Plus d'un Français sur sept ne sait pas nager :

La Réunion - On nage encore trop peu


Publié / Actualisé
Plus d'un Français sur sept déclare ne pas savoir nager et cette incapacité est une des causes majeures de noyades, responsables de près de 500 décès accidentels chaque été en France, selon une étude publiée ce mardi 18 juillet 2017 dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l'agence sanitaire Santé publique France. Cette incapacité est une des causes majeures de noyades. L'étude relève toutefois aussi les progrès accomplis en la matière. Pour les plus jeunes un plan national existe pour que les enfants adoptent une nage sécuritaire. Intitulé "J'apprends à nager" il est aussi accessible aux enfants de La Réunion par le biais de certains clubs et communes, mais ne fait pas forcément recette.
Plus d'un Français sur sept déclare ne pas savoir nager et cette incapacité est une des causes majeures de noyades, responsables de près de 500 décès accidentels chaque été en France, selon une étude publiée ce mardi 18 juillet 2017 dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l'agence sanitaire Santé publique France. Cette incapacité est une des causes majeures de noyades. L'étude relève toutefois aussi les progrès accomplis en la matière. Pour les plus jeunes un plan national existe pour que les enfants adoptent une nage sécuritaire. Intitulé "J'apprends à nager" il est aussi accessible aux enfants de La Réunion par le biais de certains clubs et communes, mais ne fait pas forcément recette.

 

Ce plan national impulsé et subventionné par le ministère de la Jeunesse des Sports est réservé aux enfants âgés de 6 à 12 ans. L'objectif principal est de donner aux jeunes les techniques de base pour qu'ils soient en mesure de nager en toute sécurité.

Cet apprentissage est dispensé gratuitement par les communes et les clubs de natation agréés à raison de 10 cours en général, étalés sur une période de 2,5 mois. A l'issue de ce module, les enfants passe un examen, le Sauv'nage, où ils sont évalués sur leur maîtrise des fondamentaux de la natation.

Ces cours, totalement gratuits pour les pratiquants, sont proposés par peu de mairies et clubs à La Réunion. La logistique peut être compliquée, en raison des créneaux d'accueil parfois difficiles à trouver. En raison du coût à supporter, car si les cours sont totalement gratuits pour les pratiquants, ils ont un coup pour les collectivités et les associations en termes de mise à disposition d'éducateurs. Les subventions versées dans ce cadre par le ministère de la Jeunesse des Sports ne suffisent pas à couvrir l'investissement, surtout dans les petites structures d'accueil associative.

- Manque de moyens -

7748 personnes sont licenciées dans les clubs de natation réunionnais, un chiffre stable d'une année à l'autre selon la présidente de la Ligue de natation de La Réunion, Guilène Faubourg. 4074 d'entre-eux sont des enfants âgés de 2 à 12 ans.

Une proportion faible par rapport à la totalité de la population de l'île, de surcroît entourée d'eau. la présidente, qui est aussi à la tête du club de Saint-Joseph, indique "que huit jeunes sur dix habitant dans les hauts de la Saint-Jospeh ne savent pas nager". Une spécifité locale que l'on explique par "le temps de transport. Les jeunes mettent plus de temps à venir à la piscine que ce qu'ils restent dans l'eau, parfois à peine 15 minutes après une heure de trajet" confie Guilène Faubourg.

Le constat est sans doute le même dans plusieurs autres communes de La Réunion, une île qui, selon une expression courante, a toujours tourné le dos à la mer (et donc à la natation). Résultat : comme en Métropole encore trop peu de Réunionnais savent nager. Même si cette tendance tend à s'estomper chez les jeunes.

- Beaucoup des 55-75 ans ne savent pas nager -

Ainsi dans l'Hexagone, selon  l'étude parue dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l'agence sanitaire Santé publique France, plus les personnes interrogées sont jeunes et plus proportion de personnes sachant nager est élevée, selon cette "première" estimation sur la capacité à nager de la population.

En 2016, 83,7% des 15-75 ans vivant en France métropolitaine déclaraient savoir nager contre 81,3% en 2010, une augmentation globale de 1,5 point "significative", notent les auteurs. "L'apprentissage de la nage à partir des années 1960, notamment en milieu scolaire, est probablement à l'origine de l'amélioration considérable de l'aptitude à la nage de la population, en particulier chez les femmes", selon eux.

Par ailleurs, l'étude citée par l'agence sanitaire Santé publique France indique également qu'encore beaucoup des 55-75 ans ne savent pas nager, une tranche d'âge particulièrement concernée par les noyades. Les 65 ans et plus n'étaient encore que 64,7% (56,8% en 2010) à savoir nager en 2016 contre 95% des 15-24 ans. Elle ajoute que savoir nager est d'abord associé aux milieux favorisés, une donnée que Guilène Faubourg corfirme, en expliquant qu'"avant, on avait tendance à dire et à croire que la natation était un sport pour les riches". Aujourd'hui, la nage tend à se démocratiser, si l'on en croît les résultats de l'étude.

- Les noyades, la deuxième cause de décès accidentel -

Plus généralement, il existe des disparités régionales, la capacité à nager est plus élevée chez les habitants de Provence-Alpes Côte-d'Azur et Corse, Auvergne Rhône-Alpes, Nouvelle Aquitaine, Occitanie et Ile-de-France, et moins élevée chez ceux des Hauts-de-France.

Chez les enfants de 1 à 4 ans, les noyades constituent "la deuxième cause de décès accidentel après les accidents de la circulation". Une étude américaine a montré qu'une participation à des séances de natation au plus jeune âge réduit de 88% les risques de noyades dans cette tranche d'âge, relève le BEH.

Les questions sur la capacité à nager ont été posées à 7.042 personnes en 2010 et 4.315 en 2016 lors des enquêtes du Baromètre santé 2010 et 2016.

jm/www.ipreunion.com avec l'AFP

   

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