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Il est présent dans la moitié des accidents mortels de la circulation :

L'alcool, ce fléau


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L'alcoolisme est un fléau dont La Réunion n'est pas épargnée. En cette fin de vacances scolaires, l'association Avec Modération fait un bilan de ses actions de sensibilisation. De même, la commune de la Possession, à travers son centre d'action sociale, appelle à la réflexion autour d'un plan de lutte contre l'alcoolisme. Présent dans bon nombre de situations violentes ou dans les accidents de la route, l'alcool fait l'objet d'une répression forte et de nombre d'actions de prévention, qui commencent à faire leurs preuves.
L'alcoolisme est un fléau dont La Réunion n'est pas épargnée. En cette fin de vacances scolaires, l'association Avec Modération fait un bilan de ses actions de sensibilisation. De même, la commune de la Possession, à travers son centre d'action sociale, appelle à la réflexion autour d'un plan de lutte contre l'alcoolisme. Présent dans bon nombre de situations violentes ou dans les accidents de la route, l'alcool fait l'objet d'une répression forte et de nombre d'actions de prévention, qui commencent à faire leurs preuves.

 

En cette fin de période de vacances scolaires, l'association "Avec Modération" dresse un bilan de ses actions de prévention quant aux risques liés à la surconsommation d'alcool. La structure a fait le tour des boîtes de nuits de l'île, en prônant le concept du conducteur désigné, le "Sam", afin que celui ou celle qui est au volant soit la personne qui n'a pas bu. 1.439 personnes y ont été sensibilisées. 80% de ces conducteurs ont rélévé avoir un taux d'alcool négatif, "cette action illustrant bien l’efficacité de la prévention", note l'association dans un communiqué.

Pourtant, le bilan de chaque fin de week-end établi par les forces de l'ordre concernant les contrôles d'alcoolémie montre que le fléau de l'alcool n'a pas encore connu ses dernières heures, notamment sur les routes de La Réunion. En 2016, l’alcoolisation des conducteurs ou piétons a été observée dans 89 accidents corporels, soit 16 % des accidents. Le bilan humain s’élève à 25 décès (50%), 118 blessés dont 68 blessés graves. Néanmoins, les conducteurs contrôlés positifs sont moins nombreux en 2016 (4.649) qu'en 2015 (4.981).

De même, dans le cadre de leurs interventions, les forces de l'ordre constatent que l'alcool "est présent et peut être un élément déclencheur de situations conflictuelles" note Jean-Pierre Lauret, secrétaire régional du syndicat UNSA Police. "Sur la notion de violences intrafamiliales, le facteur alcool rentre fréquemment en ligne de compte, tout comme dans bon nombre d'affaires de violences volontaires", ajoute-t-il. Un constat partagé par Mickaël Payet sous la bannière d'Unité-SGP-Police-FO. "Si les individus sont en état d'ivresse, ils coopèrent moins et cela peut représenter un réel danger pour les collègues qui interviennent sur la voie publique. De plus en plus, l'alcool est mis en cause sur différents motifs d'intervention" souligne le policier, qui assure également des actions de prévention auprès des usagers, en plus de la répression appliquée.

- L'ivresse, par plaisir ou pour oublier ses problèmes -

Hormis les violences et la conduite en état d'ivresse, les comportements liés à l'alcool, notamment chez les plus jeunes ne seraient pas encore ceux adoptés en métropole. En exemple, la mode du "binge drinking", qui consiste à s'enivrer le plus vite possible. Si certains "se retrouvent parfois dans des situations de coma éthilique, nous ne constatons pas ce phénomène sur le département pour l'instant. Et nous espérons que cela ne viendra pas" explique Jean-Pierre Lauret.

Un phénomène de mode qui a par contre été remarqué par les acteurs associatifs luttant contre les addictions. Jean-François Guignard, directeur du réseau Oté - ouverture thérapeutique et éducative, parle d'une initiation à l'alcool dès le plus jeune âge, qui peut entraîner rapidement à la dépendance. "Cela commence très tôt, quand on trempe son doigt dans le champagne pour le faire goûter à bébé. Puis, à la communion, c'est un sucre trempé d'alcool à la fin du repas. Ensuite, c'est le fond de verre de papa, et après, à l'adolescence, on boit avec les potes".

80% des élèves de terminale ont déjà bu de l'alcool ou eu une ivresse, selon les informations de Jean-François Guignard. La "cuite expresse" est pour lui "la nouvelle tendance. Mais, "pour des gens qui n'ont pas ou peu l'habitude de boire de l'alcool, le risque est celui d'une dépression respiratoire et la mort lorsque l'on a 14 ans et que l'on ingère un litre de whiky dans son coin" alerte-t-il.

- La prévention, remède intergénérationel -

L'environnement familial peut être parfois propice à l'alcoolisation systématique car dans le même temps, "lorsque l'on fait une expérience de plaisir, nous avons envie de recommencer" insiste Jean-François Guignard. Au delà du plaisir, l'alcool peut également se présenter comme un exutoire aux problèmes liés aux violences ou au mal-être porté par certains jeunes Réunionnais. "Beaucoup de jeunes filles et même quelques jeunes hommes, qui avaient subi des agressions sexuelles, nous racontaient qu'une fois alcoolisés, ils ne pensaient plus au papa violeur ou au ti père violent" souffle le directeur d'Oté.

Pour les plus jeunes (et les moins jeunes), la prévention reste le meilleur moyen d'inculquer les bonnes pratiques liées à l'alcool. Depuis juillet dernier, un décret paru au Jounal Officiel interdit la publicité des produits alcooliques aux abords des établissements scolaires. Un premier pas qui n'empêche pas les jeunes de boire. De même, un appel à la mobilisation est lancé par le CCAS de la commune de La Possession, aux acteurs médicaux sociaux, aux associations, aux différents maires et élus de l’île, pour engager une réflexion commune autour d'un plan efficace contre l'alcoolisme à La Réunion.

Pour accentuer la lutte, ce sont les expériences des adolescents eux-mêmes qui sont, pour l'heure, utilisées par les acteurs de prévention du réseau Oté pour leur montrer que l'ivresse n'est pas forcément synonyme de plaisir. "Très rapidement, nous arrivons à leur montrer que leur soirée débutée à 19 heures se termine à 22 heures parce qu'ils sont déjà en état d'ébriété. Nous leur faisons remarquer que ceux qui ont mieux géré leur consommation ont fait la fête jusqu'à 4 heures du matin et qu'ils ont pu draguer, danser et s'amuser" continue Jean-François Guignard. Un bon moyen pour dissuader de boire le verre de trop, qui se traduit parfois par un drame routier ou intrafamilial.

jm/www.ipreunion.com

 

   

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