Courrier des lecteurs de Gérard Mila :

Une réserve à requins bouledogues dans l'ouest de l'île


Publié / Actualisé
A la Réunion, il y a toujours des attaques de requins, car il n'y a toujours pas de drumlines pour protéger les pratiquants des activités nautiques. (Photo d'illustration)
A la Réunion, il y a toujours des attaques de requins, car il n'y a toujours pas de drumlines pour protéger les pratiquants des activités nautiques. (Photo d'illustration)

 Les faits le prouvent :

- De 2011 à 2013, 13 attaques, 4 mortelles, dont 2 à Boucan Canot : pas encore de drumlines.

- 2014, 1 attaque à Saint Leu : 3 drumlines en Baie de Saint Paul (à près de 40 km du lieu de l’attaque). Le rayon de détection d’un appât n’est que de quelques centaines de mètres, d’après le KWAZULU NATAL SHARK BOARD en Afrique du Sud, qui fait référence en la matière.

- 2015, 4 attaques, dont 2 mortelles : la dernière attaque, celle du 22/07/2015, a accéléré le déploiement des drumlines sur la plupart des communes touchées par les attaques de requins. Ne protégeant pas les spots, où ont eu lieu les dernières attaques, les drumlines sont désormais installées sur les communes de Saint Paul, Trois Bassins, Saint Leu, Etang Salé et Saint Pierre.

- En août 2016, la plage de Boucan Canot a été le siège d’une nouvelle attaque. C’était pourtant le dernier endroit, où l’on pouvait craindre une nouvelle tragédie, car protégé par un filet antirequins. Circonstance aggravante, malgré les observations répétées de grands requins dangereux sur la zone de Boucan Canot, le Comité Scientifique de la Réserve Marine refuse toujours, à ce jour, l’installation de drumlines, pour sécuriser les abords du filet. Boucan Canot reste donc la plage la plus dangereuse de l’île, avec 2 morts et un double amputé.

- 21 Février 2017 : attaque mortelle sur le spot de Santana. Rappelons que l’Est de l’île n’est pas protégé par des engins de pêche.

- 29 avril 2017 : attaque mortelle, dans la Réserve Marine, au niveau de la Pointe au Sel. Or, depuis le 28 février 2017, les pêches de protection par drumlines ont été stoppées, unilatéralement, par la nouvelle équipe élue au Comité des Pêches. L’attaque d’Adrien survient après 2 mois sans drumlines sur la zone, alors que les spots, lorsqu’ils étaient protégés, étaient épargnés par les attaques.

Le bilan est sans appel, toutes les attaques se sont produites en l’absence de drumlines appâtées. En effet, quand elles étaient encore déployées, elles n’étaient appâtées que de nuit et en semaine, or les activités nautiques ont lieu en journée et majoritairement le week-end. Les détracteurs qui insistent sur l’effet attractif des appâts utilisés, n’en voient jamais en plongée bouteille. Et pour cause, ils sont peu olfactifs et le rayon d’attraction, de fait, très réduit. Ainsi, elles ne capturent que les requins dangereux déjà présents sur la zone. C’est bien pour cette raison, que les drumlines sont utilisés avec succès depuis plus de 60 ans dans le Queensland en Australie et en Afrique du Sud pour protéger les baigneurs, surfeurs et plongeurs.

L’expérimention menée à la Réunion confirme ce succès, du moins sur les spots devant lesquels étaient déployés ces engins de pêche. Entre un appât et un homme, lequel ressemble le plus à une proie habituelle de requin tigre ou requin bouledogue ? Lequel des 2, le requin a-t-il donc le plus de chance de mordre ?


Gérard Mila

   

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