La Chambre d'agriculture réclame indemnisation et réglementation :

Dans les hauts, des biches tuées par des chiens errants


Publié / Actualisé
Pour sauver ses bêtes, il n'a pas peur de crier au loup. Jean-Laurent Ferrere, éleveur à la Chaloupe Saint-Leu, a vu des chiens errants poursuivre et tuer deux de ses biches. L'une attendait un petit. Une perte d'argent qui le pousse à réclamer des mesures similaires à celles appliquées pour "réguler" les loups dans l'Hexagone. Même son de cloche du côté de la Chambre d'Agriculture : son président estime urgente la mise en place d'une réglementation et d'indemnisations spécifiques.
Pour sauver ses bêtes, il n'a pas peur de crier au loup. Jean-Laurent Ferrere, éleveur à la Chaloupe Saint-Leu, a vu des chiens errants poursuivre et tuer deux de ses biches. L'une attendait un petit. Une perte d'argent qui le pousse à réclamer des mesures similaires à celles appliquées pour "réguler" les loups dans l'Hexagone. Même son de cloche du côté de la Chambre d'Agriculture : son président estime urgente la mise en place d'une réglementation et d'indemnisations spécifiques.

Déchiquetée, la biche n’a pas survécu à ses blessures. Poursuivie par une meute de chiens errants, elle aurait été encerclée et mise à terre. Cette scène d’horreur, Jean-Laurent Ferrere a eu la mauvaise surprise de la découvrir ce mercredi matin. "Je suis arrivé sur mon exploitation, comme d’habitude  et j’ai vu les chiens courir" lâche l’éleveur basé à la Chaloupe Saint-Leu, dépité.

Car si ce n’est pas la première fois qu’il aperçoit ce type d’attaque, il n’y en avait encore jamais eu de mortelle. Lors de la poursuite, une seconde biche a également été tuée. Et la pilule a beaucoup de mal à passer, au regard de la perte engendrée qui serait de l’ordre de 2000 euros. Une des femelles portait également un bébé : "Je compte le petit aussi, c’est mon revenu " soupire Jean-Laurent Ferrere. Mais son cas n’est pas isolé sur l’île, comme le rappelle Jean-Bernard Gonthier, président de la chambre d’agriculture. "Canards, poules, tout ce qui dit volaille… La dernière fois, c’était des brebis sur la Plaine des Cafres ! Même certains petits bovins peuvent se faire attaquer" regrette le responsable. 


Ces histoires ne sont pas sans rappeler les attaques de loups sévissant parfois en France métropolitaine. Sauf que dans l’Hexagone, des mesures existent. Si l’animal reste une espèce protégée, une régulation est prévue par l’État. Le plan national loup 2013-2017 prévoit notamment l’abattage de 36 loups chaque année par des agents de l’ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage). Comme pour les requins à La Réunion, les loups sont "prélevés". Le ministère de l’environnement envisage d’ailleurs d’augmenter ce plafond de prélèvement afin de "garantir aux éleveurs la possiblité de défendre leurs troupeaux", indique le dernier bulletin "Infoloup".

- "Volaille, cabris...un chien peut même égorger un veau" -


Des mesures que Jean-Bernard Gonthier et Jean-Laurent Ferrere estime urgentes à mettre en place à La Réunion, pour "réguler" les chiens errants dans les hauts de l’île, qui se déplaceraient parfois "en meute". L’éleveur est catégorique : "Tant que les autorités n’y parviendront pas, les éleveurs seront toujours embêtés car ça se passe partout dans les hauts de l’île ! Moutons, canards, cabris… Un chien peut même égorger un veau". Mais le cas d’une biche lui semblait encore impossible quelques temps auparavant. "C’est très rapide ! Pour nous, c’est la première fois qu’un chien arrive à en attraper une, d’habitude il se contente de courir après sans parvenir à l’attraper" assure t-il. En plus d'une perte d’argent, il se heurte aussi à une perte de temps. Impossible pour Jean-Laurent Ferrere de parcourir quotidiennement les 70 hectares de son exploitation pour d’éventuelles traques. D’autant plus que les éleveurs n’ont "pas le droit" de tuer les chiens eux-mêmes, précise le président de la chambre d’agriculture. Ce dernier réclame la mise en place d’une indemnisation et une prise de responsabilité de la part de l’État.


L’éleveur de Saint-Leu interpelle également les "gens qui viennent lâcher leurs chiens" en forêt. "Ils sont affamés et ils arrivent à passer les clôtures pour isoler et fatiguer mes animaux" s’insurge t-il. Faudra t-il bientôt les "prélever" comme c’est déjà le cas pour les squales ? Peut-être qu'après la crise requins, viendra la crise des chiens.

mp/www.ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

1tienvomieuq2tulora, Posté
Et voilà : meutes de chiens sauvages, loups, requins bouledogues ou tigres = même combat. Il faut se donner une ligne d'actions identique pour éradiquer le problème du surnombre de ces attaques qu'elles aient lieu sur terre ou en mer.