L'AMDR lance un appel à manifester (actualisé) :

Le préfet interpellé sur la question des contrats aidés


Publié / Actualisé
Depuis la baisse annoncée des contrats aidés à la fin du mois de juillet 2017, plusieurs élus réunionnais ont souhaité interpeller le gouvernement. Ce vendredi 4 août, une rencontre est prévue entre la députée Éricka Bareigts et le préfet Amaury de Saint-Quentin. Selon une source, l'Assocation des maires de La Réunion a lancé un appel à manifester ce mercredi 9 août à 10h00 devant la préfecture pour dénoncer la baisse des contrats aidés. Parallèlement, le député-maire de Saint-Leu, le maire du Tampon ainsi que le député Jean-Hugues Ratenon se sont élevés contre cette annonce. Nous publions leurs réactions, courriers au préfet ou au premier ministre ci-dessous.
Depuis la baisse annoncée des contrats aidés à la fin du mois de juillet 2017, plusieurs élus réunionnais ont souhaité interpeller le gouvernement. Ce vendredi 4 août, une rencontre est prévue entre la députée Éricka Bareigts et le préfet Amaury de Saint-Quentin. Selon une source, l'Assocation des maires de La Réunion a lancé un appel à manifester ce mercredi 9 août à 10h00 devant la préfecture pour dénoncer la baisse des contrats aidés. Parallèlement, le député-maire de Saint-Leu, le maire du Tampon ainsi que le député Jean-Hugues Ratenon se sont élevés contre cette annonce. Nous publions leurs réactions, courriers au préfet ou au premier ministre ci-dessous.
  • Thierry Robert : "Notre inquiétude est considérable"

Monsieur le Préfet,

A quelques semaines de la rentrée scolaire et face à l’annonce des médias d’une baisse éventuelle de 75% du quota de contrats aidés attribué par le gouvernement pour le second semestre 2017, notre inquiétude est considérable.

Aussi, je voudrais savoir si cette annonce correspond à une réalité ou relève d’une rumeur.

Si tel est le cas, je souhaiterais attirer votre attention sur le fait qu’il nous serait impossible d’assurer dans des conditions satisfaisantes la rentrée d’août 2017 puisque la quasi-totalité de ces contrats est utilisée au sein des écoles.

En effet, face à cet effondrement du nombre de contrats, nous ne pourrions garantir aux parents et enfants, des 22 établissements scolaires de la ville, l’accueil, l’hygiène et la sécurité nécessaires au bon fonctionnement des écoles de la commune.

C’est pourquoi, soucieux d’offrir aux jeunes Saint-Leusiens un cadre et des conditions de scolarité acceptables et sans risque, je sais pouvoir compter sur votre compréhension et votre soutien, afin de nous apporter des réponses claires, faute de quoi nous ne pourrions prendre la responsabilité d’ouvrir les écoles.

Assuré de pouvoir compter sur votre diligence, je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de ma haute considération.

  • André Thien Ah Koon : "Un silence de l'État très inquiétant"

Il y a une semaine exactement, le Maire de la commune du Tampon André Thien Ah Koon a adressé une lettre au préfet pour l’alerter sur l’urgence et la gravité de la situation relative au déblocage des contrats aidés.

Le Maire s’est aussi adressé aux 11 parlementaires de La Réunion pour qu’ils interviennent également auprès du Gouvernement.

Or, à ce jour, le Gouvernement n’a toujours pas répondu aux demandes légitimement portées par les élus. Les 24 communes de La Réunion sont toujours en attente de la notification du nombre de contrats aidés qui doivent leur être attribués pour le second semestre 2017, et ce à 2 semaines de la rentrée scolaire.

C’est une situation intenable !

En l’absence de réponse, aucun maire ne peut garantir aujourd’hui que toutes les conditions d’hygiène, de sécurité et d’accompagnement des élèves dans les écoles seront réunies à la rentrée.

Le silence de l’Etat est extrêmement inquiétant. De deux choses l’une :


- Soit des arbitrages budgétaires sont encore en cours ; ce qui veut dire qu’il y aurait des difficultés à faire prendre en compte la situation particulière de La Réunion qui a été argumentée et clairement exposée par les élus;


- Soit cela signifie que le compte n’est pas bon et que l’on veut imposer aux maires la gestion de la pénurie, au détriment de la qualité du service public et du fonctionnement des écoles. En tout état de cause, la rentée scolaire sera sérieusement compromise si les communes sont privées des moyens habituels pour faire fonctionner les écoles.

  • Jean-Hugues Ratenon : "Vous ne pouvez pas briser des vies"

Monsieur le Premier Ministre,


Je voudrais par ce courrier exprimer toute ma colère quant à vos récentes mesures qui frappent les plus pauvres de ce pays, et notamment à La Réunion. La baisse importante du nombre des contrats aidés pour le second semestre vise un public défavorisé qui contribue à de nombreux services dans différents domaines comme dans les écoles, les collèges, les lycées, les cantines, les transports scolaires, les hôpitaux, le bon fonctionnement des associations, l'environnement, la sécurité sanitaire avec la lutte contre les maladies vectorielles : chikungunya, dengue... Nous avons encore en mémoire cette épidémie de chikungunya qui a frappé 300 000 réunionnais en 2005-2006 et fait 203 morts.

Aujourd'hui encore, beaucoup de patients souffrent des effets secondaires de la maladie contractée à l'époque. Si une telle situation se reproduisait parce que les ravines ne sont plus nettoyées, qu'il n'y a plus d'opérations de démoustication afin d'éliminer les gites larvaires, vous porteriez une lourde responsabilité. Les Maires et les associations sont très inquiets et parlent même d'une situation ingérable pour l'organisation de la rentrée scolaire dans une quinzaine de jours à La Réunion. Les bénéficiaires sont en plein désarroi avec la sombre perspective de rester ou de se retrouver au chômage. Votre décision d'enlever des moyens pour le bon fonctionnement de la vie scolaire expose les Maires à des poursuites judiciaires puisqu'ils seront tenus pour responsables de tout incident.

Allez-vous mettre en danger les enfants qui seront sans surveillance dans les transports scolaires et aux abords des écoles ? Aussi, avec un taux de pauvreté dépassant les 40% —le plus élevé de France— un service à la personne a été développé par les associations : aide administrative, orientation vers les services compétents, etc... Ce dispositif s'est appuyé notamment sur les contrats aidés et ces services sont en train de disparaitre, faisant basculer des vies dans l'exclusion, l'alcoolisme, la violence, les maladies chroniques, ... Un sombre tableau auquel vous n'apportez aucune solution concrète.

Monsieur le Premier Ministre vous ne pouvez pas briser des vies, vous ne pouvez pas briser les rêves d'épanouissement de ces personnes qui luttent pour leur dignité.

 

  • Plate-forme des associations Emplois Verts de La Réunion : "suppressions de milliers de postes"

Nous souhaitons attirer l’attention du préfet sur la baisse sévère du quota des contrats aidés pour le second semestre 2017 pour La Réunion, et aussi sur le désengagement de l’Etat concernant le financement des contrats CUI-CAE.

Ces baisses entraineront si rien n’est fait, la suppression des milliers de postes dans les associations emplois verts. Une catastrophe sociale de plus car ces emplois font vivre plus de 10 000 personnes.

Autant de raisons pour lesquelles la Plateforme des Associations Emplois Verts de la Réunion déposera une motion, le mardi 08 août 2017 à 14h00 pour demander au gouvernement le même volume de contrats aidés que l'année dernière.

   

1 Commentaire(s)

Phil en aiguille, Posté
contrat aidé pour qui les maires ou les personnes aux chômage j'attends mon contrat depuis plus de 10 ans ça se comprend je ne suis pas pro monsieur le maire