Ça s'est passé un 20 décembre :

1848 - La Réunion brise les chaînes de l'esclavage


Publié / Actualisé
Il y a 168 ans, le 20 décembre 1848, 62 000 esclaves, des hommes et des femmes arrachés à leur terre d'Afrique et de Madagascar pour être réduits à l'état d'esclave, retrouvent enfin leur liberté, après l'annonce officielle de l'abolition de l'esclavage par le gouverneur Sarda Garriga.
Il y a 168 ans, le 20 décembre 1848, 62 000 esclaves, des hommes et des femmes arrachés à leur terre d'Afrique et de Madagascar pour être réduits à l'état d'esclave, retrouvent enfin leur liberté, après l'annonce officielle de l'abolition de l'esclavage par le gouverneur Sarda Garriga.

Les esclaves arrachés à leur terre d'Afrique et de Madagascar pour trimer sous les coups de fouet dès le début du XVIIIème siècle, sont libérés de leur joug infamant. Les maîtres Blancs sont libérés de l'ignominie consistant à asservir un être humain. Envoyé spécialement sur place par le gouvernement révolutionnaire de Paris, le gouverneur Sarda Garriga annonce enfin officiellement la fin de l'esclavage.

Car si la Révolution Français abolit l’esclavage en 1794, les colons de La Réunion refusent d'appliquer la loi. En 1802, Napoléon Bonaparte légalise à nouveau l’esclavage avant d’abolir la traite des esclaves en 1815. Mais la traite perdure dans les colonies françaises et il faut attendre 1848 pour que la France adopte définitivement le décret d’abolition pour ses colonies.

Par le courage de femmes et d'hommes d'honneur n'ayant pas hésité à braver la haine d'une société dite "bonne" à laquelle ils refusaient de s'associer, par le courage des asservis préférant la mort à l'asservissement, La Réunion se lève et commence à regarder son avenir en face.

La route sera longue jusqu'à l'accomplissement du rêve de liberté. L'engagisme, une forme à peine plus légère de servitude, a frappé les Indiens venus du Tamil Nadu avec un espoir infondé de vie meilleure. Longtemps, les lois sociales valables pour tous les citoyens de la République n'ont pas été appliquées dans leur intégralité à La Réunion. Les exactions, les atteintes aux libertés, à la Liberté, ont été multiples.

Le temps a passé. Les descendants des anciens esclaves et engagés, des anciens maîtres, de ceux venus plus tard de Chine, du Gujrat ou d'Europe, ont construit ensemble La Réunion d'aujourd'hui.

Celle où demeurent encore bien des inégalités et des injustices. Celle aussi où le respect de l'autre dans toute sa diversité fait partie intégrante d'une culture plurielle. Une culture "banian" du nom de cet arbre aux multiples racines.

Même si - comme ailleurs dans le monde -, elle est parfois menacée par les attaques insidieuses des adeptes d'une idéologie de la division et de la haine au nom d'une entité inventée de toutes pièces, cette Réunion là, exemple de "vivre ensemble" et ouverte au monde, avance vers son avenir.

C'est elle qui fête aujourd'hui sa liberté retrouvée il y a 168 ans de cela.

Bonne fête réunionnaise de la liberté à toutes et à tous.

www.ipreunion.com

   

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