[VIDÉO] Avec la sortie du film "120 battements par minute" :

VIH et infections sexuellement transmissibles - Le combat continue


Publié / Actualisé
"120 battements par minutes" sera dans les salles obscures du réseau MauréFilms (Saint-Denis et Saint-Paul) à partir de ce mardi 22 août 2017. Primé au festival de Cannes, le long métrage, réalisé par Robin Campillo relate l'action de l'association "Act Up" en France, lorsque le sida tuait "dans le plus grand silence des autorités" médicales politiques et religieuses. En écho à l'oeuvre cinématographique, les associations de sensibilisation et de lutte contre le VIH et les infections sexuellement transmissibles font le point sur la situation à La Réunion.
"120 battements par minutes" sera dans les salles obscures du réseau MauréFilms (Saint-Denis et Saint-Paul) à partir de ce mardi 22 août 2017. Primé au festival de Cannes, le long métrage, réalisé par Robin Campillo relate l'action de l'association "Act Up" en France, lorsque le sida tuait "dans le plus grand silence des autorités" médicales politiques et religieuses. En écho à l'oeuvre cinématographique, les associations de sensibilisation et de lutte contre le VIH et les infections sexuellement transmissibles font le point sur la situation à La Réunion.



"Le plus dangereux, c'est de ne pas se sentir en danger" lance Catherine Gaud, médecin et présidente de l'association Rive, qui oeuvre pour la prévention anti-VIH à La Réunion. 30 ans après l'apparition du sida en France et une période meurtrière provoquée par une épidémie sans pareille, la maladie continue de se transmettre et de faire des morts, notamment à La Réunion, où quelques patients perdent la vie chaque année.

"120 battements par minute", qui sera présenté en salles à partir de ce mardi 22 août, retrace les actions de l'association Act Up, qui a milité pour les soins des personnes séropositives. Les membres de l'association avaient marqué les esprits par une manifestation lors de la Gay Pride parisienne, en s'allongeant dans la rue, pour illustrer le nombre de décès par le sida à l'époque.


A La Réunion aussi, le combat pour le droit des personnes séropositives n'a pas été simple. Mais paradoxalement, l'utilisation du préservatif est aujourd'hui plus faible. "Suite à la catastrophe des années 90 relaté par le film, quand le risque de mort s’est un peu éloigné , - en tout cas dans le pays riches, car ce n’est pas le cas dans les pays pauvres, par manque d'accès au traitement - il y a eu un relâchement des comportements qui permettent de ne pas se contaminer, comme la pratique du préservatif. Actuellement, pas mal de gens ont des relations sexuelles sans préservatif" constate Catherine Gaud, présidente de l'association Rive.

Pourtant le risque existe toujours. Une recrudescence de la contamination est même constatée cette année dans le sud de l'île avec 10 cas supplémentaires constatés, selon les informations de l'association Sid'Aventure, basée à Saint-Pierre.

Aujourd’hui à La Réunion, 1.000 personnes sont suivies dans la "file active" réunionnaise. "Plusieurs centaines de personnes sont déjà mortes, et nous pensons qu’il y a environ 250 réunionnais qui ignorent leur séropositivité" ajoute de son côté Catherine Gaud.

"90% des personnes de la file active vont plutôt bien" précise-t-elle. Les patients prennent un traitement quotidien, allant d'un à plusieurs cachets par jour, couplé d'un contrôle tous les six mois. Mais si l'on vit aujourd'hui "normalement" avec le VIH, le plus difficle reste, pour les personnes séropositives "d'aborder ça dans son quotidien, avec un nouvel amoureux ou amoureuse, savoir s'il faut le dire à ses enfants, ce qu'il se passe dans la vie professionnelle et amoureuse" explique la présidente.

Et puis, "10% de notre file active va très mal, parce que ce sont des gens qui ont des problèmes d’addiction ou psychologiques, et qui sont malheureux. Ce sont ces personnes qui meurent. Nous en avons quand même encore deux ou trois chaque année à La Réunion" déplore l'associative.
 

- La syphilis fait encore des dégâts -

C'est lors d'un point presse tenu ce vendredi, à l'occasion de la sortie du film que Rive a tenu à préciser que le risque de contamination par le VIH n'est pas le seul auquel s'exposent les personnes qui ont des relations sexuelles non protégées. "Nous avons une recrudescence très importante des autres infections sexuellement transmissibles" indique Catherine Gaud. La syphilis, la chlamydae, ou encore le papillomavirus "sont des infections sexuellement transmissibles qui ne sont pas connues. Or, lorsque nous nous soumettons à un risque, c'est à tous les risques que l'on se soumet" souligne la présidente de Rive, qui ne cesse de faire la promotion du dépistage.

 

 

Selon les informations du médecin, deux cas de syphylis néo-natals ont été constatés à La Réunion, alors que "cela avait complètement disparu" localement. Un enfant né avec la pathologie peut présenter des lésions cérébrales ou trouver la mort. Deux cas de syphilis par semaines sont constatés par les services de santé chez l'adulte, contre deux à trois cas mensuels auparavant.

De même que le papillomavirus, également sexuellement transmissible, est à l'origine du cancer du col de l'utérus pour les femmes, mais aussi de cancers ORL ou de l'anus, lors d'une infectation lors de rapports par voie anale ou orale.

Les associations de lutte contre le VIH - RIVE, ARPS, Sid'Aventure pour les structures locales - s'associent à la sortie du film, afin d'en permettre un relais emprunt de sensibilisation. Les dates et horaires de diffusion sont à retrouver sur le réseau Mauréfilm.

jm/www.ipreunion.com

   

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