Une conférence s'est tenue à ce sujet à Saint-Denis :

L'ubérisation de l'économie, entre menace et opportunité


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Avec l'apparition des nouvelles technologies, l'économie change de visite. A l'heure ou les consommateurs font leurs achats d'un simple clic, commandent un taxi ou trouvent une baby-sitter, les entreprises historiques voient leur concurrence exploser, tandis qu'elle n'est pas toujours loyale. En référence au concurrent mondial du transport de particuliers Uber, l'Ubérisation de l'économie a fait l'objet d'une conférence le 3 novembre dernier à Saint-Denis, pendant laquelle, Christophe Deshayes, conférencier et spécialiste de la transformation digitale, a décrypté le phénomène qui se développe à travers la planète.
Avec l'apparition des nouvelles technologies, l'économie change de visite. A l'heure ou les consommateurs font leurs achats d'un simple clic, commandent un taxi ou trouvent une baby-sitter, les entreprises historiques voient leur concurrence exploser, tandis qu'elle n'est pas toujours loyale. En référence au concurrent mondial du transport de particuliers Uber, l'Ubérisation de l'économie a fait l'objet d'une conférence le 3 novembre dernier à Saint-Denis, pendant laquelle, Christophe Deshayes, conférencier et spécialiste de la transformation digitale, a décrypté le phénomène qui se développe à travers la planète.

Bon nombre sont ceux, et même à La Réunion qui ont entendu parler d’Uber, la plate-forme permettant de mettre en relation des conducteurs et des utilisateurs pour de courts trajets en voiture. Cette concurrence directe des chauffeurs de taxis traditionnels a fait parlé d’elle en France, lorsque les taxiteurs ont accusé le concept américain de tuer la profession.

En effet, Uber, comme Air Bnb - application permettant de louer un logement de particulier à particulier - sont devenus des outils d’utilisation commune, permettant d’accéder à "un service immédiat, disponible, moins cher et peut être meilleur" grâce à la suppression d'intermédiaires, selon les explications du conférencier, Christophe Deshayes.

L'Ubérisation ? Le service numérique

Le principe de l'Ubérisation réside dans le désir des consommateurs de plus d'immédiateté, ce qui a créé de nouveaux métiers par le biais d'internet. Si l'on supprime les intermédiaires à l'accès d'un service, un seul, celui de la plate-forme est privilégié et permet d'accéder plus facilement à la prestation voulue.

Cette simplicité pour les consommateurs a pour conséquence de réduire l'activité auprès d'acteurs historiques, comme par exemple dans l'hôtellerie, dépassée de toute part par le phénomène d'Air bnb. Prix attractifs, côté pratique, la plate-forme grignotte les clients des hôteliers, qui ne peuvent proposer les mêmes services, malgré leur présence (indispensable aujourd'hui ) sur les sites comparateurs de prix.

C'est alors que la concurrence déloyale est brandit par les entreprises traditionnelles, soumises, elles aux taxes et aux contraintes liées au fonctionnement.De plus, le professionnalisme a un prix, qui n'est pas répercuté sur celui des services proposés par des plate-formes numériques, puisque les missionnés sont souvent des amateurs. 

"Une menace comme une opportunité"

A la Réunion, quelques signes de l'Ubérisation en marche se font d'ores et déjà sentir dans certains secteurs. Air bnb est déjà bien implanté, tout comme Le Bon Coin. Mais le contexte économique local ne laisse pas la place à la puissance "Uber" comme elle est constatée à travers le monde.

"Les chefs d’entreprise locaux sont résignés", estime Marcelino Burel, Président du Conseil de l'Ordre des Experts-Comptables de La Réunion. "Concernant l'économie réunionnaise, ça va mieux, mais c’est un léger mieux. Ils ont appris à faire avec cette crise depuis 8 ans, et se sont habitués à la mondialisation" continue t-il, tandis qu'il est difficile pour les entrepreneurs d'entrevoir un modèle de fonctionnement bénéfique à travers l'Ubérisation, même si "c'est une opportunité et que quelque part, nous n'avons pas tellement le choix".

A noter que l'Ubérisation n'est pas "l'économie du partage" mais bien une "économie du service à la demande" alimentée par "de petits boulots très réactifs" explique Christophe Dehayes. "Nous n'avons plus de temps mort" prévient-il. Selon l'expert, "l'Ubérisation peut se présenter comme une aubaine, tout comme une menace".

Enfin, si à La Réunion le phénomène commence à se faire sentir, la question sera d'adapter ces concepts venus d'ailleurs à l'économie réunionnaise, en prenant en compte de ses spécificités, pour ne pas écraser les entreprises classiques existantes. L'Ubérisation pourrait devenir un outil de developpement, à l'échelle locale.

www.ipreunion.com

   

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