Le premier jour des soldes, à Saint-Denis :

[VIDÉO - AUDIO] A la recherche de la bonne affaire : confessions d'une anti-shopping


Publié / Actualisé
Depuis ce samedi 4 février 2017, les remises sont de mise, les promotions sortent à foison : la période des soldes a débuté, et a forcément fait l'objet d'un reportage. Le premier jour des soldes : Graal pour une large partie de la gent féminine qui espère réaliser les meilleurs affaires de l'année - alors que Noël vient de passer et que la Saint-Valentin ne va pas tarder. Direction donc, le centre-ville de Saint-Denis à la demande (il s'agissait en réalité d'un ordre) de ma hiérarchie. Pour mon plus grand bonheur.
Depuis ce samedi 4 février 2017, les remises sont de mise, les promotions sortent à foison : la période des soldes a débuté, et a forcément fait l'objet d'un reportage. Le premier jour des soldes : Graal pour une large partie de la gent féminine qui espère réaliser les meilleurs affaires de l'année - alors que Noël vient de passer et que la Saint-Valentin ne va pas tarder. Direction donc, le centre-ville de Saint-Denis à la demande (il s'agissait en réalité d'un ordre) de ma hiérarchie. Pour mon plus grand bonheur.

Les soldes : plus qu'un passe-temps, une mission

Samedi - 04.02.17 - 12:48

La tempête Carlos se prépare. Depuis la veille, l’équipe est mobilisée sur cette tempête qui risque bel et bien de se transformer en cyclone. 13h00 ce samedi, je me dis que les soldes tombent à l’eau, qu’il me sera impossible de faire les magasins dans la rue piétonne sous des trombes d’eau… L'espoir revient, tandis que l'excuse, vidéo à l'appui, allait me servir d'alibi béton pour éviter de m'attarder dans les magasins... Manque de pot, le soleil était au zénith et ma peau commençait à brûler sous les 39 degrés qu’affichait la croix lumineuse de la pharmacie à 13h10, sous un ciel on ne peut plus nuageux :

Exit Carlos, le traitre, j’étais obligée de m’affubler de mes chaussures de marche à la conquête de la bonne affaire. Il s’agissait du premier jour des soldes, ce jour, où on a l’impression que tous les magasins de l’île se tranforment en zone de guerre.

 

 

C’est dans un moment d'extrême solitude qu’une idée me vint à l’esprit, au coeur de la rue Maréchal Leclerc. Même si les vêtements fluo affichés en vitrine - alors que cette vitrine est généralement non soldée, of course - ne m’attirent guère, quelque chose pourrait m’aider à entrer dans les magasins avec intérêt : la climatisation. Une fois mon corps remis à température normale, à l'intérieur de la première boutique, vient la pratique régulièrement adoptée pendant le "magasinage" : la recherche de la bonne fringue, au bon prix, à la bonne taille. Compris entre 38 et 48, le choix est encore large, le style, moins.

Entre les jeunes filles aux tailles fluettes et les "matantes" déterminées à trouver la bonne pièce parmi les pastilles rouges indiquant -50%, j’observe une tout autre espèce de client en qui, pour être tout à fait honnête, je me reconnaissais fortement : les hommes. Seuls, abandonnés à leur sort et à celui de leur(s) enfants gardant poussettes, bouteilles, goûters, sacs à main, clés de voiture et parapluie, tout ce qui encombrait Madame dans ses achats. L'homme ne trouvait pas sa place. il attendait, dans le magasin, à proximité de la cabine d’essayage, sur le muret mitoyen à la boutique surpeuplée, ou entre les rayons, là où il pouvait, il attendait, chargé comme un mulet, d’un air blasé… Quelque chose m’a donné envie d’aller leur parler car, de toute évidence, ils ont été les grands oubliés de cette journée. Et pour cause, une réplique récurrente décrit l’état d’esprit de ses messieurs : "je subis", disent-ils au micro tendu, dans un soupir de désespoir.

Après avoir retrouvé un peu de réconfort auprès de gens qui me comprennent, je m’apprête à entrer dans la seconde boutique, destinée à un public plus jeune. Après avoir été dévisagée par bon nombre de mes concurrentes - en raison surement de mon énorme sac, de mon dispositif audio-vidéo-photo, des mes joues couleurs flamboyant et mon style peu approprié, je m’avance, tant bien que mal, vers les rayons.

A première vue, la tendance est dans les couleurs chaudes, les vêtements "streetwears" se plaçant entre la danseuse de hip-hop et la jet-setteuse façon Bella pour qui Maître Gim's se saperait comme jamais.

Finalement, l’heure était peut-être à la remise en question vestimentaire. Soit, regardons. Mais même avec de la bonne volonté et toute ma persévérance journalistique, je ne rêvais que du moment où une émeute allait éclater pour le dernier Tee-Shirt à la bonne taille, mais rien n’y a fait. Le shopping restait pour moi d’un ennui mortel, couplé d’un malaise palpable.

A la sortie, aucun vêtement n’était à mon bras dans son paquet affublé de la mention "soldé" sur le ticket. Certes, les remises étaient intéressantes, les vendeuses, dévouées bien que surbookées et le choix encore large, à l'instar de ma taille. Mais un détail a quelque peu compromis mon vécu tant désiré par ma hiérarchie, qui se faisait un plaisir d’envoyer la journaliste la moins féminine en quête de sapes à la mode. En effet, tout comme le vide qui s’accumulait dans mon esprit à force de recherche, la banque, pour une raison encore ignorée avait omis d’encaisser le chèque de salaire destiné à rendre un peu plus crédible cette expédition sur le terrain.

Malheureusement, mon errance dans les boutiques était à l’image du désert de mon compte en banque, ce qui régla définitivement le problème.

jm/www.ipreunion.com

 

   

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    1 Commentaire(s)

    Aterla, Posté
    Juste "JM" comme pseudo ? C'était assez rigolo comme reportage je trouve.