Le collectif a adressé un courrier au ministre de l'Éducation :

Les députés réunionnais veulent "au moins 20 000 contrats aidés" cette année


Publié / Actualisé
Le député Jean-Hugues Ratenon remettait ce jeudi 17 août 2017 au ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer, un courrier signé par le collectif des députés de La Réunion. Cette lettre concernait la problématique des contrats aidés. Nous publions ci-après ce document dans son intégralité. (Photo d'illustration)
Le député Jean-Hugues Ratenon remettait ce jeudi 17 août 2017 au ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer, un courrier signé par le collectif des députés de La Réunion. Cette lettre concernait la problématique des contrats aidés. Nous publions ci-après ce document dans son intégralité. (Photo d'illustration)

  

Monsieur le Ministre,

Vous avez très certainement pris connaissance de la situation économique et sociale de la Réunion et notamment chez les jeunes. Vous êtes dans une des régions françaises  les plus durement frappées par le chômage où le taux frise les 25%, soit plus de 161 000 personnes sans travail, toutes catégories confondues, selon l'INSEE à la fin mars 2017.  Ce taux dépasse les 50% chez les jeunes.  Cette situation inacceptable est de plus en plus difficilement soutenable pour la population.  Nous tenons à vous rappeler que ces chiffres vertigineux sont pourtant déjà contenus par le biais des contrats aidés et des formations. 

 Les collectivités, les associations, les établissements publics disposaient jusqu'à maintenant de plus de 24 000 contrats aidés au 31 décembre 2016. Ces emplois correspondent à de vrais besoins et à des missions de service public: l'environnement, la restauration et les transports scolaires, la lutte contre l'exclusion, le tourisme, ou encore l'aide aux personnes âgées, l’accompagnement des jeunes enfants et la lutte contre les maladies vectorielles. Si nous savons tous que ce dispositif peut encore évoluer et s’améliorer, nous ne pouvons pas accepter que cela se fasse sans concertation avec les acteurs locaux  et que la suppression soit si brutale.

Ce sont des milliers de pères et de mères de famille qui se retrouvent dans l'angoisse des lendemains difficiles, des associations qui vont mettre la clef sous la porte au détriment de la cohésion sociale, c'est une souffrance morale immense devant la sombre perspective du  chômage. Une période de transition est indispensable pour éviter une explosion sociale ainsi que nous l'avons connue récemment dans d'autres régions ultramarines. Cette transition sera bien sûr mise à profit pour dégager des solutions durables.

Par conséquent, nous vous demandons, face à ce défi du chômage, face à cette menace de l'exclusion; face à la situation des collectivités, des associations, des établissements publics, de pérenniser le quota annuel d’au moins 20 000 emplois aidés sur  les années  2017 et 2018.

Ce quota correspond à une véritable réponse de service public dans l'attente d'une solution qui pourrait émaner des décisions finales des Assises de l'Outre Mer où chaque acteur devra amener des propositions avec :
                                                                     - 1°: un recensement des réels besoins;
                                                                     - 2°: la responsabilité de la gestion de ces emplois;
                                                                     - 3°: le choix du bénéficiaire et les employeurs.

Dans l'attente d'une réponse favorable du Gouvernement en direction des Réunionnais, notamment des plus pauvres, nous vous prions de croire Monsieur le Ministre en l'expression de notre haute considération.

Le collectif des députés de La Réunion

   

1 Commentaire(s)

CHABAN, Posté
Ils n'ont aucune honte ? Aucune gêne ? Et les électeurs qui ont voté pour ces.....???