Le syndicat du sucre évoque une "accumulation de comportements inacceptables" (actualisé) :

Tereos ne souhaite plus négocier avec les JA et la FDSEA


Publié / Actualisé
Ce mardi 27 juin 2017, le syndicat du sucre a annoncé que les syndicats des Jeunes Agriculteurs et de la FDSEA se sont placés "hors du cadre de la négociation". Face à ce que le groupe appelle une "accumulation de comportements inacceptables", les revendication présentées par Bruno Robert et Frédéric Vienne ne seront plus prises en compte. Nous publions le communiqué du syndicat du sucre ci-dessous.
Ce mardi 27 juin 2017, le syndicat du sucre a annoncé que les syndicats des Jeunes Agriculteurs et de la FDSEA se sont placés "hors du cadre de la négociation". Face à ce que le groupe appelle une "accumulation de comportements inacceptables", les revendication présentées par Bruno Robert et Frédéric Vienne ne seront plus prises en compte. Nous publions le communiqué du syndicat du sucre ci-dessous.

Une escalade inquiétante de la violence, des propos inacceptables

Après les actes de violence en réunion du Comité Paritaire de la Canne et du Sucre commis par le représentant de la FDSEA, après les blocages des sites de la filière à l’appel de Frédéric Vienne et Bruno Robert, après les actes de vandalisme qui en ont découlé, après la prise en otage des automobilistes réunionnais, après les insultes et les menaces proférées par les responsables de la FDSEA et les JA...

Une nouvelle étape de cette stratégie extrémiste et stérile vient d’être franchie ce samedi 24 juin.

Lors d’une conférence, le président des JA a utilisé les leviers délétères de la xénophobie et du colonialisme, au risque de provoquer de graves tensions entre les agriculteurs de La Réunion et leurs collègues de métropole.

Les arguments employés sont particulièrement graves et irresponsables : "les betteraviers de Tereos s’enrichissent de la sueur des planteurs de La Réunion", et plus loin, "dans une île qui a traversé l’esclavage des chaînes et du fouet, les planteurs se révoltent aujourd’hui contre une nouvelle forme d’asservissement ".

Des contre-vérités dangereuses pour les planteurs de La Réunion et pour l’ensemble de la filière

Après l’avoir nié pendant longtemps, Frédéric Vienne a fini par reconnaitre dans la presse que le prix total de la canne avait bien augmenté de 28 % entre 2005 et 2016 pour la richesse standard de référence, passant de 62,60 € à 80,30 € par tonne, soit 32 M€ par an de revenus supplémentaires pour les planteurs réunionnais.

Bruno Robert de son côté, revendique que la canne soit payée comme la betterave. Or, le prix de la tonne de canne payé aux planteurs de La Réunion est déjà supérieur au prix de la tonne de betterave payé aux planteurs de Métropole, pour une même quantité de sucre produite.

Aligner le prix de la canne sur celui de la betterave pour obtenir "l’égalité totale" aboutirait donc pour les planteurs à une baisse du prix payé par l’industriel de 16 %, soit une perte de revenu pour les planteurs de 5 millions d’euros par an.

Par conséquent,

Compte tenu d’une part, de l’escalade de la violence entretenue par la FDSEA et les JA, d’autre part de l’incohérence de leurs revendications, et enfin de la menace faite hier par Bruno Robert de "bloquer totalement l’économie réunionnaise", le Syndicat du Sucre n’a plus de doute sur l’absence de volonté des leaders de ces syndicats d’aboutir à la signature d’un accord dans l’intérêt de la filière. Il n’appartient pas au Syndicat du Sucre de juger des raisons pour lesquelles autant d’entraves sont posées pour empêcher d’aboutir à un accord.

Soucieux de l’intérêt global de la filière et ayant la volonté de parvenir à un accord avec des représentants responsables, les industriels du sucre de La Réunion font savoir qu’à compter de ce jour, ils ne prendront plus en compte les revendications présentées par les leaders de ces syndicats qui ont fait le choix de se placer hors du cadre des négociations.

   

1 Commentaire(s)

Jean, Posté
Les planteurs sont en train de couler le navire sur lequel ils sont. L'Etat n'attend que ça pour arrêter la canne, trop coûteuse en aides et subventions, trop pauvre en production de main d'oeuvre.