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Macron nomme Philippe à Matignon, sème la zizanie chez LR et poursuit sa volonté de "recomposition politique"


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Emmanuel Macron a abattu lundi la première carte de sa "recomposition politique" en nommant un Premier ministre de droite, le député-maire LR du Havre Édouard Philippe, proche d'Alain Juppé, un défi lancé à la droite avant les législatives.
Emmanuel Macron a abattu lundi la première carte de sa "recomposition politique" en nommant un Premier ministre de droite, le député-maire LR du Havre Édouard Philippe, proche d'Alain Juppé, un défi lancé à la droite avant les législatives.

L’Élysée a annoncé la nomination de M. Philippe, 46 ans, lundi peu avant 17H00 (heure de La Réunion), au lendemain de la prise de fonctions du nouveau président de la République, qui s'est ensuite rendu à Berlin pour rencontrer la chancelière Angela Merkel. "Je suis (...) un homme de droite", a revendiqué le nouveau Premier ministre lors de la passation de pouvoirs à Matignon, en rendant en même temps un hommage appuyé à Bernard Cazeneuve, qui a été un "exemple, au-delà des désaccords qu'il nous est arrivé de formuler".

Interviewé sur TF1 lundi soir, M. Philippe a fait valoir que "la situation" du pays impliquait de "tenter quelque chose qui n'a jamais été tenté" avec des hommes et des femmes de droite, du centre et de gauche dans un même gouvernement. Il n'a pas répondu à la question de savoir s'il quittait LR.

Il a réservé son premier déplacement aux policiers de la Préfecture de police de Paris, pour leur dire "qu'on pense tous à eux" face aux risques d'attentats. La composition du gouvernement, qui devrait également comporter d'autres personnalités de LR et du MoDem de François Bayrou, sera dévoilée mardi en fin d'après-midi, avant le premier Conseil des ministres de mercredi.

 

Énarque de la promotion Marc Bloch (1997), maître des requêtes au Conseil d’État, maire du Havre depuis 2010 et réélu au premier tour en 2014, Édouard Philippe est un proche de longue date d’Alain Juppé, dont il fut le secrétaire général à la tête de l’UMP (devenue LR) de 2002 à 2004, et l'un des porte-parole pendant la primaire de la droite. Peu connu du public, il fut également membre du cabinet de M. Juppé lors de son bref passage au ministère de l’Écologie en 2007, avant de devenir directeur des affaires publiques du groupe nucléaire Areva (2007-2010). Il a été élu député de Seine-Maritime en 2012.

Adepte de boxe, il est qualifié d'esprit "brillant" et "moderne" de la galaxie juppéiste, mais parfois "cassant" à l'image de celui qu'il a longtemps appelé son "patron", Alain Juppé.

- "Casser la droite" -

Alain Juppé a aussitôt salué sa nomination, jugeant qu'il avait "toutes les qualités" pour le poste, tout en réaffirmant son soutien aux candidats de droite aux législatives. "Maintenant c'est clair: avec un Premier ministre de droite, le Parlement a besoin de gauche", a réagi Jean-Christophe Cambadélis (PS). En écho, Jean-Luc Mélenchon (LFI) a appelé à l'élection d'une majorité de gauche à l'Assemblée. La présidente du Front national Marine Le Pen a vu dans la désignation d’Édouard Philippe la confirmation de "l'existence d'un système UMPS que l'on peut rebaptiser LREM".

La nomination d’Édouard Philippe, hypothèse qui circulait depuis la soirée du second tour de la présidentielle, est le premier acte de la "recomposition" politique souhaitée par M. Macron, largement élu (66,1%) face à Marine Le Pen. Elle est un défi lancé à la droite à moins d'un mois des législatives, fissurant la cohésion du parti entre une aile "modérée" et une aile qui s'est radicalisée à la faveur de la présidentielle.

Cette nomination "a du sens, elle casse la droite", s'est félicité un membre du premier cercle du nouveau chef de l'État.

 

Dans la foulée de la nomination de M. Philippe, vingt-huit personnalités de droite ont signé un communiqué commun appelant à saisir "la main tendue par le président de la République", parmi lesquels des élus juppéistes (Benoist Apparu, Fabienne Keller...) ou lemairistes (Arnaud Robinet, Delphine Burkli...), rejoints par Nathalie Kosciusko-Morizet et Jean-Louis Borloo.

Chef de file LR pour les législatives, François Baroin avait averti début mai que ceux qui se rapprocheraient de M. Macron avant le scrutin des 11 et 18 juin seraient "exclus" du parti. Sur France 2 lundi soir, il s'est montré plus conciliant, se bornant à "regretter" la décision de M. Philippe. La "recomposition" politique "elle interviendra", mais "après", "sur la base du choix des Français", a-t-il assuré.

 

Le secrétaire général des Républicains Bernard Accoyer a de son côté affirmé qu'il n'était "pas question" d'exclure M. Philippe, mais souligné qu'il s'était "de lui-même" mis "en dehors" de sa famille.

Le parti d’Emmanuel Macron a dévoilé dans la soirée une nouvelle liste de candidats aux législatives, totalisant désormais 511 noms, dont celui de la numéro 2 du MoDem Marielle de Sarnez.

À La Réunion trois nouvelles investitures ont été accordées. Monique Orphé, député PS de la 6ème circonscription, Carine Garcia, référente du mouvement à La Réunion, et Anaïs Patel rejoignent ainsi Léopoldine Settama déjà investie le jeudi 11 mai. Thierry Robert, le député-maire LPA de Saint-Leu, n'a pas été réintégré dans la liste. Et comme un soufflet n'arrive jamais seul, sa directrice de Cabinet, Karine Nabénéza, qui briguait l'investiture dans la 6ème circonscription, a été écarté au profit de la socialiste Monique Orphé.

La REM doit publier le nom des derniers investis d'ici mercredi, parmi lesquels pourraient se trouver plusieurs sortants LR, espère-t-on à En Marche!.

Retrouvez ici notre live sur la nomination du Premier ministre

mb/www.ipreunion.com avec l'AFP

   

2 Commentaire(s)

Arafat, Posté
MANGER COCHON C SA LE RENOUVEAU... QUE DE DEBEAUCHAGES......DIVISER TOUS POUR MIEUX REGNER....
DAN974, Posté
Mét ' encore la paC