'un échantillon de 625 personnes de 18 ans et plus, inscrites sur les listes électorales et ayant regardé le débat.



Par Elodie CUZIN - © 2016 AFP

   

1 Commentaire(s)

Francoise, Posté
Juppé a de bonne idée mais Sarkosy est bien plus a même de prendre les décisions qu'il faut pour redresser la France