Les normes de construction prévoient des rafales de vent de 288 km/h (actualisé) :

Et si un cyclone aussi intense qu'Irma s'abattait sur La Réunion


Publié / Actualisé
Des îles dévastées comme par une "bombe atomique". Images et témoignages illustrent des scènes d'apocalypses après le passage de l'ouragan Irma sur Saint-Martin et Saint-Barthélémy. Habitations, détruites et routes dévastées : si l'intensité du phénomène paraît aujourd'hui bien loin de nos côtes, il n'est pas impossible que La Réunion souffre un jour d'un système similaire. Et pour estimer les potentiels futurs dégâts, c'est la question de la résistance des constructions qui entre en compte (En 2007 Le pont de la rivière Saint-Etienne s'était effondré sous les assauts des flots déchaînés par le cyclone Gamède - Photo rb/www.ipreunion.com)
Des îles dévastées comme par une "bombe atomique". Images et témoignages illustrent des scènes d'apocalypses après le passage de l'ouragan Irma sur Saint-Martin et Saint-Barthélémy. Habitations, détruites et routes dévastées : si l'intensité du phénomène paraît aujourd'hui bien loin de nos côtes, il n'est pas impossible que La Réunion souffre un jour d'un système similaire. Et pour estimer les potentiels futurs dégâts, c'est la question de la résistance des constructions qui entre en compte (En 2007 Le pont de la rivière Saint-Etienne s'était effondré sous les assauts des flots déchaînés par le cyclone Gamède - Photo rb/www.ipreunion.com)

 

5 janvier 2020. Pluies diluviennes et rafales de vent à 300 km/h ravagent La Réunion de part en part. Faute au cyclone tropical très intense qui secoue le secteur de la zone du sud-ouest de l’Océan Indien. Plusieurs dizaines de bâtiments se sont effondrées, des vitres ont été brisées, des toitures arrachées, des charpentes soulevées… C’est une scène d’apocalypse que découvre la population de l’île.

Ce scénario pourrait bien quitter la fiction pour devenir réalité. Car, la tendance à l’intensification des phénomènes cycloniques existe bel et bien. Et si le titanesque ouragan Irma nous semble aujourd’hui bien éloigné de nos côtes et de nos saisons habituelles, notre département pourrait bien se retrouver sous le joug d’un tel événement.

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"Les projections nous laissent à penser que, dans le cas du réchauffement climatique, nous n’aurons pas forcément plus de phénomènes, nous en aurons peut-être même moins. Mais, en face nous pourrons avoir une proportion plus élevée de phénomènes de forte intensité" avance Philippe Caroff, responsable des prévisions cycloniques à Météo France. Selon le spécialiste, si aucune tendance avérée n’existe pour le moment, il est possible que les systèmes qui parviendront à se développer en moyenne "pourraient atteindre des intensités plus importantes".

Il convient néanmoins de préciser que le réchauffement climatique n’a pas créé  Irma : un cyclone peut bien se former sur des eaux plus froides. Un des autres facteurs pouvant maximiser les dégâts d’un phénomène repose aussi sur sa trajectoire. Sur les 40 dernières années, le service des prévisions de Météo France a ainsi noté une tendance à un déplacement des systèmes vers le sud. Autrement dit, ils pourraient atteindre un pic d’intensité en s’approchant des Mascareignes. De quoi laisser présager des rafales de vent et des précipitations sans précédent.

- 288 km/h face à 360 km/h - 

L’idée a de quoi faire frissonner lorsque l’on sait que le premier bilan matériel post-Irma recensait 95 % d’habitations dévastées à Saint-Martin. Des maisons ont été complétement détruites, fracassées par les rafales de vent et d’autres bâtiments ont été inondés.

Lire aussi : "Irma: évacuation obligatoire des zones côtières dans l'Etat américain de Géorgie"

Face à une telle situation, il est légitime de s’interroger sur la capacité de résistance du parc de logements de La Réunion. Sur l’île, les normes anticycloniques en vigueur prévoient des constructions capables de résister à des rafales de vent de 250 km/h. En ce qui concerne les établissements publics, ce plafond s’élève à 288 km/h. Le plan de prévention des risques (PRR) édicte une implantation des constructions en dehors des zones sensibles, à l’imagine des bordure de littoral ou d’endroits exposés aux crues ou aux glissements de terrain. 

"Irma nous montre qu’on doit prendre en compte des vents plus importants" indique François Payet, architecte et porte-parole de l’association ATR-FNAUT, qui a en tête les rafales à 360 km/h qu’a entraîné le phénomène. Catégorique, il juge que "la quasi totalité du parc de La Réunion risque d’être en grave difficulté si un cyclone de type Irma passe".

Murs qui tombent, toitures arrachées, ou fenêtres brisées : "Actuellement, les règles de construction nous demandent de prendre en compte une intensité moindre. Et on a des constructions sur le bord de mer…" déplore l’architecte. Qui pointe aussi du doigt l’équation inconnue que représente la résistance du chantier de la Nouvelle Route du Littoral. On se rappelle des conséquences du cyclone Gamède en 2007, lorsque le pont de la Rivière Saint-Étienne s’était effondré sur toute sa longueur suite aux fortes crues.

- "Avec un vent de 350 km/h, il pourrait forcément y avoir des dégâts" -

Chez le bailleur social de la SIDR, le directeur de la maîtrise d’ouvrage reste nuancé. "Tous les bâtiments neufs sont dimensionnés avec un vent de 288 km/h. Avec un vent de 350 km/h, il pourrait forcément y avoir des dégâts" estime t-il. Si des contrôles techniques vérifient que les normes de prévention des risques naturels sont bien respectées et que le cyclone est pris en compte "depuis au moins 25 ans", Jean-François Keiser n’exclue pas des écarts dans la mise en œuvre. Pour exemple, "s’il manque une vis sur la tôle, la norme de calcul peut bien être suffisante, il y aura un effet domino". De mémoire, le responsable se souvient de la situation après Dina, "le dernier gros cyclone". Les bailleurs s’étaient alors réunis pour faire le point sur les dégâts.

Si l’hypothèse d’un Irma visitant nos côtes venait à se confirmer dans le futur, la question du degré de vulnérabilité des bâtis de l’île devrait se poser. Avant de mettre entièrement la responsabilité des dégâts sur le dos du réchauffement climatique.

Publié ce vendredi 8 septembre 2017 à 3h/mp/www.ipreunion.com

   

3 Commentaire(s)

Bruno Bourgeon, Posté
Si les dégâts sur le bâti risquent d'être importants dans l'hypothèse où un cyclone de catégorie 5 passerait sur La Réunion, je m'inquiète surtout de l'incompétence des municipalités à avoir autorisé ces constructions en zone inondable. J'entends déjà d'ici les "pleureuses" venir quémander l'aides aux municipalités qui les ont autorisées à construire à l'Ermitage (ou Hermitage c'est selon), à La Saline, ou autre... Ah oui, des cyclones de catégorie 5 , on en a eu, dans le sud-ouest de l'océan Indien, par chance, aucun directement sur La Réunion. Mais rappelez-vous tout de même Gafilo en 2004 ou Enawo en 2016 sur Madagascar : des centaines de milliers de sans-abri, 363 morts pour le premier, une cinquantaine pour le second. Plus la ruine de la vanille dévastée, Madagascar étant le deuxième exportateur mondial après l'Indonésie.
DONC : non, nous ne sommes pas à l'abri; les habitants des plages, déménagez et laissez les plages tranquilles faire leur job de protection des terres.
Pénélope, Posté
C'est simple.. si un tel phénomène était en approche, tous nos élus assistés de la République seraient dans l'avion, ainsi que leurs familles etc.... en partance pour se mettre à l'abri dans un 5 étoiles payé par le contribuable...

Les sans dent eux vont avoir le toit de leur boui boui hlm s'effondrer sur la tête...
L'Apprenti Sorcier, Posté
filets anti requin, filet anti sargasses aux antilles, fipronil, nanoparticule, cyclones intenses, extinctions des especes, dechets radio actifs ....

c'est marrant ce mode de pensée qui refuse d'agir sur les causes et ne considere que les adaptations à subir.