L'EPSMR lance un algorithme de prévention contre le passage à l'acte :

Un programme pour limiter les tentatives de suicide


Publié / Actualisé
Le programme Algorithme de prévention du suicide Outre-mer débute cette semaine à La Réunion. Ce programme Hospitalier de Recherche Clinique Inter-régional a deux objectifs majeurs : Mieux connaître les populations exposées au risque suicidaire et surtout faire diminuer sensiblement le nombre de tentatives de suicides dans nos départements. Mobilisant l'équipe IPSOM (Impact du psychotraumatisme et du suicide outre-mer), de l'unité de recherche 1178 de l'INSERM, il réunit des médecins et des chercheurs de 4 départements d'outre-mer (Guadeloupe, Guyane, Martinique, Réunion) et de Polynésie. Il associe également les médecins libéraux ultramarins.
Le programme Algorithme de prévention du suicide Outre-mer débute cette semaine à La Réunion. Ce programme Hospitalier de Recherche Clinique Inter-régional a deux objectifs majeurs : Mieux connaître les populations exposées au risque suicidaire et surtout faire diminuer sensiblement le nombre de tentatives de suicides dans nos départements. Mobilisant l'équipe IPSOM (Impact du psychotraumatisme et du suicide outre-mer), de l'unité de recherche 1178 de l'INSERM, il réunit des médecins et des chercheurs de 4 départements d'outre-mer (Guadeloupe, Guyane, Martinique, Réunion) et de Polynésie. Il associe également les médecins libéraux ultramarins.

 

Porté au niveau inter-régional par le Professeur Louis Jehel, chef de service au CHU de Martinique, le programme est coordonné localement par le Dr Erick Gokalsing, psychiatre des hôpitaux à l'EPSMR. Il bénéficie également du soutien de la Direction de la Recherche, de l'Innovation, de la Coopération et des Fonds Européens du CHU de la Réunion et d'un partenariat avec l'Union régionale des médecins libéraux Océan Indien.

En parallèle de ce protocole de prise en charge, l’étude APSOM va permettre de recueillir un grand nombre de données sur les personnes exposées au risque suicidaire. Aujourd’hui, les statistiques recueillies par l’Observatoire régional de la santé se limitent à l’âge et au sexe ou au mode de suicide.

Moins de suicides dans les DOM

Avec l’autorisation formelle de la Commission nationale de l’informatique et des libertés, les chercheurs de ce programme vont pouvoir récolter d’autres types d’informations potentiellement signifiantes : l’appartenance à une communauté, le rapport au culte, la consommation de substances toxiques, les antécédents familiaux et d’événements traumatiques etc. Des données qui prennent un sens très particulier dans nos département d’Outre-Mer et qui pourraient, à terme, éclairer les différences de prévalence constatées entre les différents DOM mais aussi entre les DOM et la métropole. Des pistes également pour identifier de nouveaux axes de prévention ciblée sur nos territoires.

Ainsi la mortalité par suicide (9 pour 100 000 habitants) et les tentatives de suicide au cours de la vie (5,3 %) sont moins fréquentes dans les DOM qu’en métropole (respectivement 16 pour 100 000 habitants et 7,1 %). Les différences entre hommes et femmes y sont néanmoins plus marquées : il y a plus de tentatives de suicide des femmes par rapport aux hommes (3 fois plus contre 2 fois plus en métropole), tandis que la mortalité des hommes par rapport aux femmes est plus élevée (4 fois plus versus 3 fois plus).

De même, si les jeunes déclarent davantage de tentatives de suicide que les plus âgés, ce sont leurs aînés qui meurent le plus par suicide. Les situations les plus fréquemment associées aux tentatives sont les problèmes personnels, notamment le divorce et une mauvaise situation financière. De mauvaises conditions de logement ou un mauvais état de santé sont aussi des facteurs de risque de tentative de suicide. Les résultats varient selon les départements. À La Réunion, les prévalences s’approchent des résultats métropolitains et c’est aux Antilles que l’écart entre femmes et hommes est le plus élevé.

Un taux élevé chez les jeunes réunionnais

Globalement, on estime cependant que les suicides et tentatives de suicides sont systématiquement sous-évalués dans les statistiques. De 8% à 45% selon les régions.

  • Guadeloupe : 10,4 suicides pour 100 000 habitants
  • Martinique : 5,5 suicides pour 100 000 habitants
  • Guyane : 10 suicides pour 100 000 habitants 
  • La Réunion : 10,7 suicides pour 100 000 habitants

Environ 2 tentatives de suicide par jour, soit 750 séjours hospitaliers par an en lien avec une tentative de suicide (entre 2011 et 2013). Les tentatives de suicide concernent davantage les femmes (65%). Les jeunes sont particulièrement exposés : les 15-24 ans représentent 38% de l’ensemble des tenta tives de suicide chez les patients hospitalisés.

Chaque année, 88 décès par suicide ont été comptabilisés sur la période 2009-2011. dont les trois quarts de ces suicides concernaient des hommes. Cette surmortalité masculine concerne toutes les classes d’âge. Contrairement à la situation métropolitaine, la mortalité par suicide n’augmente pas avec l’âge sur l’île.

La Réunion se caractérise par des taux de mortalité par suicide particulièrement élevés chez les jeunes. 75% des suicides ont lieu avant 55 ans, dont 14% avant l’âge de 25 ans. Plus de 80% des tentatives de suicide sont effectués par prise de médicaments. Les tentatives de suicide sont généralement plus nombreuses durant le 1er trimestre de chaque année. La période de juillet à septembre reste la moins sensible.

 
   

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