Eddie Jacquemart, président de la CNL :

"Un droit au logement y compris à La Réunion"


Publié / Actualisé
Eddie Jacquemart, président de la Confédération nationale du logement (CNL) participait à une conférence de presse ce jeudi 24 août 2017 avec Bernard Fontaine, directeur général de la Société immobilière du département de La Réunion (SIDR) à Saint-Denis. Ce dernier préside aussi l'association régionale des maîtres d'ouvrages sociaux (ARMOS) regroupant les sept bailleurs de l'île. L'occasion pour eux d'évoquer la situation réunionnaise. (Photo d'illustration)
Eddie Jacquemart, président de la Confédération nationale du logement (CNL) participait à une conférence de presse ce jeudi 24 août 2017 avec Bernard Fontaine, directeur général de la Société immobilière du département de La Réunion (SIDR) à Saint-Denis. Ce dernier préside aussi l'association régionale des maîtres d'ouvrages sociaux (ARMOS) regroupant les sept bailleurs de l'île. L'occasion pour eux d'évoquer la situation réunionnaise. (Photo d'illustration)

 

"Le président Jacquemart a pris connaissance de certains logements problématiques avec des infiltrations d’eau ou encore de la réhabilitation du parc ancien. Les 70 000 logements sociaux ont été construits dans les années 50. Nous avons également trouvé certains points d’accord", explique le DG de la SIDR. Son entreprise s’estime prête à s’engager de façon prioritaire afin traiter ces situations "douloureuses" de locataires.



"Les solutions dramatiques doivent être réglées en urgence par les bailleurs, au besoin, via un partenariat avec les associations de locataires. Il existe des besoins très importants en matière de réhabilitation du parc social. Il faut faire un effort pour que les moyens publics permettent de traiter cette priorité. Les Réunionnais ont les mêmes droits que les familles de métropole", ajoute-t-il. Le dirigeant de la CNL dresse son constat à propos du département. Un concentré de toutes les difficultés existantes selon lui.


- "Phénomène inquiétant" -


"25 000 à 28 000 demandeurs de logements sociaux. Des étudiants mal logés loin de leur lieu d’étude. Des personnes âgées dans des habitations présentant un risque pour sécurité", décrit-il. Les près de 25 000 habitations insalubres ou indécentes l’inquiètent. 80 000 à 100 000 personnes seraient concernées. "Un phénomène d’autant plus inquiétant que les bailleurs sociaux sont parfois concernés. Il faut un entretien régulier et ne pas attendre les situations d’urgence. J’entends bien les problématiques mais on voit des cas dramatiques. Parfois, ces locataires n’osent pas les signaler, par peur des bailleurs", assure-t-il.


Eddie Jacquemart veut également la condamnation effective des marchands de sommeil. "Suite à une réunion à la préfecture, j’apprends qu’ici, c’est apparemment dur de mettre ces marchands de sommeil en prison. J’ai quitté la réunion. Je ferai part de ce phénomène à la ministre. La Réunion c’est la France. Le droit au logement est valable partout, y compris y à La Réunion." Les projets du gouvernement d’Édouard Philippe ne passent pas non plus. Il s’indigne de la baisse de cinq euros par mois de l’aide personnalisée au logement (APL)

- Un été noir -

Un été noir se profile d’après lui. "Monsieur Macron fait les poches de 6,5 millions de personnes sous le seuil de pauvreté. Je vous invite à signer ce faux billet de 5 euros et à le retourner à M. Macron", suggère-t-il en distribuant un spécimen du billet. Le député Jean-Hugues Ratenon vient d'ailleurs de le signer. Une pétition vient d’être lancée contre cette mesure. "La coupe des crédits" pour la politique de la ville afin de construire des logements les plus sociaux et le "détricotage" de la loi solidarité et renouvellement urbains (SRU) restent en travers de sa gorge. Pourvu que Monsieur Jacquemart ne s’étrangle pas…


ts/www.ipreunion.com

   

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