Elle était âgée de 89 ans :

Simone Veil est décédée


Publié / Actualisé
Simone Veil est décédée ce 30 juin 2017, à l'âge de 89 ans. La femme de convictions, ancienne ministre de la santé et académicienne, était connue pour sa défense des droits des femmes. C'est elle qui permettra, en 1974, la légalisation de l'interruption volontaire de grossesse en France. (Photo AFP)
Simone Veil est décédée ce 30 juin 2017, à l'âge de 89 ans. La femme de convictions, ancienne ministre de la santé et académicienne, était connue pour sa défense des droits des femmes. C'est elle qui permettra, en 1974, la légalisation de l'interruption volontaire de grossesse en France. (Photo AFP)

"Ma mère est morte ce matin à son domicile. Elle allait avoir 90 ans le 13 juillet", a indiqué so, fils, Jean Veil. Elle était rescapée des camps de la mort, où elle avait été déportée à 16 ans, et incarnait pour les Français la mémoire de la Shoah.

Elle fût aussi précurseure en matière de défense des droits des femmes en légalisant notamment l'interruption volontaire de grossesse (IVG) en 1975, sous le gouvernement Jacques Chirac, lorsque Valéry Giscard d'Estaing était président de la République. Le 26 novembre 1974, elle défendait son projet de loi dans un hémicycle hostile à la mesure. "Je n'imaginais pas la haine que j'allais susciter", confie l'ex-ministre de la Santé de Valéry Giscard d'Estaing dans un livre entretien avec la journaliste Annick Cojean ("Les hommes aussi s'en souviennent", 2004). "Il y avait tellement d'hypocrisie dans cet hémicycle rempli essentiellement d'hommes, dont certains cherchaient en sous-main des adresses pour faire avorter leur maîtresse ou quelqu'un de leurs proches".

Devant une assemblée qui compte 9 femmes pour 481 hommes, la ministre s'exprime d'une voix calme, un peu tendue: "Nous ne pouvons plus fermer les yeux sur les 300.000 avortements qui chaque année mutilent les femmes dans ce pays, bafouent nos lois et humilient ou traumatisent celles qui y ont recours". "Aucune femme ne recourt de gaieté de coeur à l'avortement. Il suffit de les écouter. C'est toujours un drâme", assure-t-elle tout en soulignant que "l'avortement doit rester l'exception, l'ultime recours pour des situations sans issue". Son discours d'une heure est chaleureusement applaudi par la gauche. La droite se tait, pour l'instant.

Dans les tribunes du public, à l'inverse de l'hémicycle, ce sont les femmes qui dominent, venues en masse écouter la ministre.

- 'Avortoirs, abattoirs' -

Suivent plus de 25 heures de débats durant lesquelles Simone Veil affronte insultes et propos de "soudards", racontera-t-elle, pendant qu'à l'extérieur des militants anti-avortement égrènent leurs chapelets. Trois jours et deux nuits de combat contre les tenants de sa propre majorité.

Michel Debré, ancien Premier ministre du général de Gaulle, voit dans ce texte "une monstrueuse erreur historique". Les députés de droite René Feït et Emmanuel Hamel diffusent dans l'hémicycle, à tour de rôle, les battements d'un coeur de foetus de quelques semaines.

Le premier affirme que si le projet était adopté "il ferait chaque année deux fois plus de victimes que la bombe d'Hiroshima". Jean Foyer, ancien Garde des Sceaux du général de Gaulle, lance: "le temps n'est pas loin où nous connaîtrons en France ces avortoirs, ces abattoirs où s'entassent des cadavres de petits hommes".

- 'Embryons jetés au four crématoire' -

Le pire reste à venir : Hector Rolland reproche à Simone Veil, rescapée des camps de la mort, "le choix d'un génocide". Jean-Marie Daillet évoque les embryons "jetés au four crématoire". Jacques Médecin parle de "barbarie organisée et couverte par la loi comme elle le fut par les nazis".

Après le passage de 74 orateurs, Simone Veil reprend la parole déplorant les analogies avec le racisme des nazis. Elle dira plus tard avoir ressenti "un immense mépris". Le 29 novembre 1974, au coeur de la nuit, la loi est votée par 284 voix contre 189. Les deux tiers des députés de la majorité votent contre le texte, adopté essentiellement grâce aux voix de gauche et centristes. La "loi Veil", est promulguée le 17 janvier 1975, autorisant l'IVG pour cinq ans. L'autorisation sera rendue définitive par la loi du 31 décembre 1979.

Défenseure de l'Europe Simone Veil est la première présidente du Parlement Européen, élue au suffrage universel en 1979. Elle entra également à l'Académie Française en 2008.

 

 

 

   

2 Commentaire(s)

MC, Posté
Une grande dame à tiré sa révérence
Elle la défense des femmes
La droiture et la sagesse
La guerre ne l'a pas épargnée

Simone va nous manquer

Toutes mes condoléances à sa famille et surtout continuer à la faire vivre à travers vous sa descendance si cher pour elle
Jose, Posté
Une grande dame est partie, qu'elle repose en paix, qu'elle soit là où elle en rêvait.