Polémique sur le retour à la semaine des quatre jours :

Tampon - Si le recteur ne change pas d'avis, TAK fermera les écoles le mercredi


Publié / Actualisé
Vêlayoudom Marimoutou s'oppose au retour de la semaine de quatre jours à la prochaine rentrée d'août. Si sa position n'évolue pas, le maire du Tampon, André Thien-Ah-Koon menace de fermer les établissements dans sa commune tous les mercredis (Photo d'illustration)
Vêlayoudom Marimoutou s'oppose au retour de la semaine de quatre jours à la prochaine rentrée d'août. Si sa position n'évolue pas, le maire du Tampon, André Thien-Ah-Koon menace de fermer les établissements dans sa commune tous les mercredis (Photo d'illustration)

Revenir à l'ancien système. C'est le sens de la motion adoptée au conseil municipal du Tampon du samedi 8 juillet 2017. Les élus sudistes se fondent sur le décret publié le 28 juin au Journal officiel. Il laisse davantage d’autonomie aux communes concernant les rythmes scolaires. Il leur permet "d’autoriser les adaptations à l’organisation de la semaine scolaire ayant pour effet de repartir les heures d’enseignement hebdomadaires sur huit demi-journées réparties sur quatre jours", stipule le texte.

Le premier magistrat tamponnais en appelle ainsi directement au ministère de l’Education nationale. Et tente d’isoler le recteur de l’Académie de La Réunion. Dans une lettre du 6 juillet, Vêlayoudom Marimoutou, expliquait que le rectorat n’accorderait pas de dérogation. "La dérogation s’inscrit dans un certain nombre de dispositifs (avec l’objectif d’avoir 100 % de lire, écrire, compter au CP et dans le primaire). La question des rythmes scolaires ne doit pas percuter les autres éléments de ce dispositif. Je suis attentif aux demandes pour la semaine des 4 jours. 11 communes l’ont demandée et nous instruisons", déclarait-il à RTL Réunion.

- Échéance trop lointaine -

Il détaille la procédure à suivre. "Je dois avoir l’avis de l’inspecteur de l’éducation nationale et, à la fin, consulter les transporteurs scolaires pour voir si les transports des élèves ne sont pas impactés par ces changements. On doit ensuite passer au comité académique de l’éducation nationale afin d’instruire les dossiers", ajoutait-il.

Si ce comité prévu en décembre valide les demandes, le retour à l’ex modèle pourrait intervenir à la rentrée de 2018. Une échéance jugée trop lointaine par TAK. Il met en lumière l’avis favorable des 39 conseils d’école de sa ville en faveur des quatre jours dont 22 à l’unanimité. Il désire réorganiser les activités périscolaires en fonction des nouveaux horaires le reste des jours de classe.

"Le conseil municipal décide d’appliquer ce nouveau système à la prochaine rentrée. Le recteur doit appliquer les orientations du ministre de l’Éducation.  S’il dit non, il faudra l’arbitrage du gouvernement et nous fermerons les écoles le mercredi matin. Nous cherchons l’intérêt des enfants, des professeurs et de la commune", lance l’ex-député. Ce changement permettra selon lui de réaliser des économies en équipant les classes.

"Environ 300 000 euros. Cette somme sera réinjectée dans l’achat de tableaux interactifs, de pompes à chaleur et de brasseurs d’air. Nous économiserons car il n’y aura plus de repas servis le mercredi. Le personnel pourra s’occuper de l’entretien des écoles et de leur modernisation", commente-t-il.

- La fronde gagne du terrain -

La fronde gagne du terrain dans le département. Comme en témoigne le courrier adressé par un autre élu, le député Thierry Robert, au recteur. Il dénonce aussi le positionnement du responsable de l’académie. "Je ne peux que m’élever contre la manière peu courtoise par laquelle vos décisions ont été communiquées aux parties intéressées, par un simple mail à quelques jours des vacances. L’absence de concertation est regrettable. Les élus ont délibérément été privés du droit élémentaire à la parole", écrit-il.

Il rappelle le décret publié le 28 juin, laissant aux mains des édiles l’organisation des rythmes. "La question de la prise en charge du coût des modifications précédentes et du bouleversement actuel ne peut être mise de côté. Bien évidemment, c’est aussi la question du personnel travaillant dans les associations d’accompagnement scolaire qui est posée", insiste le parlementaire.

Il espère une réponse rapide des services académiques à sa missive. Cette prise de position récente suivait celle d’Alix Pota, septième adjoint délégué aux affaires scolaires à Saint-Paul, en fin de semaine dernière. Il conteste une décision "inique" de l’inspecteur d’académie. La question des rythmes scolaires n’a pas fini d’agiter les discussions. Le bureau de Vêlayoudom Marimoutou risque encore de recevoir pas mal de lettres d’élus de tous les bords, mécontents…

ts/www.ipreunion.com

   

Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !