Tribune libre des parents d'élèves de l'enseignement public :

La Peep réclame un accès équitable aux classes Bilangues


Publié / Actualisé
Les parents d'élèves de l'enseignement public (Peep) réclament un accès équitable aux classes bilangues. Nous publions leur communiqué en intégralité. (photo d'illustration)
Les parents d'élèves de l'enseignement public (Peep) réclament un accès équitable aux classes bilangues. Nous publions leur communiqué en intégralité. (photo d'illustration)

Suite au conseil académique de ce mercredi 14, la Peep Réunion demande une meilleure répartition sur le territoire des classes bilangues. Le rééquilibrage sur les quelques collèges proposés n'est pas suffisant.

Aujourd'hui, selon l'endroit où il nait et où il vit, un enfant ne part pas avec les mêmes chances. Certains territoires n'offrent pas la possibilité aux enfants de trouver une classe bilangue à proximité de leurs domiciles. En voulant lutter contre les classes bilangues, jugées élitistes, le ministère a amplifié les inégalités entre les territoires, certaines académies comme Paris préservent l'ensemble de leurs classes bilangues et internationales. Il a également amplifié les inégalités à l'intérieur des territoires.

A l'échelle de La Réunion, l'inéquité est manifeste. Un enfant du centre ville de Saint-Denis dispose d'un choix dans les langues qu'il peut découvrir dès le CP, quand un enfant de la Bretagne ou de Domenjod n'aura aucune proposition à proximité. Ne parlons pas de Salazie, de Cilaos ou de Saint-Philippe, où l'administration ne semble pas en mesure de pourvoir des postes.

Pourtant, comme le rappelle le rectorat lui même, à l'entrée des classes d'Abibac (bac franco allemand) ou de Bachibac (bac franco-espagnol), ou pour les classes européennes si la demande est forte, c'est le niveau en langue qui est privilégié. Si tous les enfants auront leur chance en anglais, il n'en va pas de même en allemand, en espagnol ou en chinois. Or, demain, c'est moins sur l'anglais que se jouera la différence sur le marché du travail que sur les autres langues.

La Peep ne peut accepter que le choix des langues et donc d'un parcours de vie soit mis sur le même plan qu'une sortie scolaire qui serait réalisée ici et pas là. En ne maintenant que les Bilangues de continuité pour les élèves ayant commencé une autre langue que l'anglais en CP, le ministère a ôté à la majorité des élèves la possibilité de choisir de se spécialiser ou non. Le critère du soutien aux seuls établissements en Education prioritaire ne tient pas, puisque certains établissements bénéficient de passe-droit au nom de la concurrence avec l'enseignement privé. L'égalité consiste à offrir le choix à tout le monde en fixant des règles très claires d'accès.

A La Réunion, la question des langues ne peut être traitée comme une simple formalité bureaucratique.

Avec près de 12 000 jeunes qui arrivent chaque année sur un marché du travail créant à peine 8000 emplois, l'avenir de nos jeunes passe par un renforcement de la maîtrise des langues. Ne pouvant offrir un premier emploi à tous ses enfants, La Réunion doit les préparer à partir acquérir expérience, savoir faire et bénéficier d'opportunités, à l'instat de ce qui est fait avec le Québec.

Dans se contexte, les classes d'Abibac, de Bachibac, les classes internationales de chinois et les européennes sont un atout. L'initiative prise d'enseigner l'allemand à des élèves de filières professionnelles est un essai qui ne doit pas rester au stade de l'embryon. Il faut aujourd'hui une union sacrée autour de la question des langues pour convaincre le gouvernement que La Réunion mérite d'avoir les mêmes chances que Paris.

Nous demandons un rétablissement des filières bilangues dès la sixième pour chaque collège de l'île, et ce même s'il n'y a pas de continuité avec le premier degré.

Le président de l'ADA PEEP, James Huet


 

   

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